Combien gagne vraiment un médecin généraliste en 2026 ?

Combien gagne un médecin généraliste en 2026 ? Du revenu DREES au net après URSSAF, CARMF et impôt : 3 profils chiffrés. Faites le point avec Extencia.

Stéphane Torregrosa

Publié le 22 octobre 2026

Médecin généraliste français relisant son relevé d'honoraires annuel, symbole du salaire médecin généraliste réel

Sommaire

⏱️ Temps de lecture : 14 minutes

Mis à jour en octobre 2026

98 300 euros par an. C’est le revenu d’activité moyen d’un omnipraticien libéral selon la DREES, le service statistique des ministères sociaux. Le chiffre circule partout dès qu’on cherche « combien gagne un médecin ». Il est exact. Il ne dit pourtant pas ce qui arrive sur le compte personnel du praticien.

Car ce montant est un bénéfice : charges du cabinet et cotisations sociales déjà déduites, mais impôt sur le revenu pas encore payé. Il date aussi de 2021, avant la consultation à 30 € et la réforme des cotisations des indépendants.

La réponse courte : en 2026, un médecin généraliste de secteur 1 installé, qui encaisse 175 000 € d’honoraires, conserve environ 63 000 € nets d’impôt par an, soit près de 5 300 € par mois s’il vit seul. C’est une estimation calculée sur données publiques. Nous déroulons ici la cascade complète, des recettes au revenu disponible, sur trois profils types : le généraliste installé, le jeune installé et le spécialiste de secteur 2.

🔍 L’article en bref

  • Moyenne officielle : 98 300 € de revenu d’activité pour un omnipraticien libéral en 2021 (DREES), avant impôt sur le revenu.
  • Secteur 1 installé : sur 175 000 € d’honoraires, environ 63 400 € nets d’impôt par an, soit 5 280 € par mois pour une personne seule (estimation).
  • Jeune installé : environ 3 950 € par mois, grâce à des cotisations réduites les deux premières années, puis une régularisation à anticiper.
  • Spécialiste secteur 2 : environ 7 250 € par mois sur 330 000 € de recettes, sans prise en charge de cotisations.
  • CARMF : premier poste de prélèvement, avec une retraite complémentaire à 11,80 % en 2026.
  • Consultation à 30 € : sur 17 500 € de recettes en plus, le généraliste en garde environ 9 900 €. Aucun avenant n’a relevé le G en 2026.
  • Leviers : taux de charges, mutualisation, épargne retraite, forme d’exercice et provision des régularisations.

Salaire médecin généraliste : ce que disent vraiment les chiffres officiels

Salle d'attente d'un cabinet de médecin généraliste en région, illustrant les revenus moyens des médecins libéraux

La référence reste l’étude Études et Résultats n° 1322 de la DREES, publiée en décembre 2024. Elle croise, pour chaque médecin, les données d’activité de l’Assurance maladie et les déclarations fiscales. Son champ : les médecins conventionnés de 70 ans ou moins, hors remplaçants et hors installés dans l’année.

Les revenus moyens par spécialité et par secteur

Regroupement (DREES, 2021)Revenu d’activité moyenDont revenu libéralRevenu libéral secteur 1Revenu libéral secteur 2
Omnipraticiens (généralistes)98 300 €93 500 €94 000 €82 900 €
Spécialités médicales127 800 €115 600 €115 100 €116 300 €
Spécialités médico-chirurgicales150 100 €137 400 €112 400 €149 200 €
Spécialités chirurgicales178 300 €157 000 €120 100 €164 800 €
Ensemble des médecins libéraux124 000 €114 700 €106 900 €136 600 €

Le revenu d’activité additionne la part libérale et un éventuel salaire, hospitalier par exemple. Près de 29 % des omnipraticiens ont une telle activité mixte. Le revenu libéral, lui, correspond au bénéfice non commercial (BNC) déclaré au fisc.

