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Mis à jour en octobre 2026
Le 30 juillet 2026, le code de déontologie médicale a été largement réécrit. Parmi les articles modifiés figurent ceux qui encadrent le remplacement, l’installation après un remplacement et les contrats passés entre médecins. Pour le jeune thésé qui hésite entre enchaîner les remplacements et devenir médecin collaborateur, comme pour le titulaire qui cherche du renfort, le cadre n’est plus tout à fait celui d’hier.
La réponse courte : le médecin remplaçant exerce à la place d’un confrère absent, de façon temporaire, sous la situation conventionnelle de ce dernier, et perçoit une rétrocession d’honoraires. Le médecin collaborateur libéral exerce aux côtés du titulaire, en son nom propre, peut se constituer sa propre patientèle et lui verse une redevance de collaboration pour les moyens mis à sa disposition. Les deux relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC), mais pas sur la même base : c’est souvent ce qui fait basculer le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée.
Ce comparatif détaille ce que la réforme de 2026 change, les clauses du contrat à vérifier, le circuit de l’argent (rétrocession, redevance, TVA), la fiscalité et les cotisations URSSAF et CARMF, avec deux exemples chiffrés.
🔍 L’article en bref
- Deux statuts distincts : le remplaçant exerce à la place d’un confrère absent, le médecin collaborateur libéral exerce à ses côtés, en toute indépendance.
- Réforme du 30 juillet 2026 : le remplacé doit cesser toute activité médicale et la clause de non-réinstallation devient une option du contrat.
- Contrat écrit obligatoire dans les deux cas, communiqué au conseil départemental de l’Ordre ; pour la collaboration, cinq mentions sont exigées à peine de nullité.
- Rétrocession et redevance : la part qui rémunère des soins est exonérée de TVA, la redevance pour mise à disposition de locaux est en principe taxable.
- Micro-BNC jusqu’à 83 600 € de recettes en 2026, avec un abattement de 34 % : adapté au remplaçant aux frais limités, rarement au collaborateur qui paie une redevance.
- CARMF obligatoire pour toute activité libérale, avec une dispense possible pour le remplaçant aux revenus modestes ; offre simplifiée URSSAF réservée aux remplaçants.
- Convention médicale : le remplaçant adopte la situation du remplacé, le collaborateur adhère personnellement et choisit son secteur.
Remplaçant ou médecin collaborateur : deux statuts, deux logiques

Remplaçant et collaborateur partagent un point commun : ils exercent en libéral dans un cabinet qui n’est pas le leur. Tout le reste les sépare, à commencer par la présence ou non du titulaire.
Le remplaçant : exercer à la place d’un confrère
L’article R4127-65 du code de la santé publique pose le principe : un médecin ne peut se faire remplacer « que temporairement », par un confrère inscrit au tableau de l’Ordre ou par un étudiant remplissant les conditions de l’article L4131-2. Le remplacement est personnel, et le médecin remplacé informe au préalable le conseil départemental de l’Ordre des nom et qualité du remplaçant, des dates et de la durée (code de déontologie médicale, édition juillet 2026).
L’étudiant non thésé doit détenir une licence de remplacement délivrée par l’Ordre, sous conditions de formation qui varient selon la spécialité. Le médecin thésé, lui, remplace sur la base de son inscription au tableau.
Côté Assurance maladie, le remplaçant n’adhère pas en propre à la convention. Il adopte la situation du remplacé, notamment son secteur, et son activité est assimilée à celle du remplacé pour la facturation. Il facture avec sa propre carte CPS, dans une session de remplacement ouverte par le remplacé sur son poste (ameli.fr).
Le collaborateur libéral : exercer aux côtés du titulaire
Le contrat de collaboration médecin repose sur l’article 18 de la loi n° 2005-882 du 2 août 2005, auquel renvoie l’article R4127-87 du code de la santé publique. Le collaborateur exerce la même profession auprès d’un autre professionnel, « en toute indépendance, sans lien de subordination ». Il peut compléter sa formation et se constituer une clientèle personnelle. Il relève du statut social et fiscal du professionnel libéral.
