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Mis à jour en octobre 2026
997 procédures collectives en trois mois. C’est le bilan de la restauration traditionnelle au deuxième trimestre 2026, selon Altares : l’activité la plus touchée de France. Derrière ces chiffres, une cause revient sans cesse : un budget d’ouverture trop court, qui ne laisse aucune marge quand les premiers mois sont plus lents que prévu.
Vous préparez une ouverture pour le printemps 2027 et votre rendez-vous bancaire approche. La question est simple : combien coûte ouvrir un restaurant, vraiment, une fois tout compté ? Les fourchettes trouvées en ligne vont de 50 000 à plus de 400 000 euros. Elles ne vous aident pas à remplir votre budget restaurant ligne par ligne.
La réponse courte : dans nos trois exemples calculés, comptez environ 140 000 € HT pour un petit bistrot créé dans un local repris au droit au bail, près de 400 000 € pour un restaurant traditionnel de 55 couverts, et autour de 440 000 € pour la reprise d’un fonds existant. Six mois de trésorerie de survie compris. La banque attendra un apport de 20 à 30 % de ce total.
Ce guide détaille chaque poste, ses repères de prix publics et les pièges qui font déraper un budget. Il se termine par une checklist chiffrée à cocher avant de pousser la porte de votre banquier.
🔍 L’article en bref
- Budget total : environ 141 000 € HT pour un petit bistrot, 399 000 € pour un restaurant traditionnel de 55 couverts, 443 000 € pour une reprise (exemples calculés).
- Trois blocs : investissement (local, travaux, cuisine), frais de lancement (droits, formations, communication) et trésorerie de survie.
- Travaux : 500 à 1 500 € HT/m² en rénovation complète ; l’extraction et la mise aux normes font déraper les devis.
- Licence : la licence restaurant est gratuite ; seule la licence IV, inutile pour un restaurant sans activité bar, s’achète.
- Trésorerie de survie : 6 mois de charges fixes, soit 16 à 22 % du budget total, plus l’avance de TVA sur les investissements.
- Apport : 20 à 30 % du besoin total, complété par des prêts d’honneur et un prêt bancaire garanti en partie par Bpifrance.
- Dossier bancaire : prévisionnel 3 ans, plan de trésorerie mensuel, devis, bail ou compromis, justificatif d’apport.
Budget restaurant : les 12 postes à chiffrer avant la banque

Un budget d’ouverture de restaurant se lit en trois blocs. L’investissement, qui reste dans les murs. Les frais de lancement, qui disparaissent une fois l’établissement ouvert. Et la trésorerie, qui vous fait tenir pendant la montée en charge. Oublier un seul de ces blocs suffit à fragiliser le projet.
L’investissement : ce qui reste dans les murs
C’est le bloc le plus visible : l’accès au local (fonds de commerce ou droit au bail), les travaux, la cuisine, la salle. Il s’amortit sur plusieurs années et figure à l’actif de votre bilan. C’est aussi ce que la banque finance le plus volontiers, parce qu’il a une valeur de revente.
Les frais de lancement : ce qui disparaît
Droits d’enregistrement, honoraires, formations obligatoires, enseigne, communication d’ouverture, stock de départ. Chacun pèse peu. Additionnés, ils atteignent 15 000 à 33 000 euros dans nos trois exemples chiffrés plus bas : une somme que beaucoup oublient dans leur tableur.
La trésorerie : ce qui vous fait tenir
Le loyer, les salaires et l’énergie tombent dès le premier mois. Le chiffre d’affaires, lui, met du temps à atteindre son rythme de croisière. La trésorerie de survie comble cet écart. C’est le poste le plus souvent sacrifié, et celui qui fait la différence entre un démarrage difficile et une liquidation.
| Bloc | Postes à chiffrer | Repères de prix publics (HT) |
|---|---|---|
| Investissement | Fonds ou droit au bail, dépôt de garantie, travaux, cuisine, mobilier, caisse | Travaux : 500 à 1 500 €/m² en rénovation complète ; cuisine : 20 000 à 100 000 € selon la taille et la gamme |
| Lancement | Droits d’enregistrement, acte, formations, création de société, assurances, enseigne, stock | Permis d’exploitation : jusqu’à 1 000 € environ ; droits : 0 à 5 % du prix selon les tranches |
| Trésorerie | Charges fixes des premiers mois, imprévus | 3 à 6 mois de charges fixes selon les guides ; 6 mois recommandés pour une création |
💡 Le savoir-clé : raisonnez toujours en hors taxes pour le budget, mais en TTC pour la trésorerie. Vous récupérerez la TVA sur vos investissements, mais vous devrez d’abord l’avancer.
