Un nouveau congé indemnisé dès le 1er juillet 2026 : 1 à 2 mois par parent, en plus des congés maternité, paternité et adoption, pour tous les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026 (effet rétroactif).
Indemnisation 100 % CPAM : 70 % du salaire journalier net le 1er mois, 60 % le 2e mois, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026). Aucun coût direct pour l’employeur.
Prise flexible : congé pris en une fois ou fractionné en deux périodes d’un mois non consécutives, simultanément ou en alternance entre les parents, dans les 9 mois suivant la naissance.
L’employeur ne peut pas refuser : délai de prévenance d’1 mois (15 jours si le congé suit directement la paternité), protection renforcée contre le licenciement identique au congé maternité.
Jusqu’à 4 mois d’absence cumulés par couple : si les deux parents prennent le maximum, l’entreprise doit anticiper bien au-delà des congés maternité et paternité classiques — un enjeu majeur pour les PME aux postes critiques.
Plan d’action avant juillet 2026 : cartographier les postes sensibles, prévoir les remplacements (CDD, intérim, polyvalence), mettre à jour les modèles de courrier, paramétrer la paie et former les managers à la protection renforcée.
Un levier RH inattendu : 72 % des salariés Y considèrent la politique parentale comme un critère de choix d’employeur, et un retour de congé bien accompagné réduit de 40 % le risque de départ dans les 12 mois.
Deux mois de congé supplémentaire par parent, indemnisés par la Sécurité sociale, sans accord préalable de l’employeur : la réforme du congé de naissance, inscrite dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, entre en vigueur le 1er juillet 2026. Pour les dirigeants de PME et les responsables RH, cette évolution majeure soulève une question immédiate : comment adapter l’organisation des équipes sans fragiliser l’activité ?
Car si le dispositif est entièrement financé par la CPAM — et ne coûte donc rien en direct —, son impact sur la planification des ressources humaines est bien réel. Le nombre d’absences liées à la parentalité va mécaniquement augmenter, et les entreprises qui n’auront pas anticipé risquent de se retrouver en difficulté opérationnelle.
Bonne nouvelle : avec un minimum de préparation, cette réforme peut devenir un véritable atout pour votre marque employeur et la fidélisation de vos collaborateurs. Voici tout ce que vous devez savoir, et surtout tout ce que vous devez faire, avant juillet 2026.
Congé supplémentaire de naissance : ce que dit la loi
Durée, fractionnement et conditions d’éligibilité
Le congé supplémentaire de naissance, créé par l’article L. 1225-46-2 du Code du travail, offre à chaque parent un droit individuel à 1 ou 2 mois de congé indemnisé. Ce congé est ouvert à tous les parents d’un enfant né ou adopté à partir du 1er janvier 2026.
Point clé : ce congé est individuel. Les deux parents y ont droit, indépendamment l’un de l’autre. Ils peuvent le prendre simultanément ou en alternance — c’est leur choix, pas celui de l’employeur.
Le fractionnement est possible : un parent peut prendre ses 2 mois en une seule période, ou les découper en deux périodes distinctes d’un mois non consécutives. Cette souplesse, pensée pour s’adapter aux réalités familiales, a aussi un impact direct sur l’organisation côté entreprise, puisqu’elle peut signifier deux absences distinctes plutôt qu’une seule.
Conditions préalables à retenir :
Le parent doit avoir épuisé l’intégralité de son congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant, ou d’adoption
Le congé doit être pris dans un délai de 9 mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant
Pour les naissances entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, un délai transitoire s’applique : le congé peut être pris jusqu’au 31 mars 2027
Critère
Détail
Bénéficiaires
Chaque parent (salarié, indépendant, fonctionnaire, agent public)
Durée
1 ou 2 mois, au choix du parent
Fractionnement
2 périodes d’1 mois non consécutives possibles
Condition préalable
Avoir pris l’intégralité du congé maternité/paternité/adoption
Délai de prise
9 mois après la naissance ou l’arrivée de l’enfant
Entrée en vigueur
1er juillet 2026
Rétroactivité
Naissances dès le 1er janvier 2026
Indemnisation : ce que verse la CPAM, ce que paie l’employeur
L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance est entièrement prise en charge par l’Assurance Maladie (CPAM). Elle est dégressive :
Période
Taux d’indemnisation
Plafond
1er mois
70 % du salaire journalier net
Plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026)
2e mois
60 % du salaire journalier net
Plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026)
Ce que cela signifie pour l’employeur : aucun coût salarial direct. Vous n’avez rien à verser, sauf si votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit un complément de maintien de salaire — ce qui pourrait devenir un sujet de négociation dans les mois à venir.