La convention médicale 2024 en tire les conséquences : le collaborateur libéral y adhère personnellement, se fait enregistrer auprès de sa caisse, obtient son propre identifiant de facturation et conserve le choix de son secteur d’exercice.
| Critère | Médecin remplaçant | Médecin collaborateur libéral |
|---|---|---|
| Base juridique | Art. R4127-65 du code de la santé publique | Art. 18 de la loi du 2 août 2005 et art. R4127-87 |
| Présence du titulaire | Absent : il cesse toute activité médicale | Présent : les deux exercent en même temps |
| Durée | Temporaire, liée à l’indisponibilité du remplacé | Déterminée ou indéterminée, fixée au contrat |
| Patientèle | Celle du remplacé | Celle du cabinet et sa patientèle personnelle |
| Convention médicale | Adopte la situation du remplacé | Adhère personnellement, choisit son secteur |
| Flux financier | Reçoit une rétrocession du remplacé | Verse une redevance au titulaire |
| Imposition | BNC | BNC |
💡 Le savoir-clé : remplacer n’est pas collaborer. Des remplacements répétés sans absence réelle du titulaire peuvent glisser vers la « tenue du cabinet par un confrère », interdite par l’article R4127-89, sauf autorisation temporaire du conseil départemental en cas de décès ou de problème de santé sérieux du titulaire.
Et le médecin adjoint ?
Troisième voie, l’article R4127-88 permet à un médecin d’être assisté par un confrère, sur autorisation du conseil départemental, lorsque les besoins de la santé publique l’exigent ou que son état de santé le justifie. Depuis la réforme de 2026, l’autorisation vaut pour six mois au plus, renouvelables, contre trois auparavant ; le silence gardé deux mois par le conseil vaut acceptation.
Code de déontologie 2026 : ce qui change pour le remplacement
Le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026, publié au Journal officiel du 29 juillet, est entré en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 30 juillet 2026. Plusieurs de ses articles touchent directement les remplaçants, les collaborateurs et les titulaires qui les accueillent (texte consolidé publié par le Conseil national de l’Ordre).
- Cessation d’activité du remplacé : il doit désormais cesser « toute activité médicale » pendant le remplacement, et non plus seulement son activité libérale. Une dérogation reste possible, accordée par le conseil départemental du lieu d’exercice en cas de carence ou d’insuffisance de l’offre de soins.
- Installation après remplacement : l’article R4127-86 ne pose plus d’interdiction automatique. Le contrat de remplacement « peut prévoir » une clause de non-réinstallation.
- Contrats entre médecins : l’article R4127-91, réécrit, impose l’écrit pour le remplacement, la collaboration, l’adjoint et le salariat par un confrère, et organise leur communication au conseil départemental.
- Médecin adjoint : autorisation portée à six mois renouvelables.
- Cabinet d’un confrère décédé ou empêché : sa tenue peut être autorisée six mois renouvelables, dans la limite de trois ans.
La nouvelle rédaction de l’installation après remplacement mérite d’être lue telle quelle :
« Le contrat de remplacement conclu entre un médecin remplacé et un médecin ou un étudiant remplaçant peut prévoir une clause de non-réinstallation. Si, en dépit de cette clause, le remplaçant entend s’installer dans un cabinet où il est susceptible d’entrer en concurrence directe avec le médecin remplacé, il doit obtenir l’accord de celui-ci, ou à défaut, l’autorisation du conseil départemental de l’ordre. » — Article R4127-86 du code de la santé publique, rédaction issue du décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026
⚠️ Point de vigilance : la protection du titulaire n’est plus automatique. S’il souhaite éviter qu’un ancien remplaçant s’installe en concurrence directe, la clause doit figurer noir sur blanc dans le contrat, avec un périmètre et une durée raisonnables.
Pour le remplaçant, la lecture est symétrique : avant de signer, il vérifie si une telle clause existe et quelle zone elle couvre, surtout s’il envisage de s’installer dans le secteur. Ce point pèse autant que le taux de rétrocession dans la décision.
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Contrat de remplacement ou de collaboration : les clauses à vérifier

Dans les deux cas, l’écrit est obligatoire : l’article R4127-91 l’impose pour le remplacement comme pour la collaboration. Les contrats et leurs avenants sont communiqués au conseil départemental de l’Ordre, qui vérifie leur conformité aux règles de la profession. L’élaboration du contrat tient compte des clauses essentielles des contrats types établis par le Conseil national de l’Ordre.
Le contrat de remplacement
Le contrat de remplacement fixe le cadre d’une mission courte, mais il conditionne tout le reste : rémunération, responsabilité, installation future. Le remplaçant exerce sous sa propre responsabilité et souscrit sa propre assurance responsabilité civile professionnelle.
- Identité et qualité du remplaçant (thésé inscrit au tableau ou étudiant titulaire d’une licence).
