Combien gagne vraiment un pharmacien titulaire en 2026 ?

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Sommaire

Temps de lecture : 13 minutes

Mis à jour en octobre 2026

3 000 € par mois pour l’un, 15 000 € pour l’autre. Tapez « salaire pharmacien titulaire » dans un moteur de recherche et vous obtiendrez des fourchettes qui vont du simple au quintuple. Ces écarts ne viennent pas d’erreurs de calcul : chaque source mesure une chose différente.

La réponse courte ? Selon les statistiques professionnelles du réseau CGP sur les exercices 2025, un pharmacien titulaire se verse en moyenne 61 900 € nets par an, soit environ 5 150 € par mois avant impôt sur le revenu. Mais ce chiffre passe de 31 300 € dans une officine de moins d’1 M€ de chiffre d’affaires à 86 500 € au-delà de 4 M€.

Et ce n’est pas encore le revenu « réel ». Il faut y ajouter les éventuels dividendes et, surtout, tenir compte de l’emprunt qui a servi à acheter l’officine. Nous déroulons ici la cascade complète, du chiffre d’affaires jusqu’à ce qui arrive sur le compte du titulaire, sur trois officines types. Puis nous regardons ce qui va bouger en 2027.

🔍 L’article en bref

  • Rémunération moyenne : 61 900 € nets par an pour un titulaire en 2025 (statistiques CGP), médiane de 60 400 € en SEL (Interfimo).
  • Écart selon la taille : 31 300 € sous 1 M€ de chiffre d’affaires, 86 500 € au-delà de 4 M€.
  • Chiffres contradictoires : rémunération, bénéfice et revenu disponible ne mesurent pas la même chose, et l’IR ou l’IS change le chiffre affiché.
  • L’EBE est la clé : 267 100 € en moyenne (10,06 % du CA), il finance rémunération, emprunt et impôt.
  • L’emprunt passe avant le titulaire : dans nos exemples, de 2 580 € à 6 670 € par mois pendant le remboursement.
  • Dividendes : PFU de 31,4 % depuis 2026, cotisations sur la part au-delà de 10 % du capital pour un TNS.
  • 2027 : baisses de prix de génériques en janvier et réforme vers une rémunération moins liée au prix et au volume.

Salaire du pharmacien titulaire : pourquoi les chiffres se contredisent

Pharmacienne titulaire comparant deux rapports financiers dans l'arrière-boutique de son officine

Un titulaire d’officine n’a pas de fiche de paie au sens classique. Il est chef d’entreprise. Son « salaire » dépend donc de la façon dont son officine est organisée et de ce que l’on décide de compter.

Rémunération, bénéfice, revenu disponible : trois notions différentes

Pensez à un robinet branché sur une cuve. La cuve, c’est l’officine. Le robinet, c’est ce que le titulaire décide de prélever. Mais une partie de l’eau doit d’abord rembourser la banque.

  • La rémunération : ce que le titulaire se verse au titre de sa fonction de gérant. C’est le chiffre le plus souvent publié.
  • Le bénéfice : ce qui reste dans l’officine après toutes les charges et l’impôt. Il peut être distribué en dividendes… ou servir à rembourser l’emprunt.
  • Le revenu disponible : ce que le titulaire peut réellement dépenser, une fois l’emprunt honoré, les cotisations et les impôts payés.

IR ou IS : la forme juridique change le chiffre affiché

L’Insee l’explique clairement dans son étude Insee Première n° 2036. Dans une entreprise individuelle ou une société à l’impôt sur le revenu (IR), tout le bénéfice est le revenu du titulaire. C’est avec lui qu’il rembourse son emprunt et paie ses cotisations.

Dans une société à l’impôt sur les sociétés (IS), c’est l’officine qui rembourse l’emprunt. La rémunération du titulaire devient une charge de la société. Mécaniquement, le chiffre affiché est plus bas. Or 78 % des officines étaient soumises à l’IS en 2022, contre 49 % en 2015, selon l’Insee.

💡 Le savoir-clé : comparer le « revenu » d’un titulaire en entreprise individuelle avec la « rémunération » d’un titulaire en SEL à l’IS revient à comparer un salaire brut avec un salaire net après remboursement de prêt. Les deux chiffres sont justes, mais ils ne mesurent pas la même chose.

Ce que disent vraiment les sources publiques

Voici les principaux chiffres publics disponibles, avec ce que chacun mesure. Ils sont cohérents entre eux dès que l’on lit leur définition.