Pour les démarches qui entourent ce budget (statut, formalités, recrutement), notre guide ouvrir un restaurant en 12 étapes reprend le parcours complet. Ici, on se concentre sur les euros.
Fonds de commerce, droit au bail ou local nu : le premier arbitrage

Le point de départ de votre projet fixe la moitié de votre budget. Trois situations se présentent, avec des coûts d’entrée et des risques très différents.
Trois points de départ, trois profils de coûts
- Le local nu : pas de prix d’entrée, mais tout est à créer. Extraction, réseaux, sanitaires, cuisine : la facture travaux explose, et le changement de destination peut demander des autorisations.
- Le droit au bail : vous rachetez le bail d’un commerçant sortant, souvent avec une partie des aménagements. Le prix dépend de l’emplacement et du loyer, pas de l’activité passée.
- Le fonds de commerce : vous reprenez un restaurant qui tourne, avec sa clientèle, son matériel, sa licence et ses salariés. Le prix est élevé, mais le chiffre d’affaires est là dès le premier jour.
Pour un fonds de restauration traditionnelle, les barèmes professionnels relayés par les cabinets situent souvent le prix entre 50 % et 120 % du chiffre d’affaires annuel HT. Ce n’est qu’un premier repère : un prix sérieux se croise toujours avec la rentabilité réelle (EBE) des trois derniers bilans. Les chiffres clés de la restauration vous aident à situer les ratios du fonds visé face aux moyennes du secteur.
Les droits d’enregistrement que l’on oublie
L’achat d’un fonds de commerce est taxé par tranches, à la charge de l’acheteur sauf clause contraire. Le barème est publié sur impots.gouv.fr (article 719 du CGI). La cession d’un droit au bail suit en principe le même barème.
| Tranche du prix de cession | Taux | Exemple : fonds à 280 000 € |
|---|---|---|
| Jusqu’à 23 000 € | 0 % | 0 € |
| De 23 000 € à 200 000 € | 3 % | 5 310 € |
| Au-delà de 200 000 € | 5 % | 4 000 € |
| Total des droits | 9 310 € |
Ajoutez les honoraires de rédaction de l’acte (avocat ou notaire), les formalités et, pour une reprise, un audit des comptes. Comptez quelques milliers d’euros de plus.
Le dépôt de garantie et le loyer d’avance
Le bailleur demande en général un dépôt de garantie équivalent à trois mois de loyer, parfois un trimestre payé d’avance en plus. Pour un loyer de 3 000 € HT par mois, c’est 9 000 € immobilisés avant la première assiette servie. Les clauses du bail pèsent aussi sur votre budget à long terme : indexation, travaux à votre charge, destination.
⚠️ Point de vigilance : un loyer bas qui cache une clause « travaux à la charge du preneur » peut coûter plus cher qu’un loyer élevé dans un local déjà conforme. Faites relire le bail avant de signer : voici les clauses du bail commercial à négocier.
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Travaux, cuisine, licence : là où les budgets dérapent

C’est dans ce bloc que les devis gonflent entre le premier rendez-vous et la réception du chantier. Trois postes concentrent les écarts.
Travaux et mise aux normes : l’extraction d’abord
Les repères publics varient de 500 à 1 500 € HT par m² pour une rénovation complète (cuisine, salle, sanitaires), et davantage pour la cuisine seule. Ce qui fait la différence, ce n’est pas la peinture : c’est la technique.
- Extraction des fumées : hotte, gaine jusqu’en toiture, accord de la copropriété. Le poste le plus redouté d’un local nu.
- Accessibilité : un restaurant est un établissement recevant du public (ERP). Entrée, circulation et sanitaires doivent être accessibles aux personnes handicapées, sauf dérogation.
- Sécurité incendie et électricité : mise en conformité, éclairage de sécurité, extincteurs, contrôle par un organisme agréé.
- Hygiène : marche en avant, revêtements lavables, chambre froide, bac à graisse selon le règlement local d’assainissement.
