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🔍 L’article en bref
- Abattement de 500 000 € sur la plus-value de cession de titres pour le dirigeant partant à la retraite (art. 150-0 D ter).
- Prolongé jusqu’au 31 décembre 2031 par la loi de finances pour 2025.
- Conditions strictes : 5 ans de direction, 25 % des droits, PME à l’IS, retraite dans les 2 ans autour de la cession.
- Le piège n°1 : l’abattement ne réduit que l’impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux.
- Prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026 sur la plus-value brute, avant abattement (hausse de la CSG).
- 600 000 € d’abattement en cas de cession à un jeune agriculteur depuis 2025.
- À anticiper 18 à 24 mois avant la cession pour sécuriser l’éligibilité et le calendrier.
Chaque année, des milliers de dirigeants de PME françaises cèdent leur entreprise pour partir à la retraite. Pour beaucoup, cette cession représente le capital d’une vie de travail. Et pourtant, la fiscalité peut absorber une part considérable du prix de vente si rien n’est anticipé.
Bonne nouvelle : l’abattement départ retraite de 500 000 € reste en vigueur, et a même été prolongé jusqu’au 31 décembre 2031. Mauvaise nouvelle : ce dispositif ne fait pas ce que beaucoup de cédants croient. Il allège l’impôt sur le revenu, mais laisse intacte une autre ligne, plus lourde que jamais en 2026.
Voici comment fonctionne réellement cet avantage, à quelles conditions vous y avez droit, et surtout comment structurer votre cession pour ne pas laisser filer des dizaines de milliers d’euros.
Un abattement de 500 000 €, prolongé jusqu’en 2031

L’abattement fixe de 500 000 € est prévu par l’article 150-0 D ter du Code général des impôts. Il s’applique à la plus-value réalisée lors de la cession de titres d’une PME par un dirigeant qui fait valoir ses droits à la retraite.
Concrètement, il vient réduire de 500 000 € la plus-value soumise à l’impôt sur le revenu. Initialement prévu pour les cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2024, il a été prorogé par la loi de finances pour 2025 jusqu’au 31 décembre 2031. Vous disposez donc de plusieurs années pour préparer sereinement votre opération.
💡 Le savoir-clé : l’abattement de 500 000 € est un abattement fixe, pas un pourcentage. Il s’impute sur la plus-value quel que soit son montant, mais une seule fois par cédant, tous dispositifs confondus.
Ce dispositif s’inscrit dans une palette d’outils fiscaux mobilisables lors d’une transmission. Il se combine ou s’oppose, selon les cas, à d’autres leviers comme le report d’imposition de l’apport-cession ou le pacte Dutreil. Un arbitrage qui relève d’un accompagnement en cession-acquisition d’entreprise dédié.
| Caractéristique | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Nature | Abattement fixe de 500 000 € |
| Base concernée | Plus-value de cession de titres (impôt sur le revenu uniquement) |
| Fondement | Article 150-0 D ter du CGI |
| Fenêtre d’application | Cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2031 |
| Bénéficiaire | Dirigeant de PME partant à la retraite |
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Les conditions à réunir, sans la moindre exception
Le dispositif est généreux, mais l’administration fiscale ne transige pas sur ses conditions. Un seul critère manquant, et l’abattement tombe intégralement. Il faut donc les vérifier une à une, très en amont de la cession.
Les conditions tenant au dirigeant
- Fonctions de direction : avoir exercé une fonction de direction effective de façon continue pendant les 5 années précédant la cession.
- Seuil de détention : avoir détenu, seul ou en famille, au moins 25 % des droits de vote ou des droits financiers pendant ces 5 années.
- Cessation des fonctions : cesser toute fonction dans la société cédée.
- Départ à la retraite : faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans précédant ou suivant la cession.
Les conditions tenant à la société et aux titres
La société doit répondre à la définition européenne de la PME : moins de 250 salariés, et un chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ ou un total de bilan inférieur à 43 M€. Elle doit être soumise à l’impôt sur les sociétés et avoir exercé une activité opérationnelle de manière continue durant les 5 ans précédant la vente. Enfin, les titres cédés doivent avoir été détenus depuis au moins un an.
⚠️ Point de vigilance : le cédant ne doit pas détenir, directement ou indirectement, plus de 1 % du capital de la société qui rachète les titres. Un intérêt conservé dans la structure cessionnaire peut suffire à faire perdre l’abattement.
| Condition | Exigence précise |
|---|---|
| Direction | Continue pendant les 5 ans avant la cession |
| Participation | ≥ 25 % des droits (avec le groupe familial) |
| Retraite | Droits liquidés dans les 24 mois autour de la cession |
| Taille société | PME : < 250 salariés, CA < 50 M€ ou bilan < 43 M€ |
| Régime fiscal | Société soumise à l’IS, activité opérationnelle |
| Détention des titres | ≥ 1 an |
Ces critères concernent aussi bien les commerçants que les professions libérales exerçant en société soumise à l’IS. La qualification de la fonction de direction et le calcul du seuil de 25 % méritent une vérification au cas par cas.