SourceCe qui est mesuréMontant
Statistiques CGP (exercices 2025, 1 905 officines)Rémunération nette moyenne du titulaire61 900 € / an
Interfimo (bilans 2024, titulaires en SEL)Rémunération médiane, hors charges sociales TNS60 400 € / an
Insee (données 2022)Revenu moyen des titulaires en société à l’IS (dividendes soumis à cotisations inclus)81 890 € / an
Insee (données 2022)Revenu moyen des titulaires en entreprise individuelle (bénéfice total, avant remboursement d’emprunt)157 910 € / an
Insee (données 2024)Revenu moyen des non-salariés du commerce pharmaceutique6 390 € / mois

Deux enseignements ressortent. D’abord, la moitié des titulaires en SEL se rémunèrent autour de 60 000 € par an ou moins. Ensuite, la dispersion est forte : selon Interfimo, plus d’un tiers des titulaires perçoivent moins de 50 000 €, quand 10 % dépassent 130 000 €.

📊 −7,4 % : c’est le recul, en euros constants, du revenu d’activité moyen des non-salariés du commerce pharmaceutique entre 2023 et 2024 — Insee Première n° 2114.

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Du chiffre d’affaires au revenu : la cascade expliquée simplement

Gros plan sur le calcul de l'EBE pharmacie : mains, calculatrice et compte de résultat d'une officine

Le chiffre d’affaires d’une pharmacie impressionne : 2 656 100 € HT en moyenne en 2025 selon le CGP. Mais un euro de chiffre d’affaires ne fait pas un euro de revenu. Loin de là. Suivons le chemin, étape par étape.

Étape 1 : la marge brute, ce qui reste après les achats

L’officine achète des médicaments et des produits, puis les revend. La différence, augmentée des honoraires, forme la marge brute. Elle représente 27,57 % du chiffre d’affaires en moyenne en 2025 (statistiques CGP). Sur 100 € encaissés, il en reste donc environ 27,60 € pour faire tourner l’officine.

Étape 2 : l’EBE pharmacie, le vrai thermomètre

De cette marge, on retire les salaires de l’équipe, le loyer, l’énergie, les logiciels, les assurances. On obtient l’excédent brut d’exploitation (EBE pharmacie), calculé ici avant la rémunération du titulaire. En 2025, il atteint 267 100 € en moyenne, soit 10,06 % du chiffre d’affaires.

C’est cet EBE que regardent les banques et les acheteurs. Selon les statistiques CGP relayées par la presse professionnelle, une officine s’est cédée en moyenne 7,24 fois son EBE en 2025, pour un prix moyen de 1,66 M€.

Étape 3 : rémunération, emprunt, impôt, qui se sert en premier ?

L’EBE doit financer quatre postes. L’ordre compte, car l’emprunt n’est pas négociable chaque mois, contrairement à la rémunération du titulaire.

  • La rémunération du titulaire et ses cotisations sociales de travailleur non salarié (TNS).
  • Les intérêts d’emprunt, déductibles du résultat.
  • L’impôt sur les sociétés, calculé sur ce qui reste.
  • Le remboursement du capital emprunté, payé avec le bénéfice après impôt.

⚠️ Point de vigilance : le capital remboursé à la banque n’est pas une charge déductible. Il se paie avec un bénéfice déjà imposé. C’est pourquoi une officine peut afficher un bénéfice correct… et une trésorerie à zéro.

En moyenne, la rémunération du titulaire représente moins d’un quart de l’EBE (61 900 € sur 267 100 €). Mais ce ratio varie fortement : selon les chiffres CGP publiés par Revue Pharma, il atteint environ 50 % dans les officines de moins d’1 M€ et environ 16 % au-delà de 4 M€.

Pour aller plus loin, retrouvez nos chiffres clés et ratios de gestion de la pharmacie ainsi que l’ouvrage annuel Statistiques de la pharmacie.

Trois officines types, trois revenus réels

Pharmacien titulaire étudiant un tableau d'amortissement d'emprunt avec son banquier

Passons aux chiffres concrets. Les trois exemples ci-dessous sont des exemples théoriques, construits à partir des ratios publics de la profession. Ils ne décrivent aucune officine réelle. Leur but : montrer comment l’EBE se transforme en revenu.