📊 De 39 500 € à 168 100 € : c’est l’écart de revenu entre les 10 % d’omnipraticiens les moins rémunérés et les 10 % les mieux rémunérés en 2021, selon la DREES. La moyenne masque des situations très différentes.

Pourquoi des données de 2021 en 2026 ?

L’appariement entre données fiscales et données de l’Assurance maladie n’est réalisé que tous les trois ou quatre ans. Après 2017, la crise sanitaire l’a décalé à 2021. Le 15 septembre 2026, la DREES a mis en ligne un nouveau jeu de données sur les revenus des professionnels de santé libéraux, qui étend ce travail aux chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes, infirmières et sages-femmes. Pour les médecins, 2021 reste donc l’année de référence officielle la plus récente.

  • Revenu d’activité : libéral + salarié, après charges et cotisations, avant impôt.
  • Revenu libéral (BNC) : honoraires moins charges du cabinet et cotisations sociales déductibles.
  • Revenu disponible : ce qui reste après la CSG-CRDS non déductible et l’impôt sur le revenu. C’est le vrai « salaire » du médecin libéral.

💡 Le savoir-clé : le « salaire » d’un médecin libéral n’existe pas au sens de la fiche de paie. Il prélève ce qu’il veut sur le résultat de son cabinet, après avoir payé ses charges, ses cotisations et son impôt.

Du chiffre d’affaires au net : la cascade en cinq étapes

Pour passer des honoraires encaissés au revenu médecin libéral réellement disponible, cinq prélèvements s’enchaînent. Chacun dépend de règles publiques, actualisées en 2026.

  1. Les charges du cabinet : loyer ou quote-part de SCM, secrétariat, logiciel, assurance, véhicule, amortissements.
  2. Les cotisations Urssaf : maladie, allocations familiales, indemnités journalières, CURPS et formation professionnelle.
  3. Les cotisations CARMF : retraite de base, complémentaire, ASV et invalidité-décès.
  4. La CSG-CRDS : 9,7 % de l’assiette sociale, dont une partie seulement est déductible.
  5. L’impôt sur le revenu : barème progressif appliqué au foyer fiscal.

Une assiette sociale unique depuis la réforme de 2025

Depuis la déclaration des revenus 2025, cotisations Urssaf et CSG-CRDS reposent sur une seule base. Selon le dépliant officiel de l’Urssaf diffusé sur impots.gouv.fr, il s’agit du revenu professionnel avant cotisations, diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %. Cet abattement est plafonné à 130 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 62 478 € en 2026.

À la CARMF, la bascule est progressive. Selon la caisse, la nouvelle assiette s’applique au régime de base dès l’appel du solde 2026, puis à tous les régimes (complémentaire, ASV, invalidité-décès) à partir de l’acompte de janvier 2027. La part d’ajustement de l’ASV reste calculée sur les revenus conventionnels.

La baisse de CSG a été compensée par une hausse des taux : retraite de base de 8,23 % à 8,73 %, complémentaire de 10,20 % à 11,80 %, ajustement ASV de 3,8 % à 4 % et taux maximal de la cotisation maladie de 6,50 % à 8,50 %. D’après la CARMF, l’opération est à peu près neutre en secteur 1 et alourdit les charges globales de 3 à 5 % environ en secteur 2.

Les principaux taux 2026

Prélèvement 2026Secteur 1Secteur 2
Maladie (Urssaf)Quasi intégralement prise en charge par l’Assurance maladieTaux progressif jusqu’à 8,50 %, plus 3,25 % sur les dépassements
Allocations familialesDe 0 % à 3,10 %, prise en charge de 100 % à 60 % selon le revenuDe 0 % à 3,10 %, sans prise en charge
CARMF retraite de base8,73 % jusqu’à 1 PASS + 1,87 % jusqu’à 5 PASS, avec participation des caisses8,73 % jusqu’à 1 PASS + 1,87 % jusqu’à 5 PASS
CARMF complémentaire11,80 % jusqu’à 3,5 PASS11,80 % jusqu’à 3,5 PASS
CARMF ASV1 917 € + 1,3333 %5 751 € + 4 %
CSG-CRDS9,70 %9,70 %

Ces montants proviennent du barème 2026 publié par la CARMF et des taux publiés par l’Urssaf pour les médecins. Le PASS 2026 est de 48 060 €.

