🔍 L’article en bref
- Assiette unique : les cotisations sociales et la CSG-CRDS sont désormais calculées sur la même base — le revenu brut social diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %.
- Revenu brut social : c’est le CA moins les charges d’exploitation, sans déduction des cotisations sociales ni de la CSG déductible.
- CSG-CRDS en baisse : environ −20 %, compensée par la hausse des cotisations contributives (retraite, maladie, IJ).
- Niveau global stable : le total des prélèvements reste équivalent, mais les droits retraite et IJ s’améliorent.
- PAM et PL réglementées : attention au ciseau : remboursement URSSAF possible, mais hausse réelle côté caisse de retraite.
- Ne pas appliquer le 26 % soi-même : c’est l’URSSAF qui le fait, sauf pour l’estimation de revenu provisionnelle.
- Liasse professionnelle à jour obligatoire : nouvelle rubrique « Travailleur indépendant » sur la 2035 et la 2031, rectificative nécessaire si ancien modèle.
En avril 2026, 2,5 millions de travailleurs indépendants découvrent un nouveau parcours déclaratif sur impots.gouv.fr. Derrière les nouvelles rubriques, une refonte profonde : la réforme des cotisations sociales des indépendants modifie la base de calcul de l’ensemble des prélèvements sociaux. Prévue par la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) de 2024, elle entre en application concrète dès la régularisation des cotisations 2025 — c’est-à-dire maintenant.
Fini le système à deux assiettes. Place à un mécanisme simplifié, un revenu brut social unique et un abattement forfaitaire de 26 %. Mais derrière la promesse de simplification, les implications varient considérablement selon votre statut : entreprise individuelle à l’IR, gérant de société à l’IS, profession libérale réglementée ou praticien auxiliaire médical. Ce guide détaille le mécanisme, les conséquences par profil, et surtout les actions concrètes à mener dès votre prochaine déclaration.
Pourquoi cette réforme ? Les deux problèmes qu’elle résout
Un système circulaire devenu illisible
Jusqu’à présent, les cotisations sociales des indépendants et la CSG-CRDS reposaient sur deux assiettes distinctes et interdépendantes. L’assiette sociale correspondait au revenu net fiscal. L’assiette de la CSG-CRDS était constituée de cette même assiette… majorée des cotisations sociales elles-mêmes.
⚠️ Point de vigilance Ce mécanisme circulaire obligeait à un calcul itératif pour déterminer chaque assiette. Résultat : un système que même les professionnels du chiffre peinaient à expliquer à leurs clients.
Une CSG surpondérée, des droits sociaux sous-dimensionnés
L’autre problème : la CSG-CRDS, contribution non contributive (elle n’ouvre aucun droit individuel), représentait une part disproportionnée du total des prélèvements des indépendants. Contrairement aux salariés, chez qui les assiettes CSG et cotisations sont proches, les indépendants voyaient une part importante de leurs prélèvements « disparaître » sans contrepartie en termes de retraite ou d’indemnités journalières.
La réforme répond à ces deux critiques avec un double objectif clair : simplifier le calcul et améliorer les droits sociaux des indépendants — retraite et indemnités journalières — en réduisant la part de CSG-CRDS au profit des cotisations contributives.
| Avant réforme | Après réforme | |
|---|---|---|
| Nombre d’assiettes | 2 (sociale + CSG) | 1 seule (assiette unique) |
| Calcul | Circulaire et interdépendant | Séquence inversée, linéaire |
| CSG-CRDS | Surpondérée | Réduite d’environ 20 % |
| Cotisations retraite | Moins élevées | Augmentées (plus de droits) |
| Niveau global | X | ≈ X (équivalent) |
Le revenu brut social : la nouvelle pierre angulaire
Comment le calculer ?
Au cœur de cette réforme se trouve le revenu brut social. Son calcul diffère selon votre régime fiscal, mais le principe reste le même : on ne déduit plus les cotisations sociales ni la CSG déductible.
Pour les entreprises individuelles et gérants à l’IR :
Revenu brut social = Chiffre d’affaires − Charges d’exploitation (hors cotisations sociales et CSG déductible)
Pour les gérants et associés de sociétés à l’IS :
Revenu brut social = Rémunérations + Dividendes (> 10 % du capital) − Frais réels (hors cotisations sociales et CSG déductible)
💡 Le savoir-clé Le point essentiel à retenir : vous ne déduisez plus vos cotisations sociales ni votre CSG déductible de votre revenu déclaré. C’est l’URSSAF qui appliquera un abattement forfaitaire de 26 % sur votre revenu brut social pour obtenir l’assiette de calcul.