Le piège des prélèvements sociaux : 18,6 % sur la plus-value brute

C’est le point que la plupart des cédants découvrent trop tard. L’abattement de 500 000 € ne réduit que l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, se calculent sur la plus-value brute, avant tout abattement.
Et ce point pèse plus lourd en 2026. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus du capital de 1,4 point. Résultat : les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 %, et le prélèvement forfaitaire unique (PFU) grimpe de 30 % à 31,4 %.
📊 18,6 % : c’est le taux des prélèvements sociaux applicable en 2026 sur l’intégralité de la plus-value, que vous bénéficiiez ou non de l’abattement de 500 000 €.
Prenons un exemple concret. Un dirigeant cède les titres de sa PME et réalise une plus-value de 900 000 €. Il remplit toutes les conditions de l’article 150-0 D ter et opte pour le PFU.
| Étape de calcul | Montant |
|---|---|
| Plus-value réalisée | 900 000 € |
| Abattement fixe (IR uniquement) | − 500 000 € |
| Base imposable à l’impôt sur le revenu | 400 000 € |
| Impôt sur le revenu au PFU (12,8 %) | 51 200 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 % × 900 000 €) | 167 400 € |
| Total à payer (hors CEHR) | 218 600 € |
L’abattement fait ici économiser 64 000 € d’impôt sur le revenu (500 000 € × 12,8 %). Un gain réel, mais à relativiser : les 167 400 € de prélèvements sociaux, eux, ne bougent pas d’un euro. Sans anticipation, le cédant croit souvent que l’abattement « efface » la fiscalité — la réalité est plus nuancée.
⚠️ Point de vigilance : à ces montants peut s’ajouter la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), de 3 à 4 %, dès que le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple). Une cession importante déclenche presque toujours cette contribution.
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PFU ou barème progressif : quelle imposition choisir ?
Sur l’impôt sur le revenu, vous avez le choix entre le PFU à 12,8 % et l’option pour le barème progressif. Ce choix, exprimé via la case 2OP de la déclaration, est global : il s’applique à l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année.
L’option pour le barème ouvre deux avantages que le PFU ne permet pas. D’abord, une fraction de CSG déductible de 6,8 % l’année suivante. Ensuite, pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018, la possibilité d’appliquer un abattement pour durée de détention sur la fraction de plus-value excédant les 500 000 €.
| Critère | PFU (31,4 %) | Barème progressif |
|---|---|---|
| Taux IR | 12,8 % forfaitaire | Jusqu’à 45 % |
| Abattement 500 000 € | Oui | Oui |
| Abattement durée de détention (titres avant 2018) | Non | Oui, sur la fraction > 500 000 € |
| CSG déductible (6,8 %) | Non | Oui |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 18,6 % |
✅ Bonne pratique : pour des titres anciens (détenus depuis plus de 8 ans, acquis avant 2018), le barème couplé à l’abattement renforcé peut battre le PFU. Faites simuler les deux scénarios avant de cocher la case 2OP.
Il n’existe pas de réponse universelle : le bon régime dépend de la date d’acquisition des titres, du montant de la plus-value et de votre taux marginal d’imposition. C’est exactement le type d’arbitrage qu’un accompagnement en conseil juridique et fiscal permet de sécuriser.
Anticiper : le calendrier des 24 mois

La condition la plus délicate à gérer est temporelle. Le départ à la retraite et la cessation des fonctions doivent intervenir dans une fenêtre de 2 ans autour de la cession. Un décalage de calendrier, et l’abattement est perdu.
La préparation d’une cession-retraite se pense idéalement 18 à 24 mois à l’avance. Ce délai permet de vérifier l’éligibilité, de fiabiliser l’évaluation de l’entreprise et de coordonner la liquidation des droits à la retraite avec la signature de l’acte.
- 18-24 mois avant : audit d’éligibilité (direction, seuil de 25 %, statut PME), valorisation de l’entreprise.
- 12 mois avant : arbitrage PFU / barème, articulation avec les autres dispositifs, préparation des démarches retraite.
- Signature de la cession : cessation effective des fonctions dirigeantes.
- Dans les 24 mois : liquidation des droits à la retraite et cessation de toute activité dans la société.
⚠️ Point de vigilance : la date de liquidation des droits à la retraite est fixée par les caisses, pas par vous. Anticipez les délais d’instruction pour rester dans la fenêtre des 2 ans.
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Cas particuliers et articulation avec les autres dispositifs

L’abattement de 500 000 € ne vit pas isolé. Plusieurs situations spécifiques modifient son application ou son intérêt.