Les hypothèses de calcul

  • Structure : une SEL à l’IS, un seul titulaire, gérant majoritaire (régime TNS).
  • Prix d’achat : 5 fois l’EBE pour la petite officine, 6,5 fois pour la moyenne, 7,5 fois pour la grande, dans les ordres de grandeur observés sur le marché.
  • Financement : 85 % du prix emprunté sur 15 ans au taux de 3,8 % (hypothèse).
  • Cotisations TNS : 40 % de la rémunération nette (ordre de grandeur, variable selon le revenu).
  • IS : 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %, selon le barème publié sur service-public.gouv.fr. Amortissements des agencements ignorés pour simplifier.
Officine typeA — moins d’1 M€B — 1,5 M€C — plus de 3 M€
Chiffre d’affaires HT900 000 €1 500 000 €3 200 000 €
EBE (avant rémunération du titulaire)75 000 € (8,3 %)135 000 € (9 %)325 000 € (10,2 %)
Prix d’achat380 000 €880 000 €2 440 000 €
Emprunt (85 %)320 000 €750 000 €2 070 000 €
Annuité (capital + intérêts)28 380 €66 516 €183 584 €

Pendant le remboursement : la banque passe avant le titulaire

Question posée : quelle rémunération maximale le titulaire peut-il se verser la première année, sans faire fondre la trésorerie ? Voici la cascade complète.

Année 1ABC
EBE75 000 €135 000 €325 000 €
− Rémunération nette du titulaire31 000 €43 500 €80 000 €
− Cotisations TNS (40 %)12 400 €17 400 €32 000 €
− Intérêts d’emprunt12 160 €28 500 €78 660 €
= Résultat avant IS19 440 €45 600 €134 340 €
− Impôt sur les sociétés2 916 €7 150 €29 335 €
− Capital remboursé16 220 €38 016 €104 924 €
= Trésorerie restante≈ 300 €≈ 430 €≈ 80 €
Rémunération mensuelle (avant IR)≈ 2 580 €≈ 3 625 €≈ 6 670 €

Le résultat est parlant. Pendant les années de remboursement, le titulaire d’une petite officine se verse à peine plus de 2 500 € par mois. Celui d’une grande officine dépasse 6 500 € par mois, mais porte une dette de plus de 2 M€.

Ces niveaux recoupent les moyennes publiques : 31 300 € pour les officines de moins d’1 M€, 86 500 € pour celles de plus de 4 M€ (statistiques CGP). Aucune trésorerie de sécurité n’est prévue ici. Dans la vraie vie, il faut en garder, ce qui réduit encore la rémunération possible.

⚠️ Point de vigilance : un écart de 0,5 point sur le taux d’emprunt ou un an de durée en moins modifie sensiblement ces montants. Le plan de financement se teste toujours sur plusieurs scénarios avant la signature.

Après le remboursement : le revenu change d’échelle

Une fois l’emprunt soldé, à rémunération et EBE constants, l’annuité disparaît. Le bénéfice après IS devient distribuable en dividendes. Le revenu global du titulaire bondit.

Après remboursementABC
Rémunération nette31 000 €43 500 €80 000 €
Bénéfice après IS distribuable26 860 €59 825 €164 000 €
Dividendes nets après PFU de 31,4 %≈ 18 400 €≈ 41 000 €≈ 112 500 €
Revenu annuel total (avant IR sur la rémunération)≈ 49 400 €≈ 84 500 €≈ 192 500 €

Voilà pourquoi les chiffres du web divergent autant. Le même titulaire peut « gagner » 3 600 € par mois l’année de son installation et plus de 7 000 € quinze ans plus tard, sans que son officine ait changé.

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Rémunération TNS ou dividendes : comment le titulaire se paie

Pharmacien titulaire et son expert-comptable arbitrant entre rémunération et dividendes

En société à l’IS, le titulaire dispose de deux « robinets » : la rémunération de gérance et les dividendes. Ils ne sont pas taxés de la même manière. Le bon dosage dépend de chaque situation.

La rémunération de gérance : régulière, protectrice, plus chargée

Le gérant majoritaire d’une SELARL relève du régime des travailleurs non salariés. Sa rémunération supporte des cotisations sociales qui financent sa retraite (auprès de la CAVP), sa santé et sa prévoyance. Elle est déductible du résultat de l’officine, donc elle réduit l’IS.

Les dividendes : PFU de 31,4 % et règle des 10 %

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique sur les dividendes est passé de 30 % à 31,4 % (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), comme le précise service-public.gouv.fr. Les dividendes ne sont pas déductibles : ils sont versés après l’IS.