⚠️ Point de vigilance : les cotisations d’une année sont d’abord appelées sur des revenus antérieurs, puis régularisées. Une bonne année se paie donc souvent l’année suivante, au moment de la régularisation.

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Profil 1 : le médecin généraliste de secteur 1 installé

Médecin généraliste de secteur 1 en consultation dans son cabinet, revenu médecin libéral installé

Premier cas, le plus fréquent : plus de 95 % des généralistes exercent en secteur 1, selon la DREES. Prenons un médecin traitant installé depuis une quinzaine d’années, seul dans son cabinet. Ce profil est un exemple calculé à partir de barèmes publics, pas un dossier réel.

Les hypothèses retenues

  • Activité : 5 000 consultations à 30 €, soit 150 000 €, plus 25 000 € de forfaits, visites et autres actes. Total : 175 000 € de recettes.
  • Charges du cabinet : 38 % des recettes, hors cotisations personnelles, soit 66 500 €.
  • Cotisations : barèmes 2026 appliqués au revenu de l’année, sur la nouvelle assiette pour tous les régimes, comme à la CARMF à partir de 2027, sans décalage de trésorerie.
  • Impôt : barème 2026 sur les revenus 2025, pour une personne seule (1 part) ou un couple dont le conjoint n’a pas de revenu (2 parts). Ni réduction ni crédit d’impôt.

La cascade chiffrée

Étape (estimation 2026)Montant annuel
Recettes (honoraires et forfaits)175 000 €
Charges du cabinet− 66 500 €
Revenu avant cotisations108 500 €
Cotisations Urssaf (hors CSG)− 1 300 €
Cotisations CARMF− 17 700 €
CSG-CRDS− 7 800 €
BNC imposable (CSG déductible retranchée)84 000 €
Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts)− 18 300 € / − 11 400 €
Revenu disponible (1 part / 2 parts)63 400 € / 70 300 €
Par mois5 280 € / 5 860 €

Le BNC obtenu, 84 000 €, est cohérent avec les 94 000 € de revenu libéral moyen mesurés par la DREES pour les omnipraticiens de secteur 1, compte tenu de la diversité des activités. Le poste le plus lourd n’est pas l’Urssaf mais la CARMF : la retraite complémentaire, à 11,80 %, pèse à elle seule près de 9 500 €.

📊 36 % : c’est la part des honoraires qui reste au généraliste de notre exemple, une fois le cabinet, les cotisations et l’impôt payés (personne seule). Sur 100 € encaissés, 64 € repartent.

L’avantage caché du secteur 1

En contrepartie du tarif opposable, l’Assurance maladie prend en charge l’essentiel de la cotisation maladie, une large part des allocations familiales, les deux tiers de l’ASV et une partie de la retraite de base. Dans notre exemple, cet avantage représente près de 15 000 € par an de cotisations que le médecin n’a pas à payer. C’est un élément central de toute comparaison avec le secteur 2.

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Profil 2 : le jeune médecin installé, un revenu en trompe-l’œil

Jeune médecin qui s'installe dans son nouveau cabinet libéral, premières années et cotisations

La DREES le souligne : le revenu moyen des médecins installés depuis moins de 10 ans a reculé de 2,8 % par an entre 2017 et 2021, en euros constants. Ces jeunes praticiens représentaient 39 % des médecins libéraux en 2021, contre 25 % en 2017. Leur patientèle se construit, et leurs premières années trompent souvent sur le revenu réel.

Exemple : deuxième année d’installation en secteur 1

Hypothèses : 3 600 consultations à 30 €, soit 108 000 €, plus 10 000 € de forfaits et autres actes. Charges : 40 % des recettes, car les amortissements d’installation pèsent davantage. Les deux premières années, la CARMF applique des cotisations forfaitaires et n’appelle pas la retraite complémentaire lorsque l’installation intervient avant 40 ans.

