SARL, SAS ou EI : Quel statut juridique choisir pour ouvrir votre restaurant en 2026 ?

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Sommaire

L’article en bref

Choisir son statut en 2026 dépend de votre profil de restaurateur :

  • L’Entreprise Individuelle (EI) : Idéale pour les chefs solos et les tests de concept (Food Truck). Simple mais limite le financement et la croissance.
  • La SARL (ou EURL) : Le choix du “bon père de famille”. Elle maximise votre rémunération nette (statut TNS moins chargé) et sécurise l’activité familiale.
  • La SAS (ou SASU) : L’arme des ambitieux. Indispensable pour lever des fonds, verser des dividendes (Flat Tax) ou créer une franchise, malgré un coût social plus élevé pour le dirigeant.

En cuisine comme en gestion, l’improvisation se paie cash. Alors que le bilan 2025 vient de tomber, confirmant une année noire pour le secteur CHR avec des défaillances record, le choix de votre statut juridique n’est plus une simple case administrative à cocher. C’est votre premier rempart.

Ouvrir un restaurant en 2026, c’est naviguer dans un contexte où la rentabilité nette moyenne a fondu sous la barre des 6 %. Entre l’explosion des coûts matières et la pression sur les salaires, votre structure juridique doit répondre à deux impératifs vitaux : protéger votre patrimoine personnel en cas de tempête et optimiser vos charges pour dégager de la marge.

Serez-vous un chef solo en Entreprise Individuelle pour la simplicité ? Un gestionnaire prudent en SARL pour maximiser votre revenu net ? Ou un entrepreneur ambitieux en SAS pour lever des fonds et franchiser votre concept ?

Fini le jargon théorique. Voici le comparatif terrain d’Extencia pour choisir l’armure juridique adaptée à votre réalité opérationnelle.

L’Entreprise Individuelle (EI) : Le statut du chef Solo

C’est souvent le premier réflexe : la simplicité avant tout. Mais attention, en restauration, “simple” ne veut pas toujours dire “rentable”.

Le Portrait : Pour qui ?

Ce statut est taillé sur mesure pour le projet ultra-léger ou le test grandeur nature. Vous êtes un chef qui lance un Food Truck, une activité de traiteur à domicile, ou une petite sandwicherie sans prétention de maillage territorial immédiat. Vous êtes seul maître à bord, sans associés, et vous voulez limiter la paperasse au strict minimum pour vous concentrer sur vos fourneaux.

L’atout majeur : La protection sans la lourdeur

Longtemps, l’EI faisait peur car elle exposait tous vos biens personnels. C’est fini. Depuis la réforme de 2022, la séparation des patrimoines est automatique. Concrètement ? Si votre restaurant fait faillite, les créanciers ne peuvent saisir que vos biens professionnels (fours, stocks, fonds de commerce). Votre résidence principale et votre voiture personnelle sont, par défaut, à l’abri. Ajoutez à cela une création quasi-instantanée et des obligations comptables allégées (surtout en micro-entreprise), et vous avez le statut “starter” par excellence.

Le piège : Le plafond de verre

Ne vous laissez pas berner par la facilité de la micro-entreprise. En restauration, le plafond de chiffre d’affaires est d’environ 188 700 €. Dès que vous dépassez ce seuil (ce qui arrive vite avec un restaurant qui tourne bien), vous basculez au régime réel. Et là, le bât blesse :

  • Zéro investisseur : Vous ne pouvez pas vendre de “parts” de votre entreprise pour financer une deuxième ouverture ou refaire la cuisine. L’EI est fermée aux capitaux extérieurs.+1
  • Fiscalité brutale : Tout le bénéfice est considéré comme votre revenu. Vous payez l’impôt et les charges sociales sur l’intégralité du profit, même si vous vouliez laisser cet argent en trésorerie pour acheter un nouveau piano de cuisson l’année suivante.
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Notre avis

L’EI est excellente pour se tester pendant 12 à 24 mois. Mais si votre ambition est de construire un actif valorisable et de gérer votre croissance, elle deviendra vite un corset trop serré.

Chef cuisinier concentré préparant une assiette dans une cuisine professionnelle moderne.

La SARL (ou EURL) : La forteresse du restaurateur gestionnaire

Si l’EI est une barque légère, la SARL est un brise-glace. C’est la structure historique, conçue pour durer et protéger.

Le Portrait : Pour qui ?

Vous montez un restaurant familial, un bistrot avec un ami de longue date, ou une affaire que vous comptez gérer “en bon père de famille” sur le long terme. C’est le statut idéal pour les couples ou les associés qui cherchent un cadre juridique strict et sécurisant, où les parts ne peuvent pas être vendues à un inconnu sans l’accord des autres (la fameuse clause d’agrément).