Pour les fonctionnaires, l’indemnisation est calculée sur le traitement indiciaire et les primes, avec un maintien à 100 % du supplément familial de traitement et de l’indemnité de résidence. Les travailleurs indépendants et auto-entrepreneurs bénéficient également de ce droit, selon des modalités d’indemnisation propres à leur régime.
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Non-cumul avec la PreParE : ce qu’il faut retenir
Le congé supplémentaire de naissance ne peut pas être pris en même temps que la Prestation Partagée d’Éducation de l’Enfant (PreParE), qui finance le congé parental d’éducation versé par la CAF.
En revanche, les deux dispositifs peuvent se succéder : un parent peut d’abord prendre son congé supplémentaire de naissance (indemnisé par la CPAM), puis enchaîner avec un congé parental d’éducation financé par la PreParE — ou inversement.
En pratique, la distinction est importante :
Congé supplémentaire de naissance
Congé parental (PreParE)
Durée max
2 mois
Jusqu’à 3 ans
Indemnisation
70 % puis 60 % du net (CPAM)
Forfait ~428 €/mois (CAF)
Accord employeur
Non requis
Non requis
Impact carrière
Limité (courte durée)
Potentiellement significatif
Cumul possible
Non cumulable avec PreParE
Non cumulable avec congé naissance
Le conseil Extencia : pour vos salariés qui hésitent entre les deux, le congé supplémentaire de naissance est financièrement bien plus avantageux. Orientez-les vers ce dispositif en priorité.
Ce qui change concrètement pour l’employeur
Délai de prévenance et formalités
L’employeur ne peut pas refuser ce congé — c’est un droit du salarié. Mais le parent doit respecter un délai de prévenance :
1 mois avant la date souhaitée de début du congé
15 jours si le congé fait immédiatement suite au congé de paternité et d’accueil de l’enfant
Le salarié doit préciser dans sa demande : la date de début, la durée choisie (1 ou 2 mois), et le cas échéant le fractionnement souhaité.
Checklist employeur — À réception de la demande :
Vérifier que le congé maternité/paternité/adoption a bien été pris en intégralité
Noter la date de début et la durée déclarée
Identifier si le congé est fractionné (deux périodes à planifier)
Transmettre l’information au service paie / à votre expert-comptable
Lancer la recherche de remplacement si nécessaire
Mettre à jour le planning prévisionnel des absences
Protection renforcée contre le licenciement
Le salarié en congé supplémentaire de naissance bénéficie d’une protection identique à celle du congé maternité ou paternité. Concrètement, l’employeur ne peut pas rompre le contrat de travail pendant cette période, sauf en cas de :
Faute grave du salarié, non liée à la naissance de l’enfant
Impossibilité de maintenir le contrat pour un motif totalement étranger à la parentalité
Cette protection couvre également la période qui suit le retour du salarié dans l’entreprise. En d’autres termes, un licenciement prononcé peu après un congé de naissance pourrait être considéré comme discriminatoire s’il n’est pas solidement justifié.
À retenir : cette protection s’ajoute à celles déjà existantes pour les congés maternité et paternité. Pour un couple de salariés travaillant dans la même entreprise, cela peut signifier plusieurs mois continus de protection renforcée.
Chronologie complète des congés parentaux en 2026
Pour bien comprendre l’enchaînement des absences possibles, voici la timeline complète qu’un parent salarié peut suivre à compter de juillet 2026 :
Pour la mère (naissance simple, secteur privé) :
Congé de maternité : 16 semaines (6 avant, 10 après l’accouchement) — 100 % du net (CPAM)
Congé supplémentaire de naissance : 1 à 2 mois — 70 % puis 60 % du net (CPAM)
Le chiffre à retenir : pour un couple où les deux parents prennent le maximum, l’entreprise doit anticiper jusqu’à 4 mois d’absence cumulés au titre du seul congé supplémentaire de naissance — en plus des congés maternité et paternité classiques.
Anticiper et organiser : le plan d’action pour les PME
Cartographier les postes sensibles et les absences prévisibles
La première étape — et la plus importante — consiste à identifier les postes critiques de votre organisation : ceux pour lesquels une absence de 2 mois aurait un impact significatif sur l’activité. Dans une PME de 10 à 50 salariés, cela concerne souvent les postes à responsabilité unique, sans backup naturel.