Étape (estimation 2026)Montant annuel
Recettes118 000 €
Charges du cabinet− 47 200 €
Revenu avant cotisations70 800 €
Cotisations Urssaf (hors CSG)− 600 €
Cotisations CARMF (régime de début d’activité)− 6 700 €
CSG-CRDS− 5 100 €
BNC imposable60 000 €
Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts)− 11 100 € / − 4 200 €
Revenu disponible (1 part / 2 parts)47 300 € / 54 200 €
Par mois3 950 € / 4 520 €

Le piège de la troisième année

À partir de la troisième année, la CARMF calcule ses cotisations sur les revenus réels. Sur le même revenu, la retraite complémentaire ajoute environ 6 200 € par an et l’ajustement ASV près de 600 €. Dans le même temps, l’Urssaf régularise les premières années, souvent appelées sur une base forfaitaire basse.

⚠️ Point de vigilance : un jeune installé peut cumuler, la même année, une hausse de 6 800 € de cotisations CARMF et une régularisation Urssaf. Sans provision, la trésorerie du cabinet est mise sous tension.

✅ Bonne pratique : mettez de côté chaque mois 25 à 30 % de votre revenu avant cotisations sur un compte dédié dès la première année, puis ajustez dès que l’expert-comptable a estimé votre régularisation.

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Profil 3 : le revenu médecin secteur 2, plus de recettes et plus de prélèvements

Gros plan sur l'équipement d'un médecin spécialiste de secteur 2, revenu médecin secteur 2

En 2021, les médecins de secteur 2 déclaraient en moyenne 149 100 € de revenu d’activité, contre 115 100 € en secteur 1. L’écart de près de 30 % tient surtout à un effet de composition : le secteur 2 rassemble des spécialistes, notamment chirurgiens, gynécologues et ophtalmologistes, aux honoraires élevés.

Exemple : spécialiste de secteur 2 hors Optam

Hypothèses : 330 000 € de recettes, dont 35 % de dépassements d’honoraires ; charges de 42 %, soit 138 600 €, pour un plateau technique et du personnel. Aucune prise en charge de cotisations par l’Assurance maladie.

Étape (estimation 2026)Montant annuel
Recettes330 000 €
Charges du cabinet− 138 600 €
Revenu avant cotisations191 400 €
Cotisations Urssaf (hors CSG)− 18 800 €
Cotisations CARMF− 36 000 €
CSG-CRDS− 13 700 €
BNC imposable127 000 €
Impôt sur le revenu (1 part / 2 parts)− 35 900 € / − 24 300 €
Revenu disponible (1 part / 2 parts)87 000 € / 98 600 €
Par mois7 250 € / 8 220 €

Le chiffre d’affaires est presque doublé par rapport au généraliste. Le revenu disponible, lui, ne progresse que de 37 %. Cotisations et CSG absorbent 36 % du revenu avant cotisations, contre 25 % pour le généraliste de secteur 1.

Le comparatif des trois profils

Indicateur (estimation 2026)Généraliste S1 installéJeune installé S1Spécialiste S2
Recettes175 000 €118 000 €330 000 €
Cotisations + CSG-CRDS26 800 €12 400 €68 500 €
BNC imposable84 000 €60 000 €127 000 €
Net disponible par mois (1 part)5 280 €3 950 €7 250 €
Part des recettes conservée36 %40 %26 %

💡 Le savoir-clé : le jeune installé conserve la plus forte part de ses recettes uniquement grâce aux cotisations réduites des débuts. L’avantage est temporaire et se retourne lors de la régularisation.