L’atout financier : Le bouclier TNS

C’est ici que l’expertise comptable fait la différence sur votre fiche de paie. En étant gérant majoritaire de votre SARL (vous détenez plus de 50 % des parts, seul ou en famille), vous bénéficiez du statut de Travailleur Non Salarié (TNS).

Pourquoi est-ce crucial en 2026 ? Pour le coût de votre rémunération :

  • En SARL (TNS) : Pour vous verser 1 000 € nets, cela coûte environ 1 450 € à votre entreprise.
  • En SAS (Salarié) : Pour le même net, cela coûterait environ 1 750 €.

Sur une année, l’écart est massif. Pour une rémunération annuelle de 100 000 €, la SARL permet d’économiser environ 35 000 € de charges sociales par rapport à la SAS. Dans un secteur où les marges sont faibles, c’est souvent cet écart qui permet de rester dans le vert.

La limite : Le piège des dividendes

Si la SARL est reine pour le salaire, elle est punitive pour les dividendes. Dès que les dividendes versés dépassent 10 % du capital social, ils sont soumis aux cotisations sociales (environ 45 %). Autrement dit, la SARL n’est pas faite pour les stratégies de “Cash Out” massifs en fin d’année via les dividendes. Elle est faite pour se verser une rémunération régulière optimisée.

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Notre avis

Ne choisissez pas la SARL si vous rêvez de faire entrer rapidement des Business Angels. La rigidité des statuts et l’agrément obligatoire bloqueront souvent les investisseurs externes. C’est un statut de gestionnaire, pas de spéculateur.

Mais alors, quel statut choisir si votre ambition est de créer la prochaine chaîne à succès ou de lever des fonds ? Place au favori des startups : la SAS.

Deux associés de restaurant se serrant la main pour conclure un accord de partenariat.

La SAS (ou SASU) : Le véhicule des concepts ambitieux

Si la SARL est une forteresse, la SAS est une Formule 1. C’est un outil de pilotage précis, conçu pour la vitesse et la croissance, mais qui demande une maîtrise parfaite pour ne pas sortir de piste.

Le Portrait : Pour qui ?

Vous ne comptez pas vous arrêter à un seul établissement. Votre vision ? Créer une chaîne, lancer un concept de “Food Tech”, ou développer une franchise. C’est le statut incontournable si vous avez besoin de capitaux extérieurs. Les banquiers et les investisseurs (Business Angels) exigent souvent la SAS car elle leur permet d’entrer au capital avec des règles du jeu claires, sans bloquer votre gestion opérationnelle.

L’atout stratégique : La liberté totale (et les dividendes)

Contrairement à la SARL où la loi dicte presque tout, la SAS vous offre une liberté statutaire quasi illimitée.

  • Sur-mesure : Vous pouvez rédiger des statuts qui dissocient le capital du pouvoir (ex : un investisseur met 30 % de l’argent mais n’a aucun droit de vote sur le menu ou le recrutement).
  • Le paradis des dividendes : C’est son gros point fort fiscal. Contrairement à la SARL, les dividendes versés en SAS ne sont pas soumis aux charges sociales. Ils ne subissent que la “Flat Tax” (30 % tout compris). C’est le levier parfait pour récompenser des investisseurs ou vous rémunérer en fin d’année si la trésorerie le permet.

Le coût : Le prix de la protection sociale

La liberté a un prix, et il se paie sur votre fiche de paie mensuelle. Le Président de SAS est “assimilé salarié”.

  • L’avantage : Vous bénéficiez de la même couverture sociale et retraite que vos employés (sauf le chômage). C’est rassurant.
  • L’inconvénient majeur : Cela coûte cher. Très cher. Les charges sociales représentent environ 75 % du salaire net. Pour un restaurant en démarrage avec une trésorerie tendue, se verser un salaire décent en SAS peut assécher vos comptes bien plus vite qu’en SARL.
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Notre avis

Attention au mirage des dividendes ! Pour se verser des dividendes, il faut faire des bénéfices et payer l’Impôt sur les Sociétés (IS) avant. Si votre restaurant ne dégage pas de profit les deux premières années (ce qui est classique), et que les charges sur salaire sont trop lourdes, vous risquez de travailler gratuitement. La SAS se pilote avec un prévisionnel ultra-solide.

Nous avons les portraits. Maintenant, place au duel final : comment trancher concrètement selon vos chiffres ?

Gros plan sur la signature des statuts juridiques d'un restaurant.

Le Match Final : Comment trancher selon votre stratégie ?

Vous hésitez encore ? Oubliez la théorie juridique. En restauration, le choix se résume souvent à trois batailles financières. Voici qui gagne le match selon vos priorités.

Round 1 : La rémunération mensuelle (Salaire Net)

Vous voulez maximiser ce qui tombe dans votre poche chaque mois pour vivre, quitte à avoir une protection sociale standard ?

