L’article en bref
- CA moyen 2025 : 2 656 100 € (+5,62 %) — une progression tirée principalement par les médicaments chers (PFHT > 150 €) et non par la fréquentation.
- Marge brute globale : 27,57 % du CA — en recul de 0,77 point malgré la hausse du CA. C’est l’indicateur central à surveiller.
- Masse salariale : +30 % en 4 ans — elle a absorbé plus de 50 % de la progression de la marge en 2025. Risque n°1 pour la rentabilité.
- EBE moyen : 267 100 € soit 10,06 % du CA — stable, mais sous pression. Les frais de personnel absorbent 39,40 % de la marge brute.
- Rémunération nette titulaire : 61 900 € — mais seulement 31 300 € pour les officines < 1 M€ de CA, soit à peine le salaire d'un adjoint.
- Prix de cession moyen : 1 661 000 € (−6,84 %) — valorisé à 7,24× l’EBE et 2,61× la marge brute. Le CA n’est plus une référence valide.
- À surveiller en 2026 : réforme des cotisations TNS (1er juillet 2026), rapport IGAS sur le générique, et impact des contraintes budgétaires sur les prix réglementés.
Le chiffre d’affaires moyen d’une officine a progressé de +5,62 % en 2025. Belle performance, à première vue. Mais dans le même temps, la marge brute globale a reculé de 0,77 point, et la masse salariale a absorbé plus de 50 % de la progression de cette marge. Autrement dit : l’officine gagne plus en ventes, mais conserve moins.
Ce paradoxe illustre parfaitement la complexité de la pharmacie d’officine aujourd’hui. Un secteur structurellement solide — vieillissement de la population, nouvelles missions, rôle renforcé du pharmacien — mais soumis à des pressions économiques permanentes qui exigent une lecture fine des indicateurs de gestion.
Les statistiques CGP (Conseil Gestion Pharmacie) édition 2026 portent sur 1 905 officines représentatives, pour des exercices clos en 2025. Elles offrent une photographie exceptionnellement précise de la réalité économique du secteur. Voici comment les lire — et surtout comment en tirer des décisions concrètes.
1. Activité : +5,62 % de CA, mais attention au trompe-l’œil
Un CA moyen de 2 656 100 € en progression
💡📊 +5,62 % — c’est la progression du CA HT moyen des officines françaises en 2025, pour atteindre 2 656 100 €. Source : Statistiques CGP 2026
La croissance est réelle, mais inégale selon les profils d’officines. Les pharmacies de centres commerciaux progressent de +7,60 %, les grandes structures (≥ 4 M€ de CA) de +7,34 %. À l’opposé, les officines entre 1 M€ et 1,5 M€ ne progressent que de +1,30 %.
| Zone géographique | CA moyen 2025 (k€) | Variation (%) |
|---|---|---|
| Centre commercial | 4 247,6 | +7,60 % |
| Zone rurale | 2 415,2 | +5,76 % |
| Gros bourg | 2 898,0 | +5,53 % |
| Zone urbaine | 2 323,1 | +4,81 % |
La concentration du marché se confirme : les grandes structures captent une part croissante de la croissance. Pour les officines de taille intermédiaire, la vigilance s’impose.
Les médicaments chers tirent la croissance
La progression du CA masque une réalité structurelle importante : la hausse est largement portée par les médicaments à prix élevé.
Les médicaments à PFHT > 150 € ont progressé de +15,59 % en 2025 et représentent désormais 44,24 % de l’activité à TVA 2,1 %. Cette dynamique soutient le CA mais comprime mécaniquement la marge.
Parallèlement, l’indice des prix pharmaceutiques INSEE s’établit à −2,39 % fin décembre 2025. La croissance en valeur dissimule donc une contraction en volume. Les officines vendent moins d’unités, mais des unités plus chères. Ce glissement a des conséquences directes sur la marge commerciale — et sur la valorisation du fonds.
Ne raisonnez jamais en chiffre d’affaires seul pour évaluer la santé d’une officine. Le CA peut progresser pendant que la rentabilité se dégrade. L’EBE et la marge brute globale sont les seuls vrais indicateurs de valeur.