Méthode en 3 étapes :
Lister les collaborateurs en âge parental (25-45 ans) occupant des postes clés
Évaluer la criticité de chaque poste : le travail peut-il être reporté, redistribué ou externalisé pendant 2 mois ?
Anticiper les scénarios : que se passe-t-il si deux congés se chevauchent dans la même équipe ?
Exemple concret : dans un cabinet comptable de 15 personnes, si deux collaborateurs prennent chacun 2 mois de congé supplémentaire de naissance entre septembre et décembre 2026 — en pleine période fiscale —, l’impact peut être majeur. En le sachant dès l’annonce de la grossesse, le dirigeant dispose de plusieurs mois pour organiser la continuité.
Préparer le remplacement : CDD, intérim, polyvalence
Une absence de 1 à 2 mois se situe dans une zone intermédiaire : trop longue pour être simplement absorbée par l’équipe, mais trop courte pour justifier un recrutement classique.
Les solutions à envisager :
Solution
Avantages
Limites
Idéal pour…
CDD de remplacement
Cadre juridique clair, coût maîtrisé
Temps de recrutement et de formation
Postes techniques ou spécialisés
Intérim
Rapidité de mise en place
Coût plus élevé, moins de continuité
Postes opérationnels, logistique
Polyvalence interne
Aucun coût supplémentaire, montée en compétences
Surcharge de travail, risque d’épuisement
Petites équipes soudées
Temps partiel temporaire
Maintien de l’expertise, transition douce
Nécessite l’accord du salarié
Postes d’encadrement
Sous-traitance / freelance
Flexibilité, expertise pointue
Coût variable, confidentialité
Missions bien définies
La clé, c’est d’anticiper : un CDD de remplacement prend en moyenne 3 à 6 semaines à mettre en place dans une PME. Avec un délai de prévenance d’un mois seulement, chaque jour compte.
Mettre à jour les process RH et la communication interne
Au-delà de la gestion au cas par cas, la réforme du congé de naissance appelle une mise à jour structurelle de vos pratiques RH.
Checklist — Les 7 actions RH à lancer avant juillet 2026 :
Intégrer le congé supplémentaire de naissance dans votre guide RH / livret d’accueil
Mettre à jour les modèles de courrier (accusé de réception, attestation)
Informer les managers des nouvelles règles et de la protection renforcée
Vérifier si votre convention collective prévoit un complément de salaire
Adapter votre logiciel de paie pour gérer les IJSS spécifiques
Créer un process d’annonce standardisé (qui prévenir, dans quel ordre)
Prévoir un entretien de retour systématique pour faciliter la reprise
La communication interne est tout aussi importante que le process administratif. Un salarié qui se sent soutenu dans sa parentalité sera plus engagé à son retour — et moins susceptible de chercher ailleurs.
Vos process RH sont-ils prêts pour le 1er juillet 2026 ? Un audit ciblé permet de sécuriser les 7 actions à mener avant l’échéance. Demandez votre audit.
Transformer la contrainte en levier RH
QVCT et marque employeur : un argument de recrutement
La qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) n’est plus un sujet « nice to have » : c’est un critère de choix pour les candidats, en particulier chez les 25-40 ans. Or, la politique parentale d’une entreprise figure désormais en bonne place dans les critères d’attractivité.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
72 % des salariés de la génération Y considèrent la politique parentale comme un critère important dans le choix d’un employeur
1 salarié sur 3 déclare que l’accompagnement de la parentalité influence sa décision de rester dans une entreprise
Les entreprises affichant une politique parentale claire reçoivent en moyenne 25 % de candidatures en plus sur les postes qualifiés
Une entreprise qui communique positivement sur le congé de naissance — en allant au-delà du strict minimum légal — envoie un signal fort : ici, on prend soin de ses collaborateurs à toutes les étapes de leur vie.