La cuisine professionnelle : neuf, occasion ou location
Cuisson, froid, laverie : ce trio absorbe l’essentiel du budget matériel. Les estimations publiques vont de 20 000 € pour une petite cuisine à plus de 100 000 € pour une cuisine haut de gamme, hors installation. Trois options pour alléger la facture :
| Option | Avantage | Limite |
|---|---|---|
| Neuf | Garantie, consommation d’énergie maîtrisée, financement bancaire facile | Le plus cher à l’entrée |
| Occasion reconditionnée | Économie souvent estimée à 30 à 50 % du prix neuf | Garantie courte, pannes plus fréquentes, financement moins aisé |
| Crédit-bail ou location | Préserve l’apport et la trésorerie | Coût total plus élevé, engagement sur la durée |
Licence et formations : moins cher que vous ne le pensez
Beaucoup de porteurs de projet budgètent une licence IV à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Or un restaurant qui sert de l’alcool uniquement pendant les repas n’en a pas besoin. La « petite licence restaurant » couvre les boissons jusqu’à 18°, la « licence restaurant » couvre tous les alcools. Elles s’obtiennent par une déclaration en mairie, au moins 15 jours avant l’ouverture.
« Toutes les licences en elles-mêmes sont gratuites », à l’exception des licences IV, dont la création est interdite et qu’il faut racheter. — Service-public.fr, licences de débit de boissons
Ce qui est payant, ce sont les formations obligatoires. Le permis d’exploitation (20 heures, valable 10 ans) coûte jusqu’à 1 000 € environ selon Service-public.fr. La formation en hygiène alimentaire (14 heures, au moins une personne formée par établissement) se trouve en général pour quelques centaines d’euros. Une licence IV ne se justifie que si vous voulez aussi servir de l’alcool hors repas, comme un bar.
Caisse et facturation électronique : le poste 2027
Le logiciel de caisse doit être certifié (obligation anti-fraude à la TVA). Et une ouverture en 2027 tombe en pleine réforme : les TPE et PME devront émettre leurs factures électroniques à partir du 1er septembre 2027, après l’obligation de réception entrée en vigueur en septembre 2026. Choisissez dès l’ouverture une caisse et un logiciel de gestion compatibles, plutôt que de changer d’outil six mois plus tard.
✅ Bonne pratique : demandez au moins trois devis par corps de métier et ajoutez une ligne « imprévus » de 10 % sur les travaux et l’équipement. Sur un chantier de restaurant, elle sert presque toujours.
3 budgets types côte à côte : bistrot, traditionnel, reprise
Voici trois exemples calculés à partir des repères publics cités plus haut. Ce ne sont pas des devis : ce sont des ordres de grandeur pour structurer votre propre prévisionnel de restaurant. Montants HT, ville moyenne de région.
Les hypothèses retenues
- Petit bistrot (création) : 60 m², 30 couverts, droit au bail à 20 000 €, loyer de 1 500 € par mois, un salarié en plus du dirigeant.
- Restaurant traditionnel (création) : 130 m², 55 couverts, droit au bail à 60 000 €, loyer de 3 000 € par mois, cuisine complète et extraction à créer, trois salariés.
- Reprise d’un restaurant existant : fonds à 280 000 € (70 % d’un chiffre d’affaires de 400 000 € HT), loyer de 2 500 € par mois, matériel en place, rafraîchissement de la salle, trois salariés repris.
- Coût salarial : 2 300 € par mois et par salarié à temps plein (coût employeur), un niveau proche du SMIC à 1 867,02 € brut depuis le 1er juin 2026. Détail du calcul dans notre article sur le coût employeur d’un salarié.