La cession à un jeune agriculteur
Depuis le 1er janvier 2025, lorsque la cession est réalisée au profit d’un jeune agriculteur bénéficiaire des aides à l’installation, le montant de l’abattement fixe est porté à 600 000 €. Un coup de pouce ciblé pour la transmission des exploitations.
Concurrence avec les autres régimes
Selon la structure de l’opération, d’autres dispositifs peuvent être plus avantageux ou complémentaires : l’exonération de l’article 238 quindecies pour les cessions de faible valeur, le report d’imposition de l’apport-cession (article 150-0 B ter) ou le pacte Dutreil pour une transmission familiale. Chacun obéit à sa propre logique.
| Situation | Dispositif à examiner |
|---|---|
| Départ à la retraite du dirigeant | Abattement fixe 500 000 € (150-0 D ter) |
| Cession à un jeune agriculteur | Abattement porté à 600 000 € |
| Transmission familiale | Pacte Dutreil |
| Réinvestissement du produit de cession | Apport-cession (150-0 B ter) |
| Petite entreprise (valeur modérée) | Exonération 238 quindecies |
💡 Le savoir-clé : ces dispositifs ne sont pas toujours cumulables. Le bon montage se décide en amont, en fonction de votre projet patrimonial et de la façon dont vous comptez employer le prix de vente.
Nos équipes en expertise comptable et cession accompagnent chaque année des dirigeants, de la région bordelaise à Lyon, dans ces arbitrages décisifs.
Votre départ à la retraite mérite une stratégie, pas une surprise fiscale
L’abattement de 500 000 € est un levier puissant, prolongé jusqu’en 2031. Mais il ne dispense ni d’une vérification rigoureuse des conditions, ni d’une anticipation du calendrier, ni d’une lecture lucide des prélèvements sociaux à 18,6 %. Bien piloté, il peut faire économiser des dizaines de milliers d’euros. Mal préparé, il laisse passer l’essentiel.
Depuis 1944, Extencia accompagne les entrepreneurs à chaque étape de la vie de leur entreprise, jusqu’à sa transmission. Nos spécialistes de la cession-acquisition construisent avec vous une stratégie fiscale sur mesure, chiffrée et sécurisée.
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Questions fréquentes sur l’abattement départ retraite
Quelles sont les conditions de l’abattement de 500 000 € pour un départ à la retraite ?
Le dirigeant doit avoir exercé une fonction de direction et détenu au moins 25 % des droits de manière continue pendant les 5 ans précédant la cession. La société doit être une PME soumise à l’impôt sur les sociétés. Enfin, le cédant doit cesser ses fonctions et faire valoir ses droits à la retraite dans les 2 ans autour de la cession. Les titres doivent être détenus depuis au moins un an.
L’abattement de 500 000 € s’applique-t-il aux prélèvements sociaux ?
Non. L’abattement fixe de 500 000 € réduit uniquement l’assiette de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, se calculent sur la plus-value brute, avant tout abattement. C’est le principal point de vigilance du dispositif.
Doit-on payer la CSG sur la plus-value après l’abattement ?
Oui. La CSG fait partie des prélèvements sociaux, qui s’appliquent sur la totalité de la plus-value, sans bénéficier de l’abattement de 500 000 €. En 2026, ces prélèvements sociaux atteignent 18,6 % en raison de la hausse de la CSG. Seule une option pour le barème progressif permet de déduire une fraction de CSG de 6,8 % l’année suivante.
Jusqu’à quand l’abattement départ retraite du dirigeant est-il prolongé ?
L’abattement fixe de 500 000 € prévu par l’article 150-0 D ter s’applique aux cessions réalisées jusqu’au 31 décembre 2031. Ce dispositif, initialement prévu jusqu’à fin 2024, a été prorogé par la loi de finances pour 2025. Les dirigeants disposent donc de plusieurs années pour préparer leur opération.
Quel est le délai entre la cession et le départ à la retraite ?
Le dirigeant doit cesser ses fonctions et faire valoir ses droits à la retraite dans un délai de 2 ans avant ou après la cession. Ce délai est impératif : un décalage de calendrier entraîne la perte de l’abattement. Il est donc essentiel d’anticiper les délais d’instruction des caisses de retraite.
Peut-on cumuler l’abattement de 500 000 € avec l’abattement pour durée de détention ?
En principe, non, sauf pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018. Dans ce cas, et uniquement si le cédant opte pour le barème progressif, un abattement pour durée de détention peut s’appliquer sur la fraction de plus-value excédant les 500 000 €. Une simulation des deux régimes (PFU et barème) est recommandée avant de choisir.
Quel taux de prélèvements sociaux s’applique en 2026 sur une plus-value de cession ?
En 2026, les prélèvements sociaux sur les plus-values de cession de valeurs mobilières s’élèvent à 18,6 %, contre 17,2 % auparavant. Cette hausse résulte de l’augmentation de 1,4 point de la CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le prélèvement forfaitaire unique global passe ainsi de 30 % à 31,4 %.