- Dates et durée du remplacement, limitées à l’indisponibilité du remplacé.
- Taux de rétrocession et modalités de versement (délai, justificatifs, sort des actes encaissés après la fin du remplacement).
- Clause de non-réinstallation éventuelle, avec son périmètre et sa durée.
- Assurance RCP du remplaçant et organisation de la continuité des soins à la fin de la mission.
Le contrat de collaboration libérale : cinq mentions obligatoires
Pour le collaborateur, la loi est plus exigeante. Le contrat doit, à peine de nullité, être établi par écrit et préciser cinq éléments (article 18, III de la loi du 2 août 2005).
| Mention obligatoire | Ce qu’il faut vérifier en pratique |
|---|---|
| 1. Durée, déterminée ou indéterminée | Terme, conditions de renouvellement, période d’essai éventuelle |
| 2. Modalités de la rémunération | Assiette et taux de la redevance, montant HT ou TTC, date de paiement |
| 3. Conditions d’exercice, dont la patientèle personnelle | Jours et plages, locaux, secrétariat, matériel, liberté de développer sa patientèle |
| 4. Conditions et modalités de rupture, dont un préavis | Durée du préavis, cas de rupture, sort de la patientèle personnelle |
| 5. Modalités de suspension | Maladie, maternité, paternité, adoption : maintien ou non de la redevance pendant la suspension |
Deux risques de requalification à garder en tête
- Côté remplacement : un remplacement régulier sans absence réelle du titulaire peut être regardé comme une tenue de cabinet par un confrère, interdite par l’article R4127-89.
- Côté collaboration : des horaires imposés, l’absence de patientèle personnelle ou des directives sur la manière d’exercer contredisent l’exigence d’indépendance « sans lien de subordination » et exposent à une requalification en salariat.
✅ Bonne pratique : transmettez le projet de contrat au conseil départemental avant de signer. L’article R4127-91 prévoit que l’Ordre fait connaître ses observations dans un délai d’un mois, ce qui sécurise les clauses sensibles (redevance, non-réinstallation, préavis).
La rédaction du contrat est l’étape où se joue l’essentiel de l’équilibre économique. Notre pôle juridique vous accompagne dans sa relecture.
Rétrocession et redevance : suivre le circuit de l’argent

Rétrocession et redevance sont souvent confondues, y compris dans les annonces. Elles circulent pourtant en sens inverse et n’ont pas le même traitement fiscal.
La rétrocession d’honoraires du remplaçant
Pendant le remplacement, les honoraires sont en principe encaissés par le médecin remplacé, puisque l’activité du remplaçant est assimilée à la sienne pour la facturation. Le remplacé reverse ensuite un pourcentage au remplaçant : c’est la rétrocession d’honoraires. La part qu’il conserve correspond à une redevance couvrant ses frais de fonctionnement, locaux et installations (BOFiP, rescrit BOI-RES-TVA-000056).
Aucun barème officiel ne fixe le taux : il est librement négocié entre les deux médecins et doit figurer au contrat.
La redevance de collaboration
Le collaborateur, lui, facture ses actes sous son propre identifiant et encaisse ses honoraires. Il verse au titulaire une redevance de collaboration, contrepartie de la mise à disposition de locaux aménagés, de matériel et, le cas échéant, de secrétariat. Son assiette (pourcentage des honoraires encaissés, montant forfaitaire ou combinaison des deux) dépend entièrement du contrat.
| Flux | Remplacement | Collaboration libérale |
|---|---|---|
| Qui encaisse les honoraires | Le médecin remplacé | Le collaborateur |
| Qui reverse à qui | Le remplacé verse une rétrocession au remplaçant | Le collaborateur verse une redevance au titulaire |
| TVA sur la somme reversée pour les soins | Exonérée | Sans objet |
| TVA sur la part rémunérant locaux et matériel | En principe taxable, sauf remplacement occasionnel | En principe taxable, sauf collaboration occasionnelle |
| Recette imposable de qui | Du remplaçant, pour la rétrocession reçue | Du titulaire, pour la redevance reçue |
TVA : soins exonérés, redevance en principe taxable
Les soins dispensés par les membres des professions médicales réglementées sont exonérés de TVA, sans option possible (1° du 4 de l’article 261 du CGI). L’administration en déduit que les sommes reversées au remplaçant sont exonérées dès lors qu’elles rémunèrent des soins. En revanche, la redevance conservée par le remplacé pour la mise à disposition de ses installations et locaux est soumise à la TVA, sauf si le remplacement revêt un caractère occasionnel.