La séquence de calcul inversée
Auparavant, l’URSSAF calculait d’abord l’assiette sociale, puis ajoutait les cotisations pour obtenir l’assiette CSG. Désormais, la séquence est inversée :
- Vous déclarez votre revenu brut social (sans déduire les cotisations)
- L’URSSAF applique l’abattement de 26 %
- Le résultat = assiette de la CSG-CRDS = assiette sociale (sauf cas particuliers)
C’est plus lisible, et plus simple pour le déclarant. Les anciennes rubriques de cotisations sociales obligatoires et facultatives disparaissent du parcours déclaratif.
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L’abattement de 26 % : le détail qui change tout
Le principe
Cet abattement forfaitaire de 26 % remplace la déduction au réel des cotisations sociales et de la CSG déductible. Il est appliqué automatiquement par l’URSSAF sur le revenu brut social déclaré.
⚠️ Point de vigilance N’appliquez jamais vous-même l’abattement de 26 % dans le volet social de votre déclaration 2042. C’est l’URSSAF qui le fait. La seule exception : l’estimation de revenu pour ajuster vos cotisations provisionnelles — dans ce cas précis, vous devez appliquer l’abattement avant de renseigner le montant.
Les plafonds à connaître
L’abattement est encadré par un plancher et un plafond :
| Paramètre | Montant 2025 | Montant 2026 |
|---|---|---|
| Plancher (1,76 % du PASS) | 828,96 € | 845,86 € |
| Plafond (130 % du PASS) | 61 230 € | 62 478 € |
Pour les revenus très élevés, l’abattement plafonné à 62 478 € ne couvre plus intégralement l’écart avec les cotisations réelles. C’est un point de vigilance pour les indépendants à hauts revenus.
Les cas particuliers
L’assiette CSG-CRDS et l’assiette sociale sont identiques… sauf dans quelques situations :
- Revenus de remplacement (indemnités maladie, maternité, contrats Madelin) : ajoutés à l’assiette sociale, avec application de l’abattement de 26 %
- Intéressement, participation, abondement PER : déduits de l’assiette CSG pour obtenir l’assiette sociale
- Revenus d’activité à l’étranger : intégrés directement dans l’assiette sociale sans application de l’abattement de 26 %
💡 Le savoir-clé Les revenus de remplacement versés par l’assurance maladie sont transmis directement à l’URSSAF — pas besoin de les déclarer. En revanche, les indemnités journalières de contrats Madelin et les allocations du proche aidant (CAF) sont à déclarer, en montant brut avant précompte de CSG.
Qui est concerné ? Qui ne l’est pas ?
La réforme ne touche pas tout le monde de la même manière.
Concernés
- Artisans et commerçants (régime réel)
- Professions libérales réglementées et non réglementées
- Praticiens et auxiliaires médicaux (PAM) conventionnés
- Exploitants agricoles (périmètre MSA, non détaillé ici)
Non concernés
- Auto-entrepreneurs (micro-entrepreneurs) : leurs taux de cotisation ne changent pas, mais la répartition interne évolue (moins de CSG, plus de retraite/maladie)
- Médecins au RSPM (Régime Simplifié des Professions Médicales)
- Artistes-auteurs et marins
✅ Bonne pratique Si vous êtes en régime micro (hors auto-entrepreneur) — cas qui représente environ 5 % des indépendants — vous êtes bien concerné. Votre parcours déclaratif comporte des spécificités : l’URSSAF appliquera un abattement pour frais professionnels spécifique (et non le 26 %) sur votre chiffre d’affaires déclaré.
Vous ne savez pas si vous êtes concerné ? Échangez avec un expert sous 24h.

L’impact sur vos cotisations : ce qui monte, ce qui baisse
Le principe : un jeu à somme nulle… en théorie
L’objectif affiché est un niveau global de prélèvement équivalent avant et après réforme. En pratique :
- CSG-CRDS : baisse d’environ 20 % quel que soit le niveau de revenu
- Cotisation maladie : hausse pour compenser la baisse de CSG affectée à l’assurance maladie
- Cotisations retraite (base et complémentaire) : hausse permettant l’acquisition de droits supplémentaires
- Cotisations indemnités journalières : hausse des taux
📊 −20 % de CSG-CRDS en moyenne. C’est la baisse observée quel que soit le niveau de revenu, compensée par la hausse des cotisations contributives (retraite, maladie, IJ).
La nuance TI vs PAM
C’est là que la mécanique se complique — et c’est un point que peu de guides détaillent.
Pour les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, PL non réglementées) : tout passe par l’URSSAF. La baisse de CSG est compensée par la hausse des cotisations maladie et retraite. Le total reste équivalent.