Le tableau comparatif poste par poste
| Poste (HT) | Petit bistrot | Traditionnel | Reprise |
|---|---|---|---|
| Fonds ou droit au bail | 20 000 € | 60 000 € | 280 000 € |
| Droits d’enregistrement | 0 € | 1 110 € | 9 310 € |
| Acte, conseil, audit | 2 500 € | 3 500 € | 6 000 € |
| Dépôt de garantie (3 mois) | 4 500 € | 9 000 € | 7 500 € |
| Travaux et mise aux normes | 30 000 € | 117 000 € | 25 000 € |
| Équipement de cuisine | 25 000 € | 70 000 € | 15 000 € |
| Mobilier, vaisselle, petit matériel | 8 000 € | 18 000 € | 5 000 € |
| Caisse, terminal, informatique | 2 500 € | 4 000 € | 3 000 € |
| Permis d’exploitation, hygiène | 1 200 € | 1 500 € | 1 500 € |
| Création de société, assurances, comptabilité | 3 500 € | 5 000 € | 5 000 € |
| Enseigne et communication d’ouverture | 4 000 € | 8 000 € | 4 000 € |
| Stock de départ | 4 000 € | 8 000 € | 7 000 € |
| Imprévus (10 % travaux et équipement) | 5 500 € | 18 700 € | 4 000 € |
| Sous-total investissement et lancement | 110 700 € | 323 810 € | 372 310 € |
| Trésorerie de survie (6 mois de charges fixes) | 30 600 € | 75 000 € | 70 200 € |
| Budget total | 141 300 € | 398 810 € | 442 510 € |
Ce que ces chiffres vous disent
Le budget d’un petit restaurant reste accessible si le local est déjà équipé en partie. Dès qu’il faut créer une cuisine complète et une extraction, les travaux deviennent le premier poste, loin devant le droit au bail. La reprise, enfin, coûte plus cher à l’entrée, mais elle achète un chiffre d’affaires existant : le risque n’est pas le même.
📊 Environ 20 % : c’est le poids de la trésorerie de survie dans le budget total de nos trois exemples (de 16 % à 22 %). Le poste qu’on supprime en premier quand le tableur dépasse l’enveloppe.
Pour la reprise, un point change tout : les contrats de travail des salariés sont transférés au repreneur (article L1224-1 du Code du travail). Avec eux viennent l’ancienneté et les congés payés acquis. Faites-les chiffrer dans l’acte de cession.
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BFR et trésorerie de survie : les 6 mois qui décident de tout

Un restaurant a un atout : ses clients paient tout de suite, alors que ses fournisseurs sont réglés à 30 jours. Son besoin en fonds de roulement (BFR) d’exploitation est donc faible, voire négatif. Mais ce mécanisme ne joue qu’une fois le chiffre d’affaires installé. Les premiers mois, c’est la trésorerie de départ qui paie.
Pourquoi six mois de charges fixes
Les guides publics recommandent 3 à 6 mois de charges fixes. Pour une création, visez le haut de la fourchette : la clientèle se construit, la saison peut être creuse, un chantier peut finir en retard. Dans nos exemples, les charges fixes mensuelles (loyer, salaires, énergie, assurances et abonnements) vont de 5 100 € pour le bistrot à 12 500 € pour le traditionnel.
- Loyer et charges locatives : dus même si le chantier a pris un mois de retard.
- Salaires : l’équipe est souvent recrutée avant l’ouverture, pour se former.
- Énergie : une cuisine professionnelle consomme beaucoup, même à faible fréquentation.
- Échéances d’emprunt : négociez un différé de remboursement de quelques mois pour ne pas les cumuler avec la montée en charge.
Le piège de la TVA sur les investissements
Votre budget est en HT, mais vos fournisseurs vous facturent en TTC. Sur le restaurant traditionnel, la TVA à 20 % sur les travaux, la cuisine, le mobilier et la caisse représente environ 41 800 € à avancer. Vous la récupérerez, sous forme de crédit de TVA ou d’imputation sur vos premières déclarations, mais avec un décalage de plusieurs semaines à plusieurs mois.
✅ Bonne pratique : demandez à votre banque un crédit relais TVA, ou prévoyez cette avance dans votre plan de trésorerie mensuel. Ne la prélevez jamais sur la trésorerie de survie.
Et votre propre rémunération ?
Nos exemples n’incluent pas le salaire du dirigeant. La plupart des restaurateurs ne se versent presque rien les premiers mois. Prévoyez donc, à côté du budget, de quoi vivre six mois : épargne personnelle, revenus du conjoint, droits au chômage éventuels. Pour savoir ce qu’un restaurant peut verser à son patron une fois lancé, lisez combien gagne un restaurateur.
Plan de financement : l’apport, les prêts et le reste

Une fois le besoin total connu, il faut le couvrir. Le schéma classique combine un apport personnel, des prêts d’honneur qui renforcent cet apport, et un prêt bancaire pour le solde, souvent garanti en partie par Bpifrance.