Autre subtilité : pour un titulaire TNS en société d’exercice libéral, la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social (augmenté des primes d’émission et des comptes courants) est soumise aux cotisations sociales. L’Insee le rappelle dans sa méthodologie.

CritèreRémunération TNSDividendes
Déductible du résultat de l’officineOuiNon (versés après IS)
PrélèvementsCotisations TNS + impôt sur le revenuPFU de 31,4 % (ou barème sur option)
Droits retraite et prévoyanceOuiNon
RégularitéMensuelle, prévisibleAnnuelle, après approbation des comptes
Piège principalCoût social élevé sur les hauts niveauxCotisations sur la part au-delà de 10 % du capital

Le bon mix dépend de votre situation

Pendant le remboursement, la question se pose peu : le bénéfice sert à payer la banque. Après, l’arbitrage devient un vrai sujet de pilotage. Il dépend de votre tranche d’imposition, de vos besoins de retraite et de la taille de votre capital social.

✅ Bonne pratique : fixez votre rémunération en début d’exercice à partir d’un prévisionnel de trésorerie, puis ajustez dividendes et compléments à la clôture. Ne décidez jamais votre rémunération en regardant seulement le solde bancaire du mois.

Nous détaillons les leviers d’arbitrage dans notre guide pour optimiser et sécuriser la rémunération du titulaire.

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Ce qui va faire bouger le revenu des titulaires en 2027

Pharmacienne réalisant un entretien patient, illustrant les nouvelles missions et la rémunération des titulaires en 2027

Le revenu d’un titulaire dépend en grande partie de décisions prises hors de l’officine : prix des médicaments, honoraires, missions rémunérées. Trois chantiers sont à suivre de près.

Les baisses de prix des génériques de janvier 2027

Le Comité économique des produits de santé (CEPS) prévoyait au départ des baisses de prix sur 12 groupes génériques, pour 43,9 M€ d’économies pour l’Assurance maladie. Après le comité de suivi des génériques de juillet 2026, l’enveloppe a été ramenée à environ 24 M€, avec 3 groupes concernés, selon Vidal et Le Moniteur des pharmacies. Les baisses s’appliqueront début janvier 2027.

L’impact par officine reste limité, mais il s’ajoute à une tendance de fond. Les remises sur génériques pèsent aussi dans la marge : notre article sur les plafonds de remises génériques fait le point.

Avenant 3 et lettre de cadrage : une rémunération moins liée au prix et au volume

En septembre 2026, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a adressé à l’Assurance maladie une lettre de cadrage pour les négociations avec les pharmaciens. À court terme, un avenant conventionnel doit généraliser l’orientation des patients en situations cliniques courantes (OSyS) et créer de nouveaux accompagnements, notamment pour les patients diabétiques de type 2.

« Réduire la dépendance de la rémunération au prix et au volume des médicaments » — objectif fixé par la lettre de cadrage ministérielle de septembre 2026, rapporté par Le Moniteur des pharmacies et Vidal.

La réforme du modèle économique, elle, n’est pas attendue avant fin 2027. Les mécanismes de remplacement (forfaits, missions, objectifs de santé publique) restent à définir. Pour le titulaire, cela signifie une chose : la part de son revenu issue des missions va compter de plus en plus. Nous suivons ce chantier dans notre dossier sur la réforme de la rémunération officinale.

L’effet de levier : quand l’EBE baisse de 5 %, le revenu baisse davantage

Reprenons nos trois officines types pendant leur remboursement. L’annuité bancaire ne bouge pas quand l’activité ralentit. Toute baisse d’EBE se reporte donc d’abord sur la rémunération du titulaire. Voici la rémunération maximale possible, selon nos hypothèses.

Rémunération nette maximaleABC
EBE inchangé31 000 €43 500 €80 000 €
EBE −5 %28 500 € (−8 %)39 000 € (−10 %)68 400 € (−15 %)
EBE −10 %25 800 € (−17 %)34 200 € (−21 %)56 800 € (−29 %)

💡 Le savoir-clé : plus l’officine est endettée par rapport à son EBE, plus le revenu du titulaire amplifie les variations d’activité. Une baisse de 5 % de l’EBE peut amputer sa rémunération de 8 à 15 % dans nos exemples.