Pour les praticiens auxiliaires médicaux (PAM) et les professions libérales réglementées : les cotisations retraite et invalidité-décès ne sont pas recouvrées par l’URSSAF, mais par les caisses professionnelles (CARMF, CARPIMKO, CARCDSF, CAVP…). Côté URSSAF, la baisse de CSG n’est que partiellement compensée par la hausse maladie. Résultat : des remboursements URSSAF sont possibles à la régularisation. Mais côté caisse de retraite, les cotisations augmentent.
| Côté URSSAF | Côté caisse retraite | |
|---|---|---|
| TI | CSG ↓ + Maladie/Retraite ↑ = Neutre | — (intégré URSSAF) |
| PAM / PL réglementées | CSG ↓ + Maladie ↑ = Remboursement possible | Retraite ↑ (hausse réelle) |
⚠️ Point de vigilance Si vous êtes pharmacien, médecin, infirmier ou kinésithérapeute : ne vous réjouissez pas trop vite d’un remboursement URSSAF. Vérifiez en parallèle l’appel de cotisation de votre caisse de retraite. L’effet global peut être neutre — ou légèrement favorable grâce à l’acquisition de droits supplémentaires.

La déclaration 2026 : ce qui change concrètement
Le nouveau parcours sur impots.gouv.fr
La déclaration fiscale et sociale unifiée (en place depuis 2021 pour les TI, 2023 pour les PAM) évolue significativement cette année.
Ce qui ne change pas : le volet fiscal. Vous continuez à déclarer votre revenu net fiscal dans les rubriques habituelles, à partir de votre liasse professionnelle (2031 pour les BIC, 2035 pour les BNC).
Ce qui change : le volet social. Les anciennes rubriques de cotisations sociales obligatoires et facultatives disparaissent. À la place, de nouvelles rubriques « revenu brut social » apparaissent, déclinées par régime fiscal :
- Entreprise individuelle à l’IR → cases DSDE / DSDG (montant positif ou négatif)
- Gérant associé de société à l’IR → bulletin à remplir société par société
- Entreprise individuelle ou gérant à l’IS → rubriques spécifiques rémunération brute + frais réels + dividendes
✅ Bonne pratique Pour les entreprises individuelles à l’IR en mono-liasse, le revenu brut social sera prérempli dans la 2042 à partir de la liasse professionnelle. Pour tous les autres cas (pluri-liasses, gérants IS, activités mixtes), il faudra compléter manuellement.
Les liasses professionnelles : la rubrique « Travailleur indépendant »
Les déclarations 2031 et 2035 intègrent désormais une nouvelle rubrique « Travailleur indépendant » dédiée au calcul du revenu brut social. Elle se compose de quatre items :
- Sommes à réintégrer : plus-values à court terme, revenus de cession de brevet…
- Sommes à déduire : indemnités journalières de sécurité sociale…
- Cumul des montants : calcul ligne par ligne à partir des cases existantes
- Revenu brut social : ligne DC (négatif) ou DD (positif)
- Vérifier que votre liasse 2035 ou 2031 comporte bien cette nouvelle rubrique
- Si elle a été produite sur l’ancien modèle, demander une liasse rectificative
- Reporter le revenu brut social dans le volet social de la 2042
⚠️ Point de vigilance Si votre liasse professionnelle a été réalisée sur le modèle de l’année dernière, elle est incomplète. L’URSSAF peut exiger les nouvelles rubriques en cas de contrôle. Votre expert-comptable doit produire une liasse rectificative.
Votre liasse est-elle à jour ? Parlons de votre situation.

Focus : les spécificités par statut
Gérants de société à l’IS : le bulletin société par société
Les gérants et associés de sociétés à l’impôt sur les sociétés ont un parcours déclaratif dédié. Ils doivent remplir un bulletin spécifique, accessible via un bouton dans le volet social de la 2042.
Ce bulletin se remplit société par société et comprend :
- Revenu brut social de la société (repris de la liasse professionnelle)
- Pourcentage de parts détenues dans la société
- Rémunérations et avantages personnels (prise en charge de cotisations par la société, avantages en nature…)
| Élément | Ce qu’il faut déclarer |
|---|---|
| Rémunération | Montant brut total, sans aucune déduction (ni cotisations sociales, ni CSG déductible, ni Madelin, ni intéressement/participation) |
| Frais réels | À déclarer séparément — l’abattement forfaitaire fiscal de 10 % n’est pas admis pour l’assiette sociale |
| Dividendes | Part supérieure à 10 % du capital social détenu, avant abattement fiscal de 40 % |
| Intéressement/Participation | À déclarer séparément — sera déduit de l’assiette sociale |
💡 Le savoir-clé Même si les cotisations sociales sont prises en charge par la société, elles doivent figurer dans la rémunération brute déclarée. L’URSSAF appliquera ensuite l’abattement de 26 %. Le montant déclaré doit être véritablement brut — sans aucune déduction.
