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Mis à jour en septembre 2026
Environ 6 500 entreprises sont reprises chaque année par leurs salariés en France. Le gouvernement veut doubler ce chiffre. Pourtant, quand un dirigeant pense à la vente, il pense d’abord à un concurrent, à un fonds ou à un repreneur extérieur. Rarement à son chef d’atelier ou à sa responsable commerciale.
C’est dommage. Vendre son entreprise à ses salariés préserve les emplois, la culture et la clientèle. Mais la reprise interne a ses règles : financement souvent plus serré, fiscalité remaniée par la loi de finances 2026, obligation d’information allégée depuis l’été. Ce guide vous donne les clés pour décider, chiffrer et réussir votre transmission.
🔍 L’article en bref
- Trois montages : cession directe, holding de reprise ou transformation en SCOP (y compris SCOP d’amorçage).
- Abattement 732 ter : 500 000 € sur les droits d’enregistrement pour la cession d’un fonds à un salarié en CDI depuis 2 ans.
- Fin des avantages RES : crédit d’impôt 220 nonies éteint depuis 2023, exonération 732 bis abrogée par la loi de finances 2026.
- Côté cédant : l’abattement retraite de 500 000 € sur la plus-value reste en vigueur jusqu’à fin 2031.
- Pacte Papin : annoncé en septembre 2026, prévu pour le PLF 2027, mais pas encore voté.
- Loi Hamon allégée : délai d’information ramené à 1 mois et amende plafonnée à 0,5 % du prix.
- Financement : apport, épargne salariale, prêts d’honneur, crédit-vendeur, banque et garanties Bpifrance.
Reprise interne : pourquoi y penser avant tout le monde

La transmission interne reste une voie discrète. Elle représente pourtant une vraie option pour les TPE et PME dont le savoir-faire repose sur les équipes. Le vivier de cédants est considérable, et les repreneurs extérieurs ne suffisent pas à l’absorber.
📊 500 000 entreprises et environ trois millions de salariés devraient changer de mains dans les dix prochaines années, selon les estimations gouvernementales reprises lors de l’annonce du pacte Papin en septembre 2026.
Des repreneurs qui connaissent déjà la maison
Vos salariés connaissent vos clients, vos fournisseurs et vos process. Le risque d’échec post-reprise s’en trouve réduit. Et pour le cédant, les avantages de la reprise interne sont concrets :
- Continuité : l’activité, les emplois et l’identité de l’entreprise sont préservés.
- Confidentialité : pas besoin d’ouvrir vos comptes à des concurrents pendant des mois.
- Transition maîtrisée : vous pouvez accompagner les repreneurs progressivement.
- Levier fiscal : un abattement spécifique de 500 000 € sur les droits d’enregistrement pour certaines cessions à un salarié.
Les limites à regarder en face
Un bon technicien ne devient pas automatiquement un bon dirigeant. Et un salarié dispose rarement de l’apport d’un fonds d’investissement. Le prix obtenu peut donc être plus modeste, ou payé en plusieurs fois.
⚠️ Point de vigilance : testez tôt la motivation et la capacité managériale du ou des salariés pressentis. Une reprise interne subie ou improvisée fragilise l’entreprise autant qu’une mauvaise vente externe.
Comment céder son entreprise à ses salariés : les trois montages

La reprise par les salariés peut prendre trois formes. Le choix dépend de la forme de votre entreprise, du nombre de repreneurs et de leur capacité de financement.
La cession directe à un ou plusieurs salariés
Le ou les salariés rachètent en direct le fonds de commerce (entreprise individuelle) ou les titres de la société. C’est la solution la plus simple, adaptée aux petites structures. Elle suppose un apport personnel et un financement bancaire à titre privé.
Le rachat via une holding de reprise
Les salariés créent une société holding qui emprunte pour acheter les titres. Les dividendes de la cible remboursent ensuite la dette : c’est le principe du LBO, historiquement appelé RES (rachat d’entreprise par les salariés). Le montage est plus lourd, mais il permet de financer des valorisations plus élevées.