Honoraires : un amortisseur précieux mais sous tension
Les honoraires de dispensation et à l’ordonnance représentent désormais 8,58 % du CA global et progressent en moyenne de +2,33 %. Leur rôle est central : ils compensent partiellement la baisse régulière des prix des médicaments remboursables.
| Composante | Valeur 2025 (k€) | % CA | Variation |
|---|---|---|---|
| Ventes | 2 351,5 | 88,53 % | +5,83 % |
| Honoraires de dispensation | 157,4 | 5,93 % | −0,07 % |
| Honoraires à l’ordonnance | 70,5 | 2,65 % | +8,12 % |
| Autres prestations | 76,8 | 2,89 % | +9,43 % |
Mais les honoraires représentaient 54 % de la rémunération du pharmacien sur le médicament remboursable en 2024 — ils sont retombés à 52 % en 2025. L’amortisseur s’érode. Les nouvelles missions (entretiens de prévention, téléconsultation) progressent de +23 % mais ne concernent encore qu’une minorité des officines : moins d’une sur quatre réalise les entretiens de prévention.

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2. La marge brute globale : l’indicateur que vous ne devez plus ignorer
27,57 % — un taux sous pression structurelle
📊 732 400 € — c’est la marge brute globale moyenne d’une officine en 2025, soit 27,57 % du CA HT. En 2024, elle était à 28,34 %. Source : CGP 2026.
En progression de +2,77 % en valeur absolue (+19 800 €), la marge brute globale recule en taux. Un recul de 0,77 point qui peut sembler modeste — mais qui, rapporté à une officine type, représente une perte de 20 000 € de levier de gestion.
La marge brute globale intègre la marge commerciale sur ventes, les honoraires de dispensation, les honoraires à l’ordonnance et les autres prestations. C’est l’indicateur central pour piloter une officine et la valoriser lors d’une transaction. Le CA seul ne dit rien.
Pourquoi la marge recule malgré la hausse du CA
Trois facteurs structurels expliquent cette compression :
- L’effet médicaments chers : des produits à prix élevé mais à faible marge unitaire représentent une part croissante du mix
- L’érosion des prix sur les médicaments remboursables : −2,39 % d’indice INSEE en 2025
- La pression sur le hors-vignette : baisse de marge sur les produits à dispensation libre
| Tranche de CA | Marge brute 2025 | % CA 2025 | % CA 2024 | Variation |
|---|---|---|---|---|
| < 1 000 k€ | 219 200 € | 29,00 % | 30,22 % | −1,22 pt |
| 1 500 – 2 000 k€ | 483 900 € | 27,74 % | 28,09 % | −0,35 pt |
| 2 500 – 4 000 k€ | 837 700 € | 27,23 % | 27,94 % | −0,71 pt |
| ≥ 4 000 k€ | 1 463 600 € | 27,56 % | 28,92 % | −1,36 pt |
Les grandes officines (≥ 4 M€) sont les plus exposées à la compression de marge : −1,36 point en un an. Leur volume les rend mécaniquement plus dépendantes des médicaments chers à faible marge.
Les disparités géographiques : un écart à surveiller
La zone géographique influence significativement le taux de marge. Les pharmacies de centres commerciaux affichent 28,08 % contre 27,49 % à 27,52 % pour les autres zones. Cet écart reflète un mix produit différent (davantage de parapharmacie, de dermo-cosmétique) et une clientèle plus diversifiée.
Benchmark systématique de votre marge brute globale par rapport aux moyennes CGP de votre zone géographique et de votre tranche de CA. Un écart de plus de 1 point appelle une analyse immédiate des postes d’achat et du mix produit.
3. Charges : la masse salariale, premier défi de l’officine
+30 % en quatre ans : une progression alarmante
💡📊 288 500 € — montant moyen des charges de personnel en 2025, soit 10,87 % du CA HT. En progression de +3,66 % par an, elles ont augmenté de 30 % en quatre ans. Source : CGP 2026.
La hausse des frais de personnel (+10 200 €) a absorbé plus de 50 % de la progression de la marge brute globale (+19 800 €). Ce ratio illustre l’effet ciseau qui menace les officines dont la croissance ne compense pas l’inflation salariale.
| Zone géographique | Charges personnel 2025 (k€) | % CA | Variation |
|---|---|---|---|
| Zone rurale | 253,7 | 10,50 % | +4,96 % |
| Gros bourg | 312,9 | 10,80 % | +3,34 % |
| Zone urbaine | 253,7 | 10,92 % | +2,30 % |
| Centre commercial | 493,8 | 11,63 % | +5,13 % |
Les officines avec un seul titulaire affichent un ratio de 11,63 % contre 9,70 % pour celles avec plusieurs titulaires. L’association reste un levier d’optimisation des coûts de main-d’œuvre.