Le même raisonnement s’applique à la collaboration : une réponse ministérielle publiée au JO Sénat du 24 décembre 2020 analyse la redevance du collaborateur comme la contrepartie de la mise à disposition de locaux professionnels aménagés et de la clientèle, donc taxable, l’administration admettant l’absence de taxation lorsque la collaboration est occasionnelle. Le titulaire qui perçoit ces redevances peut toutefois bénéficier de la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI).
📊 37 500 € : seuil 2026 de la franchise en base de TVA pour les prestations de services, avec un seuil majoré de 41 250 € (service-public.fr).
⚠️ Point de vigilance : précisez au contrat si la redevance s’entend HT ou TTC. Le collaborateur, dont les soins sont exonérés, ne récupère pas la TVA qui lui serait facturée : sans précision, le coût réel de la redevance peut dépasser le taux affiché.
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Fiscalité du médecin collaborateur et du remplaçant : micro-BNC ou réel ?

Remplaçant et collaborateur sont imposés dans la catégorie des BNC. La différence tient à ce qu’ils déclarent comme recettes, et donc au régime le plus adapté.
Ce que chacun déclare
- Le remplaçant déclare en recettes les rétrocessions reçues. Corrélativement, le remplacé les exclut de ses propres recettes.
- Le collaborateur déclare la totalité des honoraires qu’il encaisse. La redevance versée au titulaire est une charge, déductible seulement au régime réel.
- Le titulaire déclare la redevance reçue en recette. S’il est le remplacé, il ne peut déduire les honoraires rétrocédés que s’ils ont été déclarés dans les conditions de l’article 240 du CGI (déclaration des honoraires versés).
Le micro-BNC en 2026 : seuil et abattement
Le micro-BNC s’applique lorsque les recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année ne dépassent pas 83 600 €, seuil fixé pour 2026, 2027 et 2028 (BOFiP, BOI-BAREME-000044). Le bénéfice imposable est alors calculé par l’administration après un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 € (service-public.fr). L’option pour la déclaration contrôlée reste possible.
📊 83 600 € : plafond de recettes du micro-BNC pour 2026 à 2028, contre 77 700 € pour 2023 à 2025 — BOFiP et service-public.fr.
L’abattement de 34 % est censé couvrir toutes les charges. Le raisonnement est donc simple : si vos charges réelles dépassent 34 % de vos recettes, la déclaration contrôlée devient plus intéressante. Et pour le collaborateur, la redevance à elle seule peut approcher ou dépasser ce niveau.
Deux exemples chiffrés
Prenons deux profils construits sur des hypothèses simples, à titre d’illustration et hors cotisations sociales, pour isoler l’effet de l’abattement. Un remplaçant perçoit 50 000 € de rétrocessions dans l’année et supporte 5 000 € de frais professionnels (RCP, déplacements, formation). Un collaborateur encaisse 80 000 € d’honoraires, verse une redevance de 30 %, soit 24 000 €, et supporte 6 000 € d’autres frais.
| Calcul | Remplaçant | Collaborateur |
|---|---|---|
| Recettes déclarées | 50 000 € | 80 000 € |
| Charges réelles | 5 000 € (10 %) | 30 000 € (37,5 %) |
| Bénéfice au micro-BNC (recettes × 66 %) | 33 000 € | 52 800 € |
| Bénéfice au réel (recettes − charges) | 45 000 € | 50 000 € |
| Régime le plus favorable | Micro-BNC | Déclaration contrôlée |
Au réel, d’autres charges, notamment les cotisations sociales, entrent dans le calcul : seule une simulation complète tranche. Mais la tendance est nette : le remplaçant aux frais limités tire parti de l’abattement, tandis que le collaborateur qui paie une redevance significative a souvent intérêt à la déclaration contrôlée.
✅ Bonne pratique : un collaborateur raisonne sur ses honoraires bruts, pas sur ce qu’il garde après redevance. C’est ce montant brut qui compte pour le seuil de 83 600 € et pour la comparaison avec l’abattement.
Pour aller plus loin sur les obligations propres au remplacement, notre guide du médecin remplaçant : droits, obligations et fiscalité détaille les démarches de démarrage et le choix du régime fiscal.
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Cotisations et conventionnement : URSSAF, CARMF et Assurance maladie

Sur le plan social, remplaçant et collaborateur sont des travailleurs indépendants. Ils cotisent auprès de l’URSSAF et de la CARMF, mais le remplaçant dispose de deux dispositifs qui lui sont propres.
