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Mis à jour en octobre 2026
118 100 euros par an. C’est le revenu d’activité moyen d’un chirurgien-dentiste libéral, selon les données publiées par la DREES le 15 septembre 2026. Le chiffre fait référence dès qu’on cherche un salaire dentiste. Il est exact, mais il ne correspond pas à ce que le praticien garde réellement.
Ce montant est un bénéfice : charges du cabinet et cotisations sociales déduites, impôt sur le revenu pas encore payé. Il porte aussi sur l’année 2021, avant la réforme des cotisations des indépendants appliquée en 2026.
La réponse courte : en 2026, un omnipraticien installé qui encaisse 310 000 € d’honoraires conserve environ 77 500 € nets d’impôt par an, soit près de 6 460 € par mois s’il vit seul. Un collaborateur débutant tourne autour de 3 640 € par mois, un orthodontiste autour de 10 700 €. Ce sont des estimations calculées sur données publiques. Cet article détaille la cascade complète, des honoraires au revenu disponible, pour ces trois profils.
🔍 L’article en bref
- Moyenne officielle : 118 100 € de revenu d’activité pour un chirurgien-dentiste libéral en 2021 (DREES, publication du 15 septembre 2026), avant impôt sur le revenu.
- CARCDSF : 122 279 € de revenu moyen déclaré en 2023, mais une médiane de 97 672 €.
- Collaborateur débutant : environ 3 640 € nets par mois sur 170 000 € d’honoraires, après une redevance de 50 % (estimation, personne seule).
- Omnipraticien installé : environ 6 460 € nets par mois sur 310 000 € de recettes, soit 25 % des honoraires.
- Orthodontiste : environ 10 700 € nets par mois sur 565 000 € de recettes, avec un impôt à 45 % en tranche marginale.
- Cotisations : près de 30 % du revenu avant cotisations, la CARCDSF étant le premier poste ; les dépassements réduisent la prise en charge de la Cpam.
- Leviers : taux de charges, mutualisation, redevance, forme d’exercice, épargne retraite et provision des régularisations.
Salaire dentiste : ce que disent vraiment les chiffres officiels

Trois sources publiques mesurent le revenu chirurgien-dentiste libéral. Elles ne comptent pas la même chose, ce qui explique les écarts d’un site à l’autre.
Le revenu moyen DREES : 118 100 € en 2021
Le jeu de données de la DREES mis en ligne le 15 septembre 2026 croise, pour chaque praticien, l’activité connue de l’Assurance maladie et les revenus déclarés au fisc. Pour les chirurgiens-dentistes, il donne un revenu d’activité moyen de 118 100 € en 2021, contre 107 100 € en 2017.
La progression atteint 1,2 % par an en euros constants. La part purement libérale, le bénéfice non commercial (BNC), s’élève à 108 900 €. Le solde vient d’un éventuel salaire, en centre de santé ou à l’hôpital par exemple.
« revenu tiré des recettes perçues […] une fois les charges fiscales et sociales déduites » — DREES, définition du revenu libéral, Les revenus des professionnels de santé libéraux
Les dentistes face aux autres professions de santé
Le même jeu de données permet un comparatif rare entre professions libérales de santé. Le dentiste reste nettement au-dessus du médecin généraliste.
| Profession (DREES, 2021) | Revenu d’activité moyen | Évolution annuelle 2017-2021 (euros constants) |
|---|---|---|
| Chirurgiens-dentistes | 118 100 € | + 1,2 % |
| Médecins omnipraticiens | 98 300 € | + 0,7 % |
| Infirmiers | 57 100 € | + 3,0 % |
| Masseurs-kinésithérapeutes | 51 100 € | + 1,4 % |
| Sages-femmes | 42 200 € | + 6,3 % |
Pourquoi des données de 2021 publiées en 2026 ? L’appariement entre fichiers fiscaux et données de l’Assurance maladie n’est réalisé que tous les trois ou quatre ans. 2021 reste donc l’année de référence officielle la plus récente.
CARCDSF : une moyenne de 122 279 €, une médiane de 97 672 €
La caisse de retraite des chirurgiens-dentistes publie ses propres statistiques, à partir des revenus déclarés par ses affiliés. Pour 2023, elles portent sur 39 108 déclarations, selon la synthèse publiée par Banque Populaire.
- Moyenne : 122 279 € avant impôt sur le revenu, en hausse de 3,53 % sur un an.