Professions libérales réglementées : CAVP, CIPAV et les autres
Pour les professions libérales réglementées, les cotisations retraite et invalidité-décès sont appelées par les caisses professionnelles (et non par l’URSSAF), sauf dans le cas de la CIPAV dont le recouvrement a été repris par l’URSSAF depuis 2023.
Les taux de retraite complémentaire et de retraite de base augmentent dans le cadre de cette réforme, chaque caisse étant libre de fixer ses propres taux. L’URSSAF a détaillé spécifiquement les taux pour la CIPAV, mais les dix autres sections professionnelles appliquent le même principe : davantage de cotisations contributives, moins de CSG.
Praticiens auxiliaires médicaux : le ratio conventionné
Nouveauté majeure pour les PAM : une rubrique « ratio » est créée dans le parcours déclaratif. Elle simplifie la répartition entre assiette sociale conventionnée et assiette sociale « autre revenu ».
Comment ça fonctionne :
- Vous déclarez votre chiffre d’affaires total
- L’assurance maladie transmet votre chiffre d’affaires conventionné (actes remboursables)
- Un ratio est précalculé et préaffiché (CA conventionné / CA total)
- L’URSSAF ventile automatiquement votre assiette sociale avec ce ratio
Exemple : CA total = 100 000 €, CA conventionné = 50 000 € → Ratio = 0,5. Si l’assiette sociale finale est de 60 000 €, elle sera ventilée en 30 000 € conventionnée + 30 000 € autre revenu.
Autre bonne nouvelle : le service d’estimation de revenu s’élargit. Les PAM peuvent désormais estimer la totalité de leurs revenus (conventionnés et non conventionnés) pour mieux calibrer leurs appels provisionnels.
Pharmacien, médecin, infirmier ? Nos experts santé vous accompagnent.

Les erreurs à ne pas commettre
La réforme est technique. Voici les cinq pièges les plus fréquents que nous anticipons chez nos clients :
- Appliquer soi-même l’abattement de 26 % dans la déclaration 2042 → C’est l’URSSAF qui le fait. Seule exception : l’estimation de revenu
- Déduire les cotisations sociales du revenu brut social → Le principe même de la réforme est de ne plus les déduire
- Oublier le volet fiscal → La réforme ne concerne que le calcul des cotisations sociales. Le volet fiscal de la 2042 reste obligatoire
- Produire la liasse sur l’ancien modèle → Les nouvelles rubriques « Travailleur indépendant » sont obligatoires sur la 2035 et la 2031
- Confondre remboursement URSSAF et baisse globale (pour les PAM) → Le remboursement URSSAF peut masquer une hausse côté caisse de retraite
Les points clés à retenir :
- Ne pas appliquer soi-même l’abattement de 26 %
- Toujours déclarer le volet fiscal en plus du volet social
- Vérifier que la liasse professionnelle est au bon format
- Pour les PAM : regarder les deux côtés (URSSAF + caisse retraite)
Ce que cette réforme change pour vos droits
Au-delà de la mécanique déclarative, la réforme a un effet concret sur vos droits sociaux.
L’augmentation des cotisations retraite de base et complémentaire se traduit directement par l’acquisition de plus de droits à la retraite. Les revenus cotisés augmentent, ce qui améliore le calcul de votre pension future.
L’augmentation de la cotisation indemnités journalières renforce votre couverture en cas d’arrêt maladie ou d’accident.
Et pour les auto-entrepreneurs — même s’ils ne sont pas directement impactés sur le montant total de leurs cotisations — la redistribution interne des taux (moins de CSG, plus de retraite/maladie) améliore également leurs droits à terme.
✅ Bonne pratique Profitez de cette réforme pour faire le point sur votre protection sociale globale. Vos droits retraite s’améliorent mécaniquement, mais est-ce suffisant par rapport à vos objectifs ? Un bilan retraite personnalisé permet de répondre à cette question.

Vos prochaines étapes avec Extencia
Cette réforme n’est pas un événement isolé. C’est un changement structurel qui modifie durablement la façon dont vos cotisations sont calculées. Et comme tout changement structurel, il récompense ceux qui s’y préparent.
Chez Extencia, nos équipes accompagnent les indépendants, les professions libérales et les professionnels de santé depuis 1944. Avec 12 implantations en France et une expertise sectorielle reconnue — notamment en pharmacie (membre du CGP), en professions de santé et en professions libérales — nous maîtrisons les spécificités de chaque situation.