Consultation à 30 € et avenant 2026 : l’effet réel sur le revenu

Médecin généraliste raccompagnant un patient âgé, consultation à 30 euros et forfait médecin traitant

La consultation de médecine générale est passée de 26,50 € à 30 € le 22 décembre 2024, en application de la convention médicale 2024-2029. En 2026, aucun avenant n’a relevé ce tarif. Le projet d’avenant n° 1, négocié au printemps, portait sur l’imagerie, la consultation ménopause et la régulation. Les cinq syndicats représentatifs ont refusé de le signer en juin 2026. Le détail figure dans notre analyse de la revalorisation de la consultation médecin et de l’avenant 2026.

Ce que la hausse du G rapporte après prélèvements

Reprenons notre généraliste de secteur 1 et ses 5 000 consultations. À charges constantes, le passage de 26,50 € à 30 € ajoute 17 500 € de recettes. Voici ce qu’il en reste, selon notre calcul.

Effet de la hausse du G (estimation)Montant
Recettes supplémentaires+ 17 500 €
Cotisations Urssaf et CARMF supplémentaires− 1 950 €
CSG-CRDS supplémentaire− 1 260 €
Impôt sur le revenu supplémentaire (tranche à 30 %)− 4 400 €
Revenu disponible supplémentaire+ 9 900 € (57 %)

En 2026, la progression des recettes ne vient plus du tarif de base. Elle passe par le mix d’actes et par le nouveau forfait médecin traitant, entré en vigueur au 1er janvier 2026. Son calcul, patient par patient, est détaillé dans notre guide du forfait médecin traitant (FMT).

⚠️ Point de vigilance : une hausse de recettes en année N alourdit les cotisations régularisées en N+1. Le gain de la consultation à 30 € s’est traduit, pour beaucoup de cabinets, par un rappel de cotisations l’année suivante.

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Les leviers pour améliorer son salaire médecin net

Le revenu disponible ne dépend pas que du volume d’actes. À recettes égales, la structure du cabinet et quelques choix de gestion déplacent plusieurs milliers d’euros par an.

  • ✅ Mesurer le taux de charges : comparer chaque poste (loyer, SCM, secrétariat, logiciel) à vos recettes, d’une année sur l’autre.
  • ✅ Mutualiser : une SCM ou une maison de santé partage loyer, secrétariat et équipement entre praticiens.
  • ✅ Arbitrer l’épargne retraite : les versements sur un PER sont déductibles dans certaines limites, avec un effet d’autant plus fort que la tranche marginale est élevée.
  • ✅ Étudier la forme d’exercice : selon la DREES, la part des médecins exerçant en société d’exercice libéral (SEL) a plus que triplé entre 2017 et 2021, pour atteindre un médecin sur sept.
  • ✅ Provisionner les régularisations : un compte dédié aux cotisations évite les mauvaises surprises.
  • ✅ Simuler l’impôt avant le 31 décembre : sur le barème officiel de l’impôt sur le revenu, au regard de la situation du foyer.

« Ce revenu diffère fortement selon la spécialité […], entre secteurs de conventionnement mais aussi entre médecins d’une même spécialité. » — DREES, Études et Résultats n° 1322, décembre 2024

Ce troisième volet de notre série « Combien gagne vraiment… » suit la même méthode que ceux consacrés au revenu du pharmacien titulaire et au revenu du restaurateur : partir des chiffres publics, puis descendre jusqu’au revenu disponible.

Votre cabinet, vos chiffres : passer de la moyenne à votre revenu réel

Le salaire d’un médecin généraliste se lit en cascade. La DREES donne une moyenne de bénéfice, avant impôt et sur des données de 2021. Nos trois profils montrent qu’un généraliste de secteur 1 conserve environ un tiers de ses honoraires, et un spécialiste de secteur 2 un quart. Entre les deux, les charges du cabinet, la CARMF et la situation familiale font toute la différence.

Entrepreneurs au service des entrepreneurs depuis 1944, Extencia accompagne les professions libérales de santé dans ses 12 implantations, de Bordeaux à Lyon, Toulouse et Anglet. Le bilan de rentabilité du cabinet consiste à refaire ce calcul avec vos propres chiffres, puis à identifier les leviers qui vous concernent.