- Médiane : 97 672 €. La moitié des praticiens déclare moins que ce montant.
- Femmes et hommes : 99 779 € en moyenne pour les femmes, 142 473 € pour les hommes.
- Âge : 82 046 € avant 35 ans, 153 975 € entre 55 et 59 ans, la tranche la mieux rémunérée.
📊 16,88 % des chirurgiens-dentistes déclarent au moins 185 473 € de revenu annuel, avec une moyenne de 298 368 € dans ce groupe (CARCDSF, revenus 2023). La moyenne nationale est tirée vers le haut par ces praticiens, souvent spécialistes.
💡 Le savoir-clé : le « 10 000 € net par mois » souvent affiché en ligne correspond à la moyenne CARCDSF divisée par douze. C’est un revenu avant impôt sur le revenu, pas un net disponible.
Des honoraires au revenu disponible : la cascade du dentiste libéral

Un chirurgien-dentiste libéral n’a pas de fiche de paie. Son « salaire » est ce qui reste des honoraires après cinq prélèvements successifs, tous encadrés par des règles publiques.
- Les charges du cabinet : prothésiste, consommables, assistante, loyer, matériel et amortissements.
- Les cotisations Urssaf : maladie, allocations familiales, indemnités journalières, CURPS et formation professionnelle.
- Les cotisations CARCDSF : retraite de base, retraite complémentaire, prestations complémentaires de vieillesse (PCV) et invalidité-décès.
- La CSG-CRDS : 9,70 % de l’assiette sociale, dont 6,80 % déductibles du revenu imposable.
- L’impôt sur le revenu : barème progressif appliqué au foyer fiscal.
Les charges : plus de la moitié des honoraires
Les associations de gestion agréées publient chaque année des moyennes issues des déclarations 2035. Selon les données UNASA 2024 relayées par L’Information Dentaire, 1 969 cabinets dentaires affichent 309 713 € de recettes moyennes pour un bénéfice de 107 474 €, soit 34,7 % des recettes.
| Poste (UNASA, cabinets dentaires 2024) | Part des recettes |
|---|---|
| Achats (consommables, prothèses) | 18,8 % |
| Charges de personnel | 10,8 % |
| Charges externes, dont cotisations sociales personnelles (12,6 %) et loyers (4,4 %) | 30,6 % |
| Impôts et taxes | 4,5 % |
| Bénéfice net | 34,7 % |
Hors cotisations personnelles, les charges de fonctionnement absorbent donc un peu plus de la moitié des honoraires. C’est ce qui distingue le cabinet dentaire, très équipé, de la plupart des cabinets médicaux.
Urssaf : une prise en charge limitée par les dépassements
Depuis la régularisation des revenus 2025, cotisations Urssaf et CSG-CRDS reposent sur une assiette unique. Il s’agit du revenu professionnel avant cotisations, diminué d’un abattement de 26 %, plafonné à 130 % du plafond de la Sécurité sociale (PASS), soit 62 478 € en 2026.
Comme tout praticien conventionné, le dentiste bénéficie d’une prise en charge de sa cotisation maladie par la Cpam. Mais, précise l’Urssaf sur sa page dédiée aux chirurgiens-dentistes, elle porte uniquement sur les revenus conventionnés nets de dépassements d’honoraires. Or les honoraires libres, prothèses en tête, pèsent lourd au cabinet dentaire.
| Prélèvement Urssaf 2026 | Taux pour un chirurgien-dentiste |
|---|---|
| Maladie (assiette de participation Cpam) | De 0 % à 8,50 % selon le revenu, pris en charge par la Cpam jusqu’à 8,40 % |
| Maladie (reste du revenu, dont dépassements) | De 3,25 % à 11,75 % selon le revenu |
| Allocations familiales | De 0 % à 3,10 % entre 52 866 € et 67 284 €, puis 3,10 % |
| Indemnités journalières | 0,30 %, dans la limite de 3 PASS |
| CURPS et formation professionnelle | 0,30 % (240 € maximum) et 120 € |
| CSG-CRDS | 9,70 % |
CARCDSF : le premier poste de cotisations
La retraite pèse plus lourd que l’Urssaf. Selon le barème 2026 publié par la CARCDSF, le chirurgien-dentiste paie :
- Retraite de base : 8,73 % jusqu’à 1 PASS (48 060 €) et 1,87 % jusqu’à 5 PASS (240 300 €).