Ce que nous vous proposons :
- Vérification de votre liasse 2035 ou 2031 : rubrique « Travailleur indépendant » conforme, liasse rectificative si nécessaire
- Simulation de l’impact sur vos cotisations et vos droits, avec projection avant/après réforme
- Accompagnement déclaratif : saisie du revenu brut social, gestion des cas particuliers (gérants IS, PAM, activités mixtes)
- Bilan de protection sociale : profitez de l’amélioration mécanique des droits retraite pour réévaluer votre stratégie globale
Réservez votre diagnostic gratuit — nos experts vous attendent à Bordeaux, Lyon, Toulouse, Grenoble, Paris, Anglet et dans nos 12 implantations.
Questions fréquentes
Faut-il appliquer l’abattement de 26 % sur le revenu déclaré dans la 2042 ?
Non, l’abattement de 26 % est appliqué automatiquement par l’URSSAF sur les montants que vous déclarez dans le volet social de la 2042. Vous devez déclarer votre revenu brut social sans aucun abattement. La seule situation où vous devez appliquer vous-même les 26 % est lorsque vous utilisez le service d’estimation de revenu pour ajuster vos cotisations provisionnelles en cours d’année.
Les auto-entrepreneurs sont-ils concernés par cette réforme ?
Les auto-entrepreneurs ne sont pas directement impactés dans leur parcours déclaratif ni dans le montant total de leurs cotisations. Ils continuent à déclarer mensuellement ou trimestriellement leur chiffre d’affaires à l’URSSAF, et à remplir la 2042 pour le calcul de leur impôt sur le revenu. En revanche, la répartition interne de leurs cotisations évolue : la part affectée à la CSG-CRDS diminue, et celle destinée aux cotisations retraite et maladie augmente. Leurs droits à la retraite complémentaire s’améliorent donc mécaniquement, et les revenus cotisés pour la retraite de base augmentent.
Ma liasse professionnelle a été produite sur l’ancien modèle. Que dois-je faire ?
Si votre expert-comptable vous a transmis les éléments pour remplir la 2042, cela peut suffire dans l’immédiat pour compléter votre déclaration personnelle. Cependant, une liasse professionnelle rectificative (2035 ou 2031) doit impérativement être produite par votre cabinet comptable. Les nouvelles rubriques « Travailleur indépendant » y sont obligatoires, et l’URSSAF peut les exiger en cas de contrôle. L’absence de ces rubriques dans la liasse constitue un défaut de conformité qui posera problème lors d’un éventuel examen de votre dossier.
Comment le ratio conventionné fonctionne-t-il pour les praticiens auxiliaires médicaux ?
Le ratio conventionné est une nouveauté de cette réforme, spécifique aux praticiens auxiliaires médicaux (PAM). L’assurance maladie transmet à l’URSSAF votre chiffre d’affaires conventionné, c’est-à-dire la part correspondant aux actes remboursables. Un ratio CA conventionné / CA total est alors précalculé et préaffiché dans votre parcours déclaratif sur impots.gouv.fr. Ce ratio permet à l’URSSAF de ventiler automatiquement votre assiette sociale entre la part conventionnée et la part « autre revenu », supprimant ainsi un exercice de répartition manuelle qui posait problème à de nombreux professionnels de santé. Si vos éléments comptables diffèrent du ratio préaffiché, vous pouvez le modifier manuellement.
Que doit déclarer un gérant de SELARL à l’IS dans le volet social ?
Le gérant doit déclarer sa rémunération brute totale, sans aucune déduction : pas de déduction des cotisations sociales (même prises en charge par la société), pas de CSG déductible, pas de cotisations Madelin, pas d’intéressement ni de participation. Les frais réels sont déclarés séparément (l’abattement forfaitaire de 10 % n’est pas admis pour l’assiette sociale). Les dividendes supérieurs à 10 % du capital social détenu sont à déclarer dans une rubrique spécifique, avant abattement fiscal de 40 %.
Les cotisations Madelin doivent-elles être déclarées séparément ?
Non, plus maintenant. Avant la réforme, les cotisations Madelin devaient être déclarées spécifiquement en raison du calcul inversé. Désormais, elles font partie intégrante du revenu brut social déclaré — elles ne doivent donc pas être déduites. Elles restent intégrées à l’assiette de la CSG et à l’assiette sociale, mais le traitement est simplifié.
Cette réforme va-t-elle augmenter mes charges globales ?
Non, le principe fondateur de la réforme est de maintenir un niveau global de prélèvement équivalent avant et après. La