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⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les trois profils sont des exemples calculés à partir de données publiques (DREES, CARMF, Urssaf, barème de l’impôt) et d’hypothèses simplifiées. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.

Questions fréquentes sur le revenu des médecins

Combien gagne un médecin généraliste par mois ?

Selon la DREES, un omnipraticien libéral a perçu en moyenne 98 300 € de revenu d’activité en 2021, soit environ 8 200 € par mois. Ce montant s’entend après charges et cotisations, mais avant impôt sur le revenu. Dans notre exemple 2026 d’un généraliste de secteur 1 encaissant 175 000 € d’honoraires, le revenu disponible après impôt atteint environ 5 280 € par mois pour une personne seule. Il monte à près de 5 860 € pour un couple dont le conjoint n’a pas de revenu.

Quel est le salaire net d’un médecin généraliste libéral après impôts ?

Le salaire net se calcule en retirant des honoraires les charges du cabinet, les cotisations Urssaf et CARMF, la CSG-CRDS, puis l’impôt sur le revenu. Pour un généraliste de secteur 1 avec 175 000 € de recettes et 38 % de charges, il reste environ 63 400 € par an pour une personne seule. Cela représente 36 % des honoraires encaissés. Le résultat varie fortement selon le taux de charges et la composition du foyer fiscal.

Combien gagne un médecin en secteur 2 ?

La DREES mesure un revenu d’activité moyen de 149 100 € en 2021 pour les médecins de secteur 2, contre 115 100 € en secteur 1. Cet écart tient surtout à la présence de spécialistes à honoraires élevés en secteur 2. Les généralistes de secteur 2, peu nombreux, gagnent en moyenne moins que ceux de secteur 1 selon la même étude. Dans notre exemple de spécialiste hors Optam à 330 000 € de recettes, le revenu disponible atteint environ 7 250 € par mois.

Combien gagne un jeune médecin généraliste qui s’installe ?

Un jeune installé démarre avec une patientèle en construction et des charges d’installation. Dans notre exemple de deuxième année, avec 118 000 € de recettes en secteur 1, le revenu disponible avoisine 3 950 € par mois pour une personne seule. Ce chiffre profite de cotisations CARMF forfaitaires pendant deux ans. À partir de la troisième année, la retraite complémentaire et l’ajustement ASV ajoutent environ 6 800 € de cotisations par an sur le même revenu.

Quelles charges paie un médecin libéral ?

Le médecin libéral supporte d’abord les charges de son cabinet : loyer ou quote-part de SCM, secrétariat, logiciel, assurances, véhicule et amortissements. Il paie ensuite ses cotisations Urssaf (maladie, allocations familiales, indemnités journalières, CURPS, formation) et CARMF (retraite de base, complémentaire, ASV, invalidité-décès). La CSG-CRDS s’ajoute au taux de 9,7 %. En secteur 1, l’Assurance maladie prend en charge une part importante des cotisations maladie, famille et ASV.

La consultation à 30 € a-t-elle augmenté le revenu des médecins ?

Oui, mais moins que la hausse du tarif ne le laisse penser. Le G est passé de 26,50 € à 30 € le 22 décembre 2024, et aucun avenant ne l’a relevé en 2026. Pour 5 000 consultations, la hausse représente 17 500 € de recettes supplémentaires. Après cotisations, CSG-CRDS et impôt dans la tranche à 30 %, le généraliste en conserve environ 9 900 €, soit 57 %.

Pourquoi les chiffres de revenus des médecins diffèrent-ils selon les sources ?

Les sources ne mesurent pas la même chose. La DREES publie un revenu d’activité qui inclut les salaires et s’arrête avant l’impôt, sur des données de 2021. La CARMF publie des bénéfices déclarés, tandis que de nombreux sites grand public mélangent chiffre d’affaires, bénéfice et net. Pour comparer, il faut toujours vérifier si le montant est avant ou après cotisations, et avant ou après impôt.

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Stéphane Torregrosa

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