Le loyer : économie d’échelle marquée
Le loyer moyen s’établit à 33 400 € (+4,88 %), soit 1,26 % du CA. Mais cet indicateur global masque un écart considérable selon la taille :
- Officines < 1 M€ de CA : 2,38 % du CA
- Officines > 2,5 M€ de CA : 1,14 % du CA
Un loyer disproportionné représente souvent le premier frein à la rentabilité des petites structures. À surveiller impérativement lors d’une acquisition.

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Cotisations TNS et réforme 2026 : anticipez maintenant
💡Point de vigilanceLa réforme de la base de calcul des cotisations sociales TNS (Loi de finances de sécurité sociale 2024) sera applicable au 1er juillet 2026 sur les revenus 2025. Les officines relevant de l’IR sont aujourd’hui à 2,92 % du CA, celles relevant de l’IS à 1,23 %. Selon votre régime, l’impact peut être significatif. Anticipez ce changement dès maintenant avec votre expert-comptable.
4. EBE et résultat : décrypter la performance réelle
10,06 % d’EBE — la norme à dépasser
💡📊 267 100 € — c’est l’Excédent Brut d’Exploitation moyen d’une officine française en 2025, soit 10,06 % du CA HT. Il progresse de +3,39 % en un an.
L’EBE est l’indicateur de gestion central de l’officine : il mesure la capacité de l’activité à générer du cash avant frais financiers et dotations. C’est lui qui détermine la capacité de remboursement d’un emprunt d’acquisition — et donc la valorisation du fonds.
Lus par rapport à la marge brute globale, les ratios racontent une autre histoire :
| Poste | Valeur 2025 (k€) | % Marge brute |
|---|---|---|
| Charges externes | 128,7 | 17,58 % |
| Frais de personnel | 288,5 | 39,40 % |
| Cotisations TNS | 40,2 | 5,50 % |
| EBE | 267,1 | 36,47 % |
| Résultat net retraité | 235,0 | 32,09 % |
- Les frais de personnel absorbent 39,40 % de la marge brute
- Les frais généraux en consomment 17,58 %
- L’EBE représente 36,47 % de la marge — un ratio stable mais sous tension
Raisonnez toujours en % de marge brute, pas en % de CA. Ce prisme révèle immédiatement si votre structure de coûts est saine ou déséquilibrée par rapport aux benchmarks sectoriels.
La rémunération du titulaire : une réalité parfois préoccupante
Rémunération nette moyenne du titulaire en 2025 : 61 900 € (+2,21 %). Le pharmacien titulaire consacre environ 20 % de l’EBE à se rémunérer.
Mais derrière cette moyenne se cache une réalité préoccupante pour les petites structures :
| Tranche de CA | Rémunération nette 2025 | Variation |
|---|---|---|
| < 1 000 k€ | 31 300 € | +7,56 % |
| 1 000 – 1 500 k€ | 37 300 € | +1,23 % |
| 2 000 – 2 500 k€ | 63 200 € | +2,18 % |
| ≥ 4 000 k€ | 86 500 € | +0,75 % |
Une officine de moins d’1 M€ de CA rémunère son titulaire 31 300 € nets — à peine l’équivalent d’un pharmacien adjoint à 35h. Pour ces structures, le modèle économique doit être profondément revu.
Structure financière : des indicateurs globalement sains
La santé financière du secteur reste solide sur le plan bilanuel :
- Taux d’endettement : 21,35 % du CA (en baisse depuis 26,95 % en 2024)
- Fonds de roulement : 278 400 € — couvre environ 38 jours de CA
- Trésorerie : 239 100 € — matelas de sécurité confortable
- Autonomie financière : 0,61 (capitaux propres représentant 61 % du bilan)
- Stocks : 42 jours d’achats — stable, mais le sur-stockage lié aux ruptures reste un risque
La gestion du stock (42 jours) et du BFR (environ 6 jours de CA) est globalement saine. Le vrai risque de trésorerie viendra d’une contraction simultanée des marges et d’une hausse des remboursements d’emprunt dans un contexte de taux encore élevés.

5. Transmission et valorisation : ce que les chiffres 2025 imposent de savoir
Prix moyen de cession : 1 661 000 € — une baisse à analyser
Le prix d’achat moyen d’une officine s’établit à 1 661 000 € en 2025, contre 1 783 000 € en 2024, soit −6,84 %. Cette correction reflète plusieurs facteurs : difficultés d’exploitation de certaines structures, prudence des banques, et réévaluation du risque acquéreur.