La CARMF : affiliation obligatoire, avec une dispense possible pour le remplaçant
L’affiliation à la CARMF est obligatoire pour tout médecin exerçant une activité libérale, y compris en collaboration libérale ou en remplacement, et pour l’étudiant qui remplace sous licence. La déclaration se fait dans le mois qui suit le début de l’activité ; l’affiliation prend effet au premier jour du trimestre civil suivant (CARMF, Début d’exercice libéral, édition 2026).
Le remplaçant peut demander une dispense d’affiliation s’il n’est pas assujetti à la contribution économique territoriale et si son revenu net d’activité indépendante est inférieur à 15 000 €. Le même dépliant de la CARMF détaille les cotisations de début d’activité, leur calcul provisionnel et leur régularisation.
⚠️ Point de vigilance : la dispense CARMF n’est pas automatique, elle doit être demandée. Et la période couverte par la dispense n’est jamais prise en compte pour le décompte des trimestres de retraite : une économie immédiate, mais un coût différé.
L’offre simplifiée de l’URSSAF, réservée aux remplaçants
Le médecin qui exerce exclusivement en remplacement, sans autre activité indépendante, peut opter pour l’offre simplifiée de l’URSSAF (régime simplifié des professions médicales) lorsque ses honoraires de remplacement ne dépassent pas 19 000 € par an, montant apprécié avant l’abattement du micro-BNC (article D642-4-1 du code de la sécurité sociale). Au-delà de ce seuil, des cotisations complémentaires s’appliquent sur la fraction qui le dépasse (article D642-4-3), et un dépassement durable ou important fait sortir du dispositif au profit du régime de droit commun. Une seule déclaration couvre les cotisations URSSAF et CARMF. Le collaborateur, qui n’exerce pas en remplacement, relève du régime de droit commun des médecins libéraux.
| Point | Médecin remplaçant | Médecin collaborateur libéral |
|---|---|---|
| Affiliation CARMF | Obligatoire, dispense possible sous 15 000 € de revenu net (sur demande) | Obligatoire |
| URSSAF | Offre simplifiée accessible si remplacement exclusif et honoraires ≤ 19 000 € par an ; cotisations complémentaires au-delà, sortie en cas de dépassement durable | Régime de droit commun |
| Convention médicale | Pas d’adhésion propre : situation du remplacé | Adhésion personnelle, choix du secteur |
| Facturation | Sa propre CPS, dans la session de remplacement du remplacé | Son propre identifiant de facturation |
Le conventionnement, une différence souvent sous-estimée
Parce qu’il adopte la situation du remplacé, le remplaçant ne peut pas remplacer, dans le cadre conventionnel, un médecin déconventionné. Le collaborateur, à l’inverse, construit son propre parcours conventionnel. C’est aussi lui qui pourra, le moment venu, rejoindre un projet territorial comme le réseau France Santé en son nom.
Quel statut selon votre projet ?
Il n’y a pas de bon statut dans l’absolu, seulement un statut adapté à une étape de carrière ou à un besoin du cabinet.
- Vous voulez découvrir des pratiques et des territoires, garder de la mobilité et limiter vos frais : le remplacement est l’outil naturel, avec le micro-BNC et l’offre simplifiée URSSAF tant que vos recettes le permettent.
- Vous voulez construire votre patientèle sans investir dans un cabinet : la collaboration libérale vous donne un cadre durable, à condition de négocier une redevance et un préavis équilibrés.
- Vous êtes titulaire et devez couvrir des absences ponctuelles : le remplaçant, avec une clause de non-réinstallation si votre zone est concurrentielle.
- Vous êtes titulaire face à un surcroît durable d’activité : le collaborateur, en anticipant la TVA sur la redevance et la place laissée à sa patientèle personnelle.
💡 Le savoir-clé : la collaboration est souvent une étape vers l’installation. Quand le projet mûrit, les aides à l’installation des médecins en zones sous-denses changent l’équation financière.
Un statut bien choisi, une activité mieux pilotée
Remplacement et collaboration ne se distinguent pas seulement par le contrat : ils déterminent ce que vous déclarez, ce que vous cotisez et la TVA qui circule entre vous et le titulaire. La réforme du code de déontologie de juillet 2026 a déplacé une partie de la protection vers le contrat lui-même : chaque clause compte davantage.
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Questions fréquentes sur le médecin collaborateur et le remplaçant
Quelle est la différence entre un médecin remplaçant et un médecin collaborateur libéral ?