- Retraite complémentaire : 3 210,60 € de forfait, plus 11,35 % des revenus compris entre 31 239 € et 240 300 €.
- PCV : 1 663,60 € de forfait, plus 0,725 % des revenus, l’Assurance maladie finançant une autre partie.
- Invalidité-décès : 1 235 €, dont 841 € au titre des indemnités journalières.
⚠️ Point de vigilance : les cotisations d’une année sont d’abord appelées sur des revenus antérieurs, puis régularisées. Une bonne année se paie souvent l’année suivante. Les montants ci-dessous lissent ce décalage, ce que la trésorerie réelle ne fait pas.
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Les hypothèses communes aux trois profils
- Exercice : en nom propre (BNC), déclaration 2035 au régime réel.
- Cotisations : barèmes 2026 appliqués au revenu de l’année, sur la nouvelle assiette pour tous les régimes, sans décalage de trésorerie.
- Dépassements : poids moyen national publié par l’Assurance maladie pour 2024, tous les actes étant supposés conventionnés.
- Impôt : barème 2026 sur les revenus 2025, pour une personne seule (1 part) ou un couple dont le conjoint n’a pas de revenu (2 parts), sans réduction ni crédit d’impôt.
Ces profils sont des exemples calculés, pas des dossiers réels. Les montants sont arrondis à la centaine d’euros.
Profil 1 : le salaire d’un dentiste débutant en collaboration

À la sortie de la faculté, la collaboration libérale reste la voie d’entrée la plus fréquente. Le collaborateur exerce en son nom dans le cabinet d’un titulaire. Il lui reverse une redevance, en pourcentage des honoraires encaissés, en échange du fauteuil, du matériel et du personnel.
Exemple : deuxième année de collaboration
Hypothèses : 170 000 € d’honoraires encaissés, une redevance de 50 % TVA comprise et 8 000 € de charges propres (assurance responsabilité civile professionnelle, Ordre, formation, déplacements, comptabilité).
| Étape (estimation 2026) | Montant annuel |
|---|---|
| Honoraires encaissés | 170 000 € |
| Redevance versée au titulaire (50 %) | − 85 000 € |
| Charges propres | − 8 000 € |
| Revenu avant cotisations | 77 000 € |
| Cotisations Urssaf (hors CSG) | − 3 600 € |
| Cotisations CARCDSF | − 14 700 € |
| CSG-CRDS | − 5 500 € |
| BNC imposable (CSG déductible retranchée) | 54 800 € |
| Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts) | − 9 500 € / − 3 500 € |
| Revenu disponible (1 part / 2 parts) | 43 700 € / 49 700 € |
| Par mois | 3 640 € / 4 140 € |
Le collaborateur garde environ 26 % des honoraires qu’il produit. Le premier prélèvement n’est ni l’Urssaf ni l’impôt, mais la redevance. Et dans ses cotisations, la CARCDSF pèse quatre fois plus que l’Urssaf : la retraite complémentaire représente à elle seule près de 6 100 €.
Les deux premières années trompent sur le revenu réel
En début d’activité, l’Urssaf appelle des cotisations sur une base forfaitaire, faute de revenu connu. La CARCDSF applique aussi un régime propre à la première année. Le net perçu paraît donc plus confortable qu’il ne l’est.
⚠️ Point de vigilance : la régularisation arrive quand les revenus réels sont connus. Sur notre exemple, l’écart entre des cotisations forfaitaires et les 18 300 € de cotisations réellement dus (hors CSG) se rattrape en une fois, souvent la troisième année.
✅ Bonne pratique : déclarez à l’Urssaf une estimation de vos revenus dès la première année. L’organisme recalcule alors vos cotisations, sans pénalité en cas d’écart, et la régularisation reste maîtrisée.
Le taux de redevance, le traitement des prothèses et la TVA changent fortement ce résultat. Notre guide collaborateur dentiste ou installation détaille ces clauses et le point de bascule vers l’installation.
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Profil 2 : l’omnipraticien installé, le cœur de la profession

Selon la fiche 2024 de l’Assurance maladie, la France compte 37 043 dentistes libéraux conventionnés ; les orthodontistes font l’objet d’une fiche distincte. Ils encaissent en moyenne 154 004 € d’honoraires sans dépassement et 135 806 € de dépassements, soit près de 290 000 € par praticien.