La transformation en SCOP
Dans une SCOP, les salariés détiennent au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote. La SCOP d’amorçage, créée par la loi ESS de 2014, laisse jusqu’à sept ans aux salariés pour devenir majoritaires au capital. Une solution précieuse quand l’effort financier initial est trop lourd.
| Montage | Pour qui ? | Atout principal | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Cession directe | 1 à 3 salariés, petite structure | Simplicité et rapidité | Financement personnel limité |
| Holding de reprise (LBO) | Équipe de cadres motivés | Finance une valorisation plus élevée | Endettement, fin du régime RES en 2026 |
| SCOP / SCOP d’amorçage | Collectif large de salariés | Gouvernance partagée, reprise progressive | Règles coopératives (1 associé = 1 voix) |
💡 Le savoir-clé : le montage n’est pas figé. Une cession partielle aujourd’hui, complétée par un crédit-vendeur ou une seconde étape dans quelques années, permet souvent de concilier prix, fiscalité et capacité de remboursement.
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Exonérations et fiscalité de la reprise interne en 2026
La loi de finances 2026 a redistribué les cartes. Certains avantages historiques ont disparu, d’autres restent pleinement mobilisables. Voici l’état du droit à la date de publication.
L’abattement de 500 000 € sur les droits d’enregistrement
L’article 732 ter du CGI prévoit un abattement de 500 000 € sur la valeur du fonds ou de la clientèle cédé à un salarié. Conditions : un CDI (ou un contrat d’apprentissage) en cours depuis au moins deux ans, et l’engagement de poursuivre l’exploitation pendant cinq ans. Le montant est passé de 300 000 à 500 000 € pour les rachats réalisés depuis le 1er janvier 2024.
La fin du régime RES et de l’exonération des holdings
Le crédit d’impôt en faveur des holdings de rachat par les salariés (article 220 nonies du CGI) ne s’applique plus aux opérations réalisées après le 31 décembre 2022. Et la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a abrogé l’article 732 bis, qui exonérait de droits d’enregistrement certaines acquisitions de titres par une holding de reprise.
⚠️ Point de vigilance : depuis 2026, le rachat de titres par une holding de reprise supporte les droits de droit commun (0,1 % pour des actions, 3 % après abattement pour des parts sociales). Intégrez ce coût dès le plan de financement.
Côté cédant : l’abattement retraite sur la plus-value
Si vous cédez vos titres en partant à la retraite, l’abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value (article 150-0 D ter du CGI) reste applicable jusqu’au 31 décembre 2031. Il réduit l’impôt sur le revenu, mais pas les prélèvements sociaux, qui restent dus.
| Dispositif | Bénéficiaire | Statut en 2026 |
|---|---|---|
| Abattement 500 000 € sur droits (art. 732 ter CGI) | Salarié acquéreur d’un fonds ou d’une clientèle | ✅ En vigueur |
| Abattement retraite 500 000 € (art. 150-0 D ter CGI) | Dirigeant cédant ses titres | ✅ En vigueur jusqu’au 31/12/2031 |
| Crédit d’impôt RES (art. 220 nonies CGI) | Holding de reprise des salariés | ❌ Opérations jusqu’au 31/12/2022 seulement |
| Exonération de droits des holdings (art. 732 bis CGI) | Holding de reprise | ❌ Abrogée par la loi de finances 2026 |
| Pacte Papin | Cédants et salariés repreneurs | ⏳ Annoncé, non voté (PLF 2027) |
Pour les droits applicables à la cession d’un fonds, la fiche officielle Cession de l’entreprise individuelle aux salariés détaille le barème et l’abattement.
Pacte Papin : ce qui pourrait changer en 2027

Le 9 septembre 2026, le Premier ministre a annoncé un « pacte Papin » pour encourager la transmission aux salariés. L’ambition : faire pour la vente aux salariés ce que le pacte Dutreil fait pour la transmission familiale. Les mesures évoquées :
- Droits d’enregistrement réduits : de 3 % à 0,1 % sur l’acquisition de titres par les salariés.
- Abattement retraite doublé : porté à 1 million d’euros en cas de transmission aux salariés.
- Étalement de l’impôt sur la plus-value lorsque le cédant consent un crédit-vendeur.
- Suramortissement : un avantage fiscal renforcé pour les petites entreprises reprises, dont les contours restent à préciser.
⚠️ Point de vigilance : à fin septembre 2026, rien n’est voté. Ces mesures doivent être inscrites au projet de loi de finances pour 2027 et peuvent évoluer pendant les débats. Ne décalez pas un projet mûr sur la seule foi d’une annonce.