L’apport : 20 à 30 % du besoin total
Les banques attendent en général un apport de 20 à 30 % du besoin total, trésorerie comprise. Ce n’est pas une règle légale : un dossier solide passe parfois avec 20 %, un projet jugé risqué peut exiger plus. Avec 25 % d’apport, voici le plan de financement de nos trois exemples.
| Ressource | Petit bistrot | Traditionnel | Reprise |
|---|---|---|---|
| Apport personnel (environ 25 %) | 35 000 € | 100 000 € | 111 000 € |
| Prêts d’honneur (quasi-fonds propres) | 10 000 € | 20 000 € | 15 000 € |
| Prêt bancaire professionnel | 96 300 € | 278 810 € | 316 510 € |
| Total des ressources | 141 300 € | 398 810 € | 442 510 € |
Prêt d’honneur, garantie Bpifrance, crédit-bail
- Prêt d’honneur : prêt personnel à taux zéro et sans garantie, accordé par des réseaux comme Initiative France. Le montant moyen tourne autour de 10 000 €. Il s’ajoute à votre apport et rassure la banque.
- Garantie Bpifrance : elle couvre une partie du prêt bancaire, jusqu’à 60 % pour une création ex nihilo et 50 % pour les autres projets, dont les reprises, selon Bercy Infos Entreprises. Elle se demande par l’intermédiaire de votre banque.
- Crédit-bail : pour la cuisine, il évite de mobiliser l’apport sur du matériel, au prix d’un coût total plus élevé.
- Aides locales : certaines régions et intercommunalités soutiennent la reprise de commerces de proximité, notamment en zone rurale. Renseignez-vous auprès de votre chambre de commerce.
Ce que la banque va vous demander
🏦 Ce que la banque va vous demander : un prévisionnel sur 3 ans (compte de résultat, plan de financement, plan de trésorerie mensuel la première année), votre CV et votre expérience en restauration, une étude de l’emplacement et de la concurrence, les devis de travaux et de matériel, la promesse de bail ou le compromis de cession, les trois derniers bilans du fonds en cas de reprise, le justificatif de votre apport, et souvent une caution personnelle.
Le banquier ne lit pas seulement les montants. Il vérifie la cohérence : un chiffre d’affaires réaliste au regard du nombre de couverts et du ticket moyen, des ratios de coût matière et de masse salariale proches du secteur, une trésorerie qui ne passe jamais dans le rouge. Le choix du statut juridique de votre restaurant fait aussi partie du dossier, car il conditionne votre protection sociale et votre rémunération.
⚠️ Point de vigilance : la restauration traditionnelle étant l’activité la plus exposée aux défaillances en 2026, les banques examinent ces dossiers de près. Un prévisionnel monté par un expert-comptable qui connaît le secteur rassure.
Votre rendez-vous bancaire est fixé ? Faites relire votre prévisionnel par nos experts CHR avant d’y aller.
La checklist chiffrée avant votre rendez-vous bancaire
Avant de présenter votre dossier, vérifiez chaque ligne. Si une case reste vide, votre budget n’est pas prêt.
- ☐ Prix d’entrée : fonds ou droit au bail négocié, droits d’enregistrement calculés par tranche.
- ☐ Bail : dépôt de garantie, loyer d’avance, répartition des travaux et des charges vérifiés.
- ☐ Travaux : trois devis par corps de métier, extraction et accessibilité incluses.
- ☐ Cuisine : arbitrage neuf, occasion ou crédit-bail tranché, installation comprise.
- ☐ Imprévus : 10 % sur les travaux et l’équipement.
- ☐ Licence : licence restaurant déclarée en mairie ; licence IV uniquement si activité bar.
- ☐ Formations : permis d’exploitation et hygiène alimentaire budgétés et planifiés.
- ☐ Caisse : logiciel certifié, compatible facturation électronique 2027.
- ☐ Trésorerie de survie : 6 mois de charges fixes, hors avance de TVA.
- ☐ Avance de TVA : 20 % des investissements financés par un crédit relais ou prévus au plan de trésorerie.
- ☐ Apport : 20 à 30 % du total, justifié, avec une réserve personnelle à côté.
- ☐ Prévisionnel : chiffre d’affaires construit couvert par couvert, ratios comparés aux moyennes du secteur.
💡 Le savoir-clé : construisez votre chiffre d’affaires à partir du terrain (couverts par service × ticket moyen × jours d’ouverture), puis comparez-le au loyer. Les repères couramment cités placent le loyer, charges comprises, entre 6 et 10 % du chiffre d’affaires HT. Au-delà, la marge devient fragile.