📊 17 % — c’est l’apport personnel moyen représenté par l’acquéreur en 2025, soit environ 282 000 € sur un prix moyen de 1 661 000 €. Source : CGP 2026.
EBE ou marge brute ? Le bon multiple pour valoriser
La référence au seul chiffre d’affaires est définitivement obsolète. Deux indicateurs doivent désormais piloter toute valorisation :
| Indicateur de référence | Multiple 2025 | Interprétation |
|---|---|---|
| EBE retraité | 7,24× | Capacité de remboursement sur 7-8 ans |
| Marge brute globale | 2,61× | Valeur de l’actif commercial |
Le prix d’acquisition (1 661 000 €) représente 7,24 fois l’EBE prévisionnel de l’acquéreur (après déduction du coût du travail du titulaire calculé sur une base de 66 000 € bruts annuels). C’est ce ratio qui détermine la soutenabilité financière d’une acquisition.
Un multiple EBE supérieur à 8× doit alerter. Il signifie que le remboursement de la dette d’acquisition consomme une part excessive de la capacité bénéficiaire — au détriment de la rémunération du titulaire et de l’investissement.
Préparer sa cession ou son acquisition : la checklist des réflexes à adopter
Que vous soyez vendeur ou acquéreur, ces indicateurs ne s’améliorent pas en quelques semaines. Ils se construisent sur plusieurs exercices.
- [ ] Calculer et benchmarker votre EBE réel par rapport à la norme CGP (10,06 %)
- [ ] Vérifier le ratio charges de personnel / marge brute (seuil critique : 40 %)
- [ ] Analyser l’évolution sur 3 ans de votre marge brute globale (taux et valeur)
- [ ] Documenter votre développement des nouvelles missions (valorisation de la croissance future)
- [ ] Évaluer l’impact de la réforme TNS 2026 sur votre capacité de rémunération
- [ ] Optimiser le BFR (délai fournisseurs, niveau de stock) avant une transaction
- [ ] Faire réaliser une évaluation par un expert-comptable spécialisé officine
Chez Extencia, l’évaluation d’une officine intègre systématiquement la retraite des soldes intermédiaires de gestion, la projection des flux sur 5 ans, et la comparaison aux benchmarks CGP par zone et par tranche. C’est ce travail rigoureux qui sécurise aussi bien le vendeur que l’acquéreur.
Votre officine est une entreprise — pilotez-la comme telle
2025 confirme que la pharmacie d’officine est un secteur résilient, porteur à long terme. Mais elle met aussi en lumière des tensions structurelles qui ne se résolvent pas seules : compression des marges, inflation salariale, pression réglementaire sur les prix.
Les chiffres CGP 2026 ne sont pas des statistiques abstraites. Ce sont vos leviers de gestion. Un EBE à 10 %, une marge brute à 27,57 %, un multiple de valorisation à 7,24× — ce sont des repères concrets pour décider : investir, embaucher, s’associer, vendre ou acquérir.
Depuis plus de 40 ans, les experts Extencia accompagnent les pharmaciens titulaires dans cette lecture exigeante de leur activité. Membres actifs du réseau CGP, ils accèdent aux benchmarks sectoriels les plus précis du marché — et les traduisent en recommandations actionnables, adaptées à votre structure, votre zone, votre trajectoire.

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Source des données : Statistiques CGP — Conseil Gestion Pharmacie, Édition 2026.
Échantillon : 1 905 officines sur 4 540 clients CGP. Exercices clos en 2025.
Extencia, membre actif du réseau CGP depuis plus de 40 ans.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la marge brute globale d’une pharmacie et pourquoi est-elle plus importante que le CA ?
La marge brute globale d’une officine correspond à la somme de la marge commerciale sur les ventes de médicaments et produits, des honoraires de dispensation, des honoraires à l’ordonnance et des autres prestations de services, diminuée des éventuelles sous-traitances. Elle représente la richesse réellement créée par l’activité — avant charges de structure. En 2025, elle s’établit en moyenne à 732 400 € soit 27,57 % du CA HT. Contrairement au chiffre d’affaires, elle neutralise l’effet prix des médicaments chers et reflète la capacité réelle de l’officine à couvrir ses charges et dégager un bénéfice. C’est pour cette raison que les experts-comptables spécialisés et le réseau CGP recommandent de ne plus utiliser le CA comme indicateur de valorisation ni de pilotage.