✅ Bonne pratique : si votre cession est prévue pour 2027, préparez-la dès maintenant (évaluation, repreneurs, financement) et arbitrez la date de signature une fois le texte définitif publié.
Financer un rachat par les salariés

Le financement est le nerf de la reprise interne. Un salarié n’a pas l’apport d’un investisseur : il faut donc empiler plusieurs sources. Voici comment financer un rachat par les salariés de façon réaliste.
Apport personnel et épargne salariale
L’apport reste la base du dossier bancaire. L’épargne salariale peut y contribuer : la création ou la reprise d’une entreprise figure parmi les cas de déblocage anticipé du PEE. Certains montages recourent aussi à un fonds commun de placement d’entreprise dédié à la reprise.
Le crédit-vendeur, levier du cédant
En acceptant d’être payé en partie à terme, vous comblez l’écart entre le prix et la capacité d’emprunt des repreneurs. Le crédit-vendeur rassure aussi les banques : il montre que le cédant croit au projet.
Banque, Bpifrance et prêts d’honneur
La dette bancaire finance généralement l’essentiel du prix. Bpifrance propose des prêts et des garanties dédiés à la transmission, qui facilitent l’accord de la banque. Les réseaux comme Initiative France ou Réseau Entreprendre accordent des prêts d’honneur personnels à taux zéro, qui renforcent l’apport.
| Source de financement | Rôle dans le plan | À savoir |
|---|---|---|
| Apport personnel / épargne salariale | Socle du dossier | Déblocage anticipé possible pour une reprise |
| Prêt d’honneur | Renforce les fonds propres du repreneur | Personnel, sans intérêts ni garantie |
| Crédit-vendeur | Comble l’écart de prix | À sécuriser (garanties, clauses d’exigibilité) |
| Prêt bancaire | Finance la majeure partie du prix | Souvent adossé à une garantie Bpifrance |
| Aides régionales (SCOP) | Complément en reprise coopérative | Selon les territoires, via les unions régionales des Scop |
💡 Le savoir-clé : un plan de financement crédible part de la capacité de remboursement réelle de l’entreprise, pas du prix souhaité. C’est la trésorerie future qui rembourse la dette d’acquisition.
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Vendre à ses salariés : la méthode étape par étape

Une transmission interne réussie se prépare sur 18 à 36 mois. Voici la trame que nous suivons avec nos clients cédants.
Informer les salariés : les règles depuis juillet 2026
La loi Hamon impose d’informer les salariés d’un projet de cession du fonds de commerce ou de plus de 50 % des titres, pour leur permettre de présenter une offre. La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique a allégé ce dispositif pour les cessions conclues depuis fin juillet 2026.
- Délai ramené à 1 mois avant la cession, contre 2 mois auparavant.
- Entreprises de moins de 50 salariés : l’information individuelle reste obligatoire.
- 50 salariés et plus dotées d’un CSE : seul le CSE est informé et consulté.
- Amende civile plafonnée à 0,5 % du prix de vente, contre 2 % auparavant. La vente, elle, n’est pas annulée.
💡 Le savoir-clé : même quand vous avez déjà choisi vos repreneurs internes, l’information des autres salariés reste due. Elle s’effectue par tout moyen donnant date certaine à la réception, comme le rappelle Bpifrance Création.
Évaluer, structurer, négocier
Le prix doit être juste pour vous et finançable pour eux. Une évaluation indépendante évite les malentendus. Elle sert ensuite de base au montage juridique et au plan de financement. Nos équipes juridiques rédigent protocole, pacte d’associés et garantie d’actif et de passif.
Organiser la transition
Prévoyez une période d’accompagnement : présentation aux clients clés, passation des relations bancaires, formation à la gestion. Un contrat de consultant ou un mandat transitoire sécurise ce passage de relais.
- ☐ J-36 à J-24 mois : identifier et sonder les repreneurs potentiels.
- ☐ J-24 à J-12 mois : faire évaluer l’entreprise et choisir le montage.
- ☐ J-12 à J-6 mois : construire le plan de financement, rencontrer banques et Bpifrance.
- ☐ J-6 à J-1 mois : négocier le protocole et informer les salariés ou le CSE.
- ☐ Après la cession : accompagner la transition et suivre le crédit-vendeur.