Un budget juste, c’est un restaurant qui tient
Ouvrir un restaurant en 2027 demande de 140 000 à plus de 400 000 euros selon le concept et le point de départ. La différence entre un projet qui tient et un projet qui casse se joue rarement sur le prix du fonds. Elle se joue sur les lignes oubliées : imprévus, avance de TVA, six mois de trésorerie.
Depuis 1944, Extencia accompagne les entrepreneurs, avec une équipe dédiée à la restauration et au CHR. Nous montons votre prévisionnel et votre plan de financement avant le rendez-vous bancaire, puis nous suivons vos marges et votre trésorerie avec des tableaux de bord sectoriels. Nos 12 implantations vous accueillent près de chez vous, et nos équipes d’Anglet et des Antilles connaissent bien la saisonnalité des zones touristiques.
Un premier échange sans engagement, en 2 clics : réservez votre consultation gratuite et repartez avec un budget d’ouverture vérifié, prêt pour la banque.
⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les budgets types sont des calculs illustratifs fondés sur des hypothèses et des repères de prix publics, pas des devis. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.
Questions fréquentes sur le budget pour ouvrir un restaurant
Quel budget faut-il pour ouvrir un petit restaurant ?
Pour un petit restaurant de 30 couverts créé dans un local repris au droit au bail, notre exemple calculé aboutit à environ 141 000 € HT. Ce montant comprend le droit au bail, les travaux, la cuisine, les frais de lancement et six mois de trésorerie de survie. Il peut baisser si le local est déjà équipé, ou grimper vite s’il faut créer une extraction. Seuls des devis réels permettent de fixer votre chiffre.
Combien coûte l’ouverture d’un restaurant traditionnel ?
Pour un restaurant traditionnel de 55 couverts avec cuisine complète à créer, comptez autour de 400 000 € HT dans notre exemple. Les travaux et la mise aux normes en sont le premier poste, devant l’équipement de cuisine. La trésorerie de survie représente à elle seule environ 75 000 €. Le droit au bail et le loyer varient fortement selon la ville et l’emplacement.
Quel apport personnel pour ouvrir un restaurant ?
Les banques attendent en général un apport de 20 à 30 % du besoin total, trésorerie de démarrage comprise. Ce n’est pas une règle légale : un dossier solide passe parfois avec 20 %, un projet risqué peut exiger davantage. Les prêts d’honneur, sans intérêt et sans garantie, renforcent cet apport. Gardez une réserve personnelle à côté, car vous vous verserez peu de salaire les premiers mois.
Faut-il acheter une licence IV pour ouvrir un restaurant ?
Non, dans la plupart des cas. Un restaurant qui sert de l’alcool uniquement pendant les repas a besoin d’une petite licence restaurant (boissons jusqu’à 18°) ou d’une licence restaurant (tous alcools). Ces licences sont gratuites et s’obtiennent par une déclaration en mairie au moins 15 jours avant l’ouverture. La licence IV, qui doit être rachetée, ne se justifie que pour une activité de bar.
Combien de trésorerie prévoir au démarrage d’un restaurant ?
Les guides recommandent 3 à 6 mois de charges fixes ; pour une création, visez six mois. Les charges fixes regroupent le loyer, les salaires, l’énergie, les assurances et les abonnements. Dans nos exemples, cela représente de 30 600 € à 75 000 €. Ajoutez l’avance de TVA sur vos investissements, que vous récupérerez avec un décalage.
Que contient le prévisionnel d’un restaurant demandé par la banque ?
Le prévisionnel couvre en général trois ans : compte de résultat, plan de financement et plan de trésorerie mensuel la première année. La banque vérifie que le chiffre d’affaires est construit à partir des couverts, du ticket moyen et des jours d’ouverture. Elle compare aussi vos ratios de coût matière, de masse salariale et de loyer aux moyennes du secteur. Joignez les devis, le bail ou le compromis et le justificatif d’apport.
Reprendre un restaurant coûte-t-il plus cher que d’en créer un ?
À l’entrée, oui le plus souvent : dans notre exemple, la reprise d’un fonds réalisant 400 000 € HT de chiffre d’affaires revient à environ 443 000 €, contre 399 000 € pour une création comparable. Mais la reprise achète un chiffre d’affaires et une clientèle existants, ce qui réduit le risque de démarrage. Les droits d’enregistrement sont plus élevés et les salariés sont transférés avec leur ancienneté. Faites auditer les trois derniers bilans avant de signer.