Quel est l’EBE moyen d’une pharmacie d’officine en France en 2025 ?
L’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) moyen d’une officine française s’établit à 267 100 € en 2025, soit 10,06 % du CA HT, en progression de +3,39 % par rapport à 2024 (258 400 €). L’EBE est l’indicateur de rentabilité opérationnelle le plus pertinent : il mesure la capacité de l’officine à générer des flux de trésorerie avant charges financières et dotations aux amortissements. Rapporté à la marge brute globale, l’EBE représente 36,47 %. Il sert également de base de calcul pour la valorisation du fonds de commerce lors d’une transaction (multiple moyen de 7,24× en 2025).
À quel prix se vend une pharmacie d’officine en 2025 ?
Le prix moyen de cession d’une pharmacie d’officine s’établit à 1 661 000 € en 2025, en baisse de 6,84 % par rapport à 2024 (1 783 000 €). Ce prix représente 7,24 fois l’EBE retraité de l’acquéreur (après déduction d’une rémunération du titulaire à 66 000 € bruts annuels) et 2,61 fois la marge brute globale. L’apport personnel moyen de l’acquéreur représente environ 17 % du prix. La baisse des multiples reflète une prudence accrue face aux difficultés d’exploitation de certaines structures et à la pression sur les marges. La valorisation au seul chiffre d’affaires est désormais considérée comme non pertinente par les professionnels du secteur.
Comment évoluent les charges de personnel dans les officines en 2025 ?
Les charges de personnel représentent en moyenne 288 500 € par officine en 2025, soit 10,87 % du CA HT, en hausse de +3,66 % sur un an et de +30 % sur quatre ans. Cette progression est le principal défi économique des titulaires : la hausse de la masse salariale (+10 200 €) a absorbé plus de 50 % de la progression de la marge brute globale (+19 800 €). Les officines de centres commerciaux et les grandes structures sont les plus exposées. Un ratio charges de personnel supérieur à 40 % de la marge brute doit alerter et conduire à une révision de l’organisation du travail.
Quelle est la part des honoraires dans le chiffre d’affaires d’une pharmacie ?
Les honoraires (dispensation + ordonnance) représentent en moyenne 8,58 % du CA HT d’une officine en 2025. Décomposés, les honoraires de dispensation s’élèvent à 157 400 € (5,93 % du CA), en quasi-stagnation (−0,07 %), tandis que les honoraires à l’ordonnance progressent de +8,12 % à 70 500 €. Globalement, les honoraires assurent 52 % de la rémunération du pharmacien sur le médicament remboursable en 2025, contre 54 % en 2024. Ce recul illustre l’insuffisance progressive de ce mécanisme pour compenser la baisse continue des prix des médicaments remboursables.
Quels indicateurs financiers faut-il surveiller pour piloter une officine ?
Les cinq indicateurs clés d’une officine bien pilotée sont : la marge brute globale (valeur cible > 27 % du CA), l’EBE (valeur cible > 10 % du CA), le ratio charges de personnel / marge brute (seuil d’alerte : 40 %), le taux d’endettement (capital restant dû / CA, valeur 2025 : 21,35 %), et la trésorerie nette (valeur 2025 : 239 100 €). À ces ratios d’exploitation s’ajoutent des indicateurs structurels comme les jours de stock (42 jours en 2025) et le délai de règlement fournisseurs (42 jours). Ces repères permettent de se comparer aux benchmarks sectoriels CGP et d’identifier rapidement les axes d’amélioration.
Comment se préparer à la réforme des cotisations TNS prévue en 2026 ?
La réforme de la base de calcul des cotisations sociales des travailleurs non-salariés (TNS), issue de la Loi de financement de la sécurité sociale 2024, entrera en vigueur le 1er juillet 2026 sur les revenus 2025. Les officines relevant de l’IR affichent actuellement un ratio de cotisations TNS à 2,92 % du CA, contre 1,23 % pour celles relevant de l’IS. Selon votre régime et le montant de votre rémunération, l’impact financier peut être significatif. Il est recommandé d’anticiper dès maintenant en faisant réaliser une simulation par votre expert-comptable spécialisé officine, afin d’adapter si nécessaire votre stratégie de rémunération pour 2025 et 2026.