Exemple : cabinet individuel en rythme de croisière
Hypothèses : 310 000 € de recettes, proches de la moyenne UNASA. Les charges de fonctionnement, hors cotisations personnelles, représentent 52 % des recettes : prothésiste, consommables, une assistante, loyer et amortissement du plateau technique.
| Étape (estimation 2026) | Montant annuel |
|---|---|
| Recettes (honoraires) | 310 000 € |
| Charges du cabinet (52 %) | − 161 200 € |
| Revenu avant cotisations | 148 800 € |
| Cotisations Urssaf (hors CSG) | − 9 900 € |
| Cotisations CARCDSF | − 22 100 € |
| CSG-CRDS | − 10 700 € |
| BNC imposable (CSG déductible retranchée) | 109 300 € |
| Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts) | − 28 600 € / − 19 000 € |
| Revenu disponible (1 part / 2 parts) | 77 500 € / 87 100 € |
| Par mois | 6 460 € / 7 260 € |
Le BNC obtenu, 109 300 €, est cohérent avec les 108 900 € de revenu libéral moyen mesurés par la DREES et les 107 474 € de bénéfice moyen UNASA. Notre exemple décrit donc un cabinet « moyen », pas un cas favorable.
📊 25 % : c’est la part des honoraires qui reste à l’omnipraticien de notre exemple, une fois le cabinet, les cotisations et l’impôt payés (personne seule). Sur 100 € encaissés, 52 € financent le cabinet, 14 € les cotisations et la CSG, 9 € l’impôt.
Le coût caché des dépassements d’honoraires
Avec le poids moyen national des dépassements, un peu plus de la moitié de l’assiette ouvre droit à la prise en charge de la Cpam. Le reste supporte la cotisation maladie à taux plein, majorée de 3,25 %.
💡 Le savoir-clé : à revenu égal, notre omnipraticien paie environ 5 700 € de cotisations Urssaf de plus qu’un praticien qui n’aurait aucun dépassement. Le passage au reste à charge zéro et le plafonnement des tarifs prothétiques modifient cet équilibre d’un cabinet à l’autre.
Ce que rapportent 10 000 € de bénéfice en plus
Prenons le même cabinet et ajoutons 10 000 € de revenu avant cotisations, par exemple grâce à un fauteuil mieux rempli. Cotisations et CSG en prélèvent environ 2 500 €, l’impôt (tranche à 41 %) environ 3 200 €. Il reste 4 360 € au praticien, soit 44 % du gain.
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Profil 3 : le revenu d’un orthodontiste (ODF)

Les spécialistes en orthopédie dento-faciale forment une population à part. D’après la fiche ODF 2024 de l’Assurance maladie, ils sont 2 083 libéraux conventionnés. Leurs honoraires moyens atteignent 230 763 € sans dépassement et 460 159 € de dépassements.
Les dépassements pèsent donc deux fois plus que les honoraires opposables. Le cabinet d’orthodontie emploie aussi davantage : selon l’UNASA, les charges de personnel y représentent 15,9 % des recettes, contre 10,8 % pour l’ensemble des cabinets dentaires.
Exemple : cabinet d’orthodontie individuel
Hypothèses : 565 000 € de recettes, proches de la moyenne UNASA des cabinets d’orthodontie (564 594 € sur un petit échantillon de 37 cabinets). Charges de fonctionnement : 51 % des recettes, hors cotisations personnelles.
| Étape (estimation 2026) | Montant annuel |
|---|---|
| Recettes (honoraires) | 565 000 € |
| Charges du cabinet (51 %) | − 288 150 € |
| Revenu avant cotisations | 276 850 € |
| Cotisations Urssaf (hors CSG) | − 23 400 € |
| Cotisations CARCDSF | − 36 700 € |
| CSG-CRDS | − 20 800 € |
| BNC imposable (CSG déductible retranchée) | 202 200 € |
| Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts) | − 67 500 € / − 50 500 € |
| Revenu disponible (1 part / 2 parts) | 128 450 € / 145 450 € |
| Par mois | 10 700 € / 12 120 € |
Le BNC, 202 200 €, rejoint les 200 382 € de bénéfice moyen relevés par l’UNASA pour l’orthodontie. Mais la progression du disponible est bien plus faible que celle des recettes : 82 % d’honoraires en plus par rapport à l’omnipraticien, 66 % de revenu disponible en plus.
💡 Le savoir-clé : à ce niveau de revenu, l’abattement de 26 % atteint son plafond de 62 478 € et l’impôt passe dans la tranche à 45 % pour une personne seule. Chaque euro de bénéfice supplémentaire est taxé plus lourdement que chez l’omnipraticien.