Politique parentale et fidélisation des talents
Transformer le congé de naissance en levier de fidélisation, c’est avant tout une question de posture managériale. Quelques pratiques qui font la différence :
Les entreprises qui se démarquent :
Proposent un complément de salaire pendant le congé supplémentaire (pour atteindre 100 % du net)
Organisent un entretien de départ et de retour structuré
Maintiennent le lien avec le salarié pendant son absence (newsletter interne, invitation aux événements)
Offrent un aménagement temporaire au retour (télétravail renforcé, horaires flexibles)
Incluent la parentalité dans leur communication institutionnelle (site carrières, réseaux sociaux)
Le saviez-vous ? Un salarié dont le retour de congé parental est bien accompagné est 40 % moins susceptible de quitter l’entreprise dans les 12 mois suivants. La fidélisation commence avant même le départ en congé.
Le rôle de l’expert-comptable dans l’accompagnement
La réforme du congé de naissance touche à plusieurs domaines simultanément : droit social, gestion de la paie, organisation RH, stratégie d’entreprise. C’est précisément le type de sujet transversal où l’expert-comptable joue un rôle central, bien au-delà de la simple tenue des comptes.
Chez Extencia, nos équipes spécialisées en social et RH accompagnent les dirigeants de PME sur l’ensemble de la chaîne :
Audit social : vérification de la conformité de vos pratiques avec les nouvelles obligations
Gestion de la paie : paramétrage des IJSS, gestion des subrogations, suivi des compteurs de congés
Conseil RH : aide à la rédaction d’accords d’entreprise, négociation avec les partenaires sociaux
Pilotage : tableaux de bord prévisionnels des absences, anticipation des coûts indirects
Fort de 80 ans d’expertise et de 12 implantations en France, Extencia est le partenaire de confiance des entrepreneurs qui veulent rester concentrés sur leur activité tout en offrant le meilleur à leurs équipes.
Conclusion
Le congé supplémentaire de naissance n’est pas un sujet à découvrir le 1er juillet 2026 au matin. C’est un chantier à ouvrir dès maintenant — cartographie des postes, mise à jour des process, formation des managers.
Chez Extencia, nos équipes Social & RH accompagnent les dirigeants de PME sur l’ensemble de la chaîne : audit social, paramétrage paie, conseil organisationnel et pilotage prévisionnel. 80 ans d’expertise, 12 implantations en France, des entrepreneurs au service des entrepreneurs.
FAQ — Congé de naissance 2026 : les 7 questions que se posent les employeurs
1. Le congé supplémentaire de naissance est-il obligatoire pour le salarié ?
Non, ce congé est un droit, pas une obligation. Le salarié choisit librement de le prendre ou non, et décide de sa durée (1 ou 2 mois). En revanche, l’employeur ne peut pas le refuser si le salarié en fait la demande dans les règles.
2. L’employeur peut-il reporter la date de début du congé ?
Non. Contrairement à certains congés (comme le congé sabbatique), l’employeur ne dispose d’aucun droit de report. Le salarié fixe la date, sous réserve de respecter le délai de prévenance d’un mois (ou 15 jours s’il enchaîne directement après le congé de paternité).
3. Le congé supplémentaire de naissance coûte-t-il quelque chose à l’employeur ?
En principe, non. L’indemnisation est intégralement versée par la CPAM. Toutefois, si votre convention collective ou un accord d’entreprise prévoit un maintien de salaire complémentaire pour les congés liés à la parentalité, celui-ci pourrait s’appliquer. Vérifiez ce point avec votre expert-comptable.
4. Les deux parents peuvent-ils prendre le congé en même temps ?
Oui. Le congé est individuel : chaque parent décide indépendamment. Si les deux parents travaillent dans la même entreprise, ils peuvent tout à fait être absents simultanément. C’est un cas à anticiper dans les PME.
5. Que se passe-t-il pour les naissances survenues avant juillet 2026 ?
Le dispositif est rétroactif : tous les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 y ont droit. Pour les naissances entre janvier et mai 2026, le congé pourra être pris jusqu’au 31 mars 2027.
6. Le salarié acquiert-il des congés payés pendant le congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance suspend le contrat de travail. L’acquisition de congés payés pendant cette période dépend des dispositions de votre convention collective. En l’absence de précision, les règles applicables aux congés maternité/paternité servent de référence — et depuis la réforme de 2024, les arrêts maladie et congés liés à la parentalité ouvrent droit à des congés payés.
7. Le congé de naissance remplace-t-il le congé parental d’éducation ?
Non. Le congé supplémentaire de naissance et le congé parental d’éducation sont deux dispositifs distincts et complémentaires. Le parent peut prendre l’un après l’autre, mais pas les deux en même temps. Le congé parental (financé par la PreParE) reste accessible dans les mêmes conditions qu’avant.
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