Nos experts pharmacie de Bordeaux, Lyon, Toulouse et Anglet suivent ces indicateurs mois par mois avec les titulaires, grâce à des tableaux de bord comme ViewPharma. Découvrez notre accompagnement des pharmacies.

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Questions fréquentes sur le salaire du pharmacien titulaire

Quel est le salaire moyen d’un pharmacien titulaire ?

Selon les statistiques professionnelles CGP sur les exercices 2025, un pharmacien titulaire se verse en moyenne 61 900 € nets par an, soit environ 5 150 € par mois avant impôt sur le revenu. L’étude Interfimo 2026 donne une rémunération médiane de 60 400 € pour les titulaires en SEL. Ces chiffres ne comprennent pas les éventuels dividendes. Ils varient fortement selon la taille de l’officine.

Combien gagne un pharmacien titulaire par mois ?

Tout dépend de la taille de l’officine et de son endettement. Avec une rémunération moyenne de 61 900 € par an, on obtient environ 5 150 € nets par mois avant impôt sur le revenu. Dans une officine de moins d’1 M€, la moyenne tombe à 31 300 € par an, soit environ 2 600 € par mois. Au-delà de 4 M€ de chiffre d’affaires, elle atteint 86 500 € par an, soit environ 7 200 € par mois.

Pourquoi le revenu d’un titulaire en entreprise individuelle paraît-il si élevé ?

En entreprise individuelle, tout le bénéfice de l’officine est considéré comme le revenu du titulaire. L’Insee mesurait ainsi 157 910 € en moyenne en 2022. Mais ce montant doit encore financer le remboursement de l’emprunt, les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu. Ce n’est donc pas un revenu disponible, contrairement à la rémunération d’un titulaire en société à l’IS.

Qu’est-ce que l’EBE d’une pharmacie ?

L’excédent brut d’exploitation (EBE) mesure ce que l’officine dégage de son activité, après achats, salaires et frais généraux, mais avant amortissements, frais financiers et impôt. Calculé avant la rémunération du titulaire, il atteint 267 100 € en moyenne en 2025, soit 10,06 % du chiffre d’affaires selon le CGP. C’est l’indicateur de référence pour la banque et pour la valorisation de l’officine.

Quelle part de l’EBE un titulaire peut-il se verser ?

En moyenne, la rémunération du titulaire représente moins d’un quart de l’EBE. Ce ratio monte autour de 50 % dans les petites officines et descend vers 16 % dans les plus grandes, selon les chiffres CGP publiés par Revue Pharma. La part réellement disponible dépend surtout du poids de l’emprunt : tant que la dette est remboursée, une grande partie de l’EBE part à la banque.

Vaut-il mieux se payer en rémunération ou en dividendes ?

Il n’existe pas de réponse unique. La rémunération TNS est déductible du résultat et ouvre des droits à la retraite, mais elle supporte des cotisations sociales. Les dividendes sont soumis au PFU de 31,4 % depuis 2026 et, pour un titulaire TNS en société d’exercice libéral, la part qui dépasse 10 % du capital supporte des cotisations. L’arbitrage se fait au cas par cas avec votre expert-comptable.

Le revenu des pharmaciens titulaires va-t-il baisser en 2027 ?

Plusieurs facteurs pèsent : des baisses de prix sur certains génériques début janvier 2027, ramenées à environ 24 M€ d’économies pour l’Assurance maladie, et une réforme du modèle économique visant à réduire la dépendance au prix et au volume des médicaments. Cette réforme n’est pas attendue avant fin 2027. L’effet dépendra de chaque officine, notamment de sa part de nouvelles missions et de son endettement.

Votre revenu de titulaire se pilote, il ne se subit pas

Le salaire d’un pharmacien titulaire n’est pas un chiffre unique. C’est le résultat d’une cascade : chiffre d’affaires, marge, EBE, emprunt, impôts, puis arbitrage entre rémunération et dividendes. Autour de 60 000 € par an en moyenne, il varie du simple au triple selon la taille de l’officine et l’âge de la dette.

Avec les changements annoncés pour 2027, connaître sa propre cascade devient une nécessité. Depuis 1944, Extencia accompagne les entrepreneurs, et ses équipes dédiées à la pharmacie suivent les officines de l’installation à la transmission, avec des outils comme Digipharmacie et ViewPharma.

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⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en octobre 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les exemples chiffrés sont théoriques et reposent sur des hypothèses simplifiées. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia.

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