C’est à ce stade que la question de la société d’exercice libéral (SEL) se pose. Elle déplace une partie du revenu vers l’impôt sur les sociétés et les dividendes. Nous détaillons cet arbitrage dans notre article sur l’optimisation de la rémunération du dentiste libéral.
Comparatif des trois profils : ce que révèlent les écarts
| Indicateur (estimation 2026) | Collaborateur débutant | Omnipraticien installé | Orthodontiste |
|---|---|---|---|
| Honoraires encaissés | 170 000 € | 310 000 € | 565 000 € |
| Revenu avant cotisations | 77 000 € | 148 800 € | 276 850 € |
| Cotisations + CSG-CRDS | 23 800 € | 42 700 € | 80 900 € |
| BNC imposable | 54 800 € | 109 300 € | 202 200 € |
| Net disponible par mois (1 part) | 3 640 € | 6 460 € | 10 700 € |
| Part des honoraires conservée | 26 % | 25 % | 23 % |
Trois enseignements se dégagent de ce comparatif.
- Le net reste autour du quart des honoraires, quel que soit le profil : un dentiste libéral conserve rarement plus de 25 à 30 € sur 100 € encaissés.
- Les cotisations sociales absorbent près de 30 % du revenu avant cotisations, avec la CARCDSF comme premier poste.
- L’impôt creuse l’écart : il prend 12 % du revenu avant cotisations du collaborateur, 19 % chez l’omnipraticien et 24 % chez l’orthodontiste (personne seule).
Le taux de charges, premier levier du revenu
Reprenons l’omnipraticien à 310 000 € de recettes et faisons varier seulement ses charges de fonctionnement. L’effet sur le net est direct.
| Charges (en % des recettes) | BNC imposable | Net disponible par mois (1 part) |
|---|---|---|
| 48 % | 118 900 € | 6 910 € |
| 52 % | 109 300 € | 6 460 € |
| 56 % | 99 600 € | 6 000 € |
| 60 % | 90 000 € | 5 550 € |
📊 450 € par mois : c’est ce que coûtent au praticien 4 points de charges supplémentaires, sur un cabinet à 310 000 € de recettes. Sur dix ans, l’écart dépasse 50 000 €.
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Les leviers pour améliorer son revenu de dentiste
Le revenu disponible ne dépend pas que du nombre de patients. À honoraires égaux, la structure du cabinet et quelques décisions de gestion déplacent plusieurs milliers d’euros par an.
- ✅ Suivre le taux de charges poste par poste : prothésiste, consommables, personnel, loyer, d’une année sur l’autre et par rapport aux moyennes publiées.
- ✅ Mutualiser : une société civile de moyens (SCM) partage locaux, plateau technique et personnel entre praticiens.
- ✅ Négocier la redevance pour le collaborateur : assiette, prothèses et mention HT ou TTC comptent autant que le pourcentage.
- ✅ Étudier la forme d’exercice : au-delà d’un certain bénéfice, une SEL peut réduire la pression fiscale et sociale, à condition d’en mesurer les coûts.
- ✅ Arbitrer l’épargne retraite : les versements sur un PER sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites, avec un effet d’autant plus fort que la tranche marginale est élevée.
- ✅ Protéger son revenu : les indemnités journalières obligatoires restent limitées au regard des charges fixes d’un cabinet. Notre guide de la prévoyance du chirurgien-dentiste fait le point.
- ✅ Provisionner les régularisations : un compte dédié aux cotisations évite qu’une bonne année se transforme en difficulté de trésorerie l’année suivante.
✅ Bonne pratique : faites une simulation d’impôt avant le 31 décembre. C’est le dernier moment pour arbitrer un investissement, un versement retraite ou le calendrier d’un achat de matériel.
Ce quatrième et dernier volet de notre série « Combien gagne vraiment… » suit la même méthode que ceux consacrés au revenu du médecin généraliste, au revenu du pharmacien titulaire et au revenu du restaurateur : partir des chiffres publics, puis descendre jusqu’au revenu disponible.
Votre cabinet, vos chiffres : passer de la moyenne à votre revenu réel
Le salaire d’un dentiste se lit en cascade. La DREES donne une moyenne de 118 100 €, avant impôt et sur des données de 2021. Nos trois profils montrent qu’un chirurgien-dentiste libéral conserve, au bout du compte, environ un quart de ses honoraires. Entre le collaborateur et l’orthodontiste, les charges du cabinet, la CARCDSF, les dépassements et la situation familiale font toute la différence.