Dans une reprise interne, le plus dur n’est pas de trouver le repreneur, c’est de lui donner les moyens de racheter. Le cédant qui s’implique dans le financement vend mieux et plus sereinement.
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Transmettre à ceux qui ont bâti l’entreprise avec vous
Vendre à ses salariés, c’est choisir la continuité. En 2026, la fiscalité de la reprise interne s’appuie sur deux piliers solides : l’abattement de 500 000 € sur les droits et l’abattement retraite du cédant. Le reste se joue sur le montage, le financement et le calendrier, avec un pacte Papin à surveiller pour 2027.
Depuis 1944, Extencia accompagne les dirigeants à chaque étape de la vie de leur entreprise. Extencia Finance accompagne votre transmission interne : évaluation, montage, plan de financement et sécurisation juridique, avec l’appui de nos 12 implantations. Un expert-comptable spécialisé en cession fait souvent la différence entre une bonne intention et une transmission réussie.
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Questions fréquentes sur la vente d’une entreprise à ses salariés
Comment céder son entreprise à ses salariés ?
Trois voies existent : la cession directe du fonds ou des titres à un ou plusieurs salariés, le rachat par une holding de reprise créée par les salariés, ou la transformation en SCOP. Le choix dépend du nombre de repreneurs, de la valorisation et de leur capacité de financement. Dans tous les cas, il faut faire évaluer l’entreprise, bâtir un plan de financement et respecter l’obligation d’information des salariés.
Quels sont les avantages de la reprise interne pour le cédant ?
La reprise interne assure la continuité de l’activité, des emplois et de la relation client. Elle limite la diffusion d’informations confidentielles à des concurrents et permet une transition progressive. Sur le plan fiscal, le salarié acquéreur d’un fonds peut bénéficier d’un abattement de 500 000 € sur les droits d’enregistrement, et le cédant partant à la retraite peut profiter de l’abattement de 500 000 € sur sa plus-value.
Le crédit d’impôt pour rachat d’une entreprise par ses salariés existe-t-il encore ?
Non. Le crédit d’impôt prévu par l’article 220 nonies du CGI ne concerne que les rachats réalisés jusqu’au 31 décembre 2022. La loi de finances pour 2026 a en outre abrogé l’article 732 bis, qui exonérait certaines holdings de reprise de droits d’enregistrement. Le pacte Papin annoncé en septembre 2026 pourrait réintroduire des avantages, mais il n’est pas encore voté.
Comment financer un rachat par les salariés ?
Le financement combine généralement plusieurs sources : apport personnel, épargne salariale débloquée par anticipation, prêts d’honneur à taux zéro, crédit-vendeur consenti par le cédant et prêt bancaire, souvent garanti par Bpifrance. Le plan doit partir de la capacité de remboursement réelle de l’entreprise. Un expert-comptable aide à le dimensionner et à le présenter aux financeurs.
Faut-il informer tous les salariés en cas de vente à l’un d’entre eux ?
Oui, dans les entreprises de moins de 50 salariés, l’information préalable reste obligatoire même si un repreneur interne est déjà identifié. Depuis fin juillet 2026, elle doit intervenir au moins un mois avant la cession. Dans les entreprises de 50 salariés et plus dotées d’un CSE, c’est le CSE qui est informé et consulté. Le défaut d’information expose à une amende civile plafonnée à 0,5 % du prix.
Qu’est-ce qu’une SCOP d’amorçage ?
La SCOP d’amorçage est un statut transitoire créé par la loi ESS de 2014. Il permet aux salariés de reprendre l’entreprise en SCOP sans détenir immédiatement la majorité du capital. Ils disposent de sept ans pour devenir majoritaires, les associés non coopérateurs s’engageant à leur céder progressivement leurs titres. Faute de respecter ce délai, les avantages fiscaux obtenus sont repris.
Que change le pacte Papin pour la transmission aux salariés ?
Le pacte Papin, annoncé le 9 septembre 2026, prévoit notamment de ramener les droits d’enregistrement sur les titres de 3 % à 0,1 %, de doubler l’abattement retraite à 1 million d’euros en cas de transmission aux salariés et d’étaler l’impôt sur la plus-value en cas de crédit-vendeur. Ces mesures doivent être inscrites au projet de loi de finances pour 2027. Tant que le texte n’est pas voté, elles restent des annonces.
⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en septembre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.