  • Vainqueur : La SARL (Gérance Majoritaire).
  • Pourquoi ? Le statut TNS (Travailleur Non Salarié) est imbattable sur le coût. Pour un même budget “coût entreprise”, le gérant de SARL touche nettement plus en net que le président de SAS. L’économie de charges sociales (~45 % contre ~75 %) est un ballon d’oxygène vital pour la trésorerie d’un jeune restaurant.

Round 2 : Les Dividendes et le “Cash Out”

Vous avez d’autres revenus par ailleurs (ou vous vous versez un petit salaire) et vous comptez sur les bénéfices de fin d’année pour vous rémunérer grassement ?

  • Vainqueur : La SAS.
  • Pourquoi ? En SAS, les dividendes ne subissent pas de charges sociales, seulement la fiscalité (Flat Tax à 30 %). En SARL, la sanction est immédiate : dès que les dividendes dépassent 10 % du capital social, ils sont matraqués par les cotisations sociales des indépendants.

Round 3 : L’Investissement et la Revente

Vous construisez ce restaurant pour le revendre dans 5 ans ou pour dupliquer le concept avec des partenaires financiers ?

  • Vainqueur : La SAS.
  • Pourquoi ? C’est le véhicule de la scalabilité. Faire entrer un investisseur, émettre des actions spécifiques ou céder des titres est fluide et prévu par le code de commerce. En SARL, la procédure de cession de parts est plus lourde (agrément) et peut bloquer une entrée au capital rapide. Quant à l’EI, elle ne permet tout simplement pas d’ouvrir le capital.
Propriétaire de food truck servant un client, illustrant l'entreprise individuelle.

Votre restaurant mérite mieux qu’un choix par défaut

Ouvrir un restaurant en 2026 est un défi. La marge d’erreur s’est réduite, et votre structure juridique est le socle de votre résistance économique.

  • Choisissez l’EI si vous testez un concept léger, seul, avec un investissement minime.
  • Choisissez la SARL pour sécuriser un restaurant familial et optimiser votre revenu immédiat.
  • Choisissez la SAS pour bâtir une marque, lever des fonds et préparer une croissance ambitieuse.

Mais attention : ce choix n’est pas figé. Ce qui est vrai au démarrage (besoin de salaire en SARL) peut devenir un frein à la croissance (besoin d’investisseurs en SAS). La pire erreur serait de signer des statuts téléchargés sur internet sans simuler vos chiffres réels.

Ne jouez pas votre patrimoine sur un coup de tête.

Besoin d’y voir clair ? Chez Extencia, nous accompagnons chaque année des centaines de restaurateurs, du food-truck au chef étoilé. Avec notre offre You By Extencia, nous ne nous contentons pas de créer votre société : nous construisons le Business Plan qui va avec.

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FAQ – Les questions fréquentes des restaurateurs

  1. Le statut de micro-entrepreneur est-il viable pour un restaurant ? Oui pour démarrer très petit (Food Truck, traiteur), mais risqué pour un vrai restaurant. Le plafond de CA (~188 700 €) est vite atteint et vous ne pouvez pas déduire vos charges réelles (achats matières, loyer), ce qui est souvent pénalisant en restauration.
  2. Quelle est la différence de coût réel entre TNS (SARL) et Salarié (SAS) ? L’écart est significatif. En 2026, pour 1 000 € de net, comptez environ 1 450 € de coût total en SARL (TNS) contre 1 750 € en SAS (Assimilé Salarié). La SARL permet une économie de charges d’environ 30 à 40 %.
  3. Puis-je changer de statut après avoir ouvert ? Oui, transformer une EI en société ou une SARL en SAS est possible, mais c’est une opération juridique complexe et coûteuse (commissaire aux apports, frais de greffe). Mieux vaut faire le bon choix dès le départ.
  4. Quel statut choisir si j’ouvre avec des amis ? La SARL est souvent recommandée pour sa stabilité : la clause d’agrément empêche un associé de vendre ses parts à un inconnu sans votre accord. La SAS permet plus de souplesse mais demande un pacte d’associés rigoureux.
  5. Je veux me verser uniquement des dividendes, quel statut choisir ? La SAS est incontournable. Les dividendes n’y subissent pas de charges sociales (juste la Flat Tax de 30 %). En SARL, la part des dividendes supérieure à 10 % du capital est soumise aux cotisations sociales (~45 %).
  6. Quel statut protège le mieux ma maison ? Aujourd’hui, l’EI (depuis 2022), la SARL et la SAS protègent toutes votre patrimoine personnel par défaut. Attention toutefois aux cautions personnelles que la banque pourrait vous demander pour un prêt, quel que soit le statut.
  7. Est-il plus facile de revendre un restaurant en SAS ou en SARL ? La SAS facilite la cession. Les actions sont librement cessibles (sauf clause contraire), ce qui rend l’entrée et la sortie d’investisseurs ou d’acheteurs plus fluides qu’en SARL, où la procédure est plus encadrée.
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