Le médecin remplaçant exerce à la place d’un confrère temporairement absent, qui doit cesser toute activité médicale pendant le remplacement. Le médecin collaborateur libéral exerce aux côtés du titulaire, en même temps que lui, dans le cadre d’un contrat de collaboration prévu par l’article 18 de la loi du 2 août 2005. Le remplaçant perçoit une rétrocession d’honoraires, tandis que le collaborateur encaisse ses honoraires et verse une redevance au titulaire. Enfin, le remplaçant adopte la situation conventionnelle du remplacé, alors que le collaborateur adhère personnellement à la convention médicale.
Un médecin remplacé peut-il continuer à exercer pendant son remplacement ?
Non, sauf dérogation. Depuis le 30 juillet 2026, l’article R4127-65 du code de la santé publique impose au médecin remplacé de cesser toute activité médicale pendant la durée du remplacement, et non plus seulement son activité libérale. Le conseil départemental de l’Ordre du lieu d’exercice peut accorder une dérogation dans l’intérêt de la population, lorsqu’il constate une carence ou une insuffisance de l’offre de soins. Si le titulaire souhaite exercer en même temps qu’un confrère de façon durable, c’est la collaboration libérale qu’il faut envisager.
La redevance de collaboration est-elle soumise à la TVA ?
En principe, oui. L’administration considère que la redevance versée par le collaborateur rémunère la mise à disposition de locaux aménagés et de moyens, et non des soins : elle n’entre donc pas dans l’exonération prévue pour les professions médicales. Une exception est admise lorsque la collaboration est occasionnelle. Le titulaire peut par ailleurs bénéficier de la franchise en base de TVA, dont le seuil 2026 est de 37 500 € pour les prestations de services. Le contrat doit préciser si la redevance s’entend hors taxes ou toutes taxes comprises.
Un médecin collaborateur peut-il opter pour le micro-BNC ?
Oui, si ses recettes de l’année précédente ou de l’avant-dernière année ne dépassent pas 83 600 €, seuil applicable de 2026 à 2028. Attention : les recettes du collaborateur correspondent à la totalité des honoraires encaissés, avant redevance. Au micro-BNC, la redevance n’est pas déductible en tant que telle, car l’abattement forfaitaire de 34 % est censé couvrir toutes les charges. Dès que la redevance et les autres frais dépassent 34 % des recettes, la déclaration contrôlée devient généralement plus avantageuse.
Qu’est-ce que la clause de non-réinstallation depuis la réforme de 2026 ?
Depuis le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026, l’article R4127-86 ne pose plus d’interdiction automatique de s’installer après un remplacement. Le contrat de remplacement peut prévoir une clause de non-réinstallation. Si elle existe et que l’ancien remplaçant veut s’installer dans un cabinet en concurrence directe avec le remplacé, il doit obtenir l’accord de celui-ci ou, à défaut, l’autorisation du conseil départemental de l’Ordre. Pour le titulaire, la protection passe donc désormais par la rédaction du contrat.
Le contrat de remplacement ou de collaboration doit-il être transmis à l’Ordre des médecins ?
Oui. L’article R4127-91 du code de la santé publique impose un contrat écrit pour le remplacement comme pour la collaboration, et prévoit la communication des contrats et avenants au conseil départemental de l’Ordre, conformément à l’article L4113-9. Le conseil vérifie leur conformité aux règles de la profession. Les projets peuvent aussi lui être soumis avant signature : il fait alors connaître ses observations dans un délai d’un mois. Le médecin remet en outre une déclaration sur l’honneur attestant l’absence de contre-lettre ou d’avenant non communiqué.
Faut-il s’affilier à la CARMF quand on fait uniquement des remplacements ?
En principe, oui : l’affiliation à la CARMF est obligatoire pour toute activité libérale, remplacements compris, avec une déclaration dans le mois qui suit le début d’activité. Le remplaçant peut toutefois demander une dispense s’il n’est pas assujetti à la contribution économique territoriale et si son revenu net d’activité indépendante est inférieur à 15 000 €. Cette dispense n’est pas automatique et la période concernée ne compte pas pour les trimestres de retraite. Le remplaçant exclusif peut aussi opter pour l’offre simplifiée de l’URSSAF lorsque ses honoraires de remplacement ne dépassent pas 19 000 € par an ; au-delà, des cotisations complémentaires s’appliquent et un dépassement durable fait sortir du dispositif.
⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.