Entrepreneurs au service des entrepreneurs depuis 1944, Extencia accompagne les professions libérales de santé dans ses 12 implantations, de Bordeaux à Lyon, Toulouse et Anglet. Notre mission de tenue comptable et de conseil consiste justement à refaire ce calcul avec vos propres chiffres, puis à identifier les leviers qui vous concernent.
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⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les trois profils sont des exemples calculés à partir de données publiques (DREES, CARCDSF, Urssaf, Assurance maladie, UNASA, barème de l’impôt) et d’hypothèses simplifiées. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.
Questions fréquentes sur le salaire des dentistes
Combien gagne un dentiste par mois ?
Selon la DREES, un chirurgien-dentiste libéral a perçu en moyenne 118 100 € de revenu d’activité en 2021, soit environ 9 840 € par mois. Ce montant s’entend après charges et cotisations, mais avant impôt sur le revenu. Dans notre exemple 2026 d’un omnipraticien installé encaissant 310 000 € d’honoraires, le revenu disponible après impôt atteint environ 6 460 € par mois pour une personne seule. Il monte à près de 7 260 € pour un couple dont le conjoint n’a pas de revenu.
Quel est le salaire d’un dentiste débutant ?
Un jeune diplômé commence le plus souvent comme collaborateur libéral et reverse une redevance au titulaire, souvent entre 40 et 50 % de ses honoraires. Avec 170 000 € d’honoraires encaissés et une redevance de 50 %, notre exemple aboutit à environ 3 640 € nets d’impôt par mois pour une personne seule. Les deux premières années, les cotisations sont d’abord calculées sur une base forfaitaire. La régularisation qui suit doit être anticipée.
Combien gagne un orthodontiste ?
Les orthodontistes libéraux encaissent en moyenne près de 691 000 € d’honoraires, dont 460 159 € de dépassements, selon l’Assurance maladie pour 2024. Selon l’UNASA, le bénéfice moyen des cabinets d’orthodontie atteint 200 382 €. Dans notre exemple à 565 000 € de recettes, le revenu disponible avoisine 10 700 € par mois pour une personne seule. L’impôt atteint alors la tranche marginale de 45 %.
Quelle est la différence entre le revenu et le salaire net d’un dentiste libéral ?
Le dentiste libéral ne perçoit pas de salaire : il prélève ce qui reste de ses honoraires après les charges du cabinet. Les statistiques publiques donnent un revenu après charges et cotisations, mais avant impôt sur le revenu. Le vrai « net » s’obtient en retirant encore la CSG-CRDS non déductible et l’impôt. Pour un omnipraticien moyen, l’écart entre les deux représente environ 32 000 € par an.
Quelles cotisations paie un chirurgien-dentiste libéral ?
Le chirurgien-dentiste cotise à l’Urssaf pour la maladie, les allocations familiales, les indemnités journalières, la CURPS et la formation professionnelle. Il cotise à la CARCDSF pour la retraite de base, la retraite complémentaire, les PCV et l’invalidité-décès. La CSG-CRDS s’ajoute au taux de 9,70 %. Dans nos exemples, l’ensemble représente près de 30 % du revenu avant cotisations, la CARCDSF étant le premier poste.
Pourquoi les dépassements d’honoraires augmentent-ils les cotisations du dentiste ?
La Cpam prend en charge la quasi-totalité de la cotisation maladie, mais seulement sur les revenus conventionnés nets de dépassements. La part du revenu issue des dépassements supporte la cotisation à taux plein, majorée de 3,25 %. Avec le poids moyen national des dépassements, notre omnipraticien paie environ 5 700 € de cotisations Urssaf de plus qu’un praticien sans dépassement. Ce coût varie selon la part de prothèses et d’actes à honoraires libres du cabinet.
Pourquoi les chiffres sur le revenu des dentistes varient-ils autant selon les sources ?
Les sources ne mesurent pas la même chose. La DREES publie un revenu d’activité avant impôt sur des données de 2021, la CARCDSF des revenus déclarés à la caisse, l’UNASA des bénéfices de cabinets adhérents à des associations de gestion. Beaucoup de sites grand public divisent ces moyennes par douze et les présentent à tort comme un net mensuel. Pour comparer, vérifiez toujours si le montant est avant ou après cotisations, et avant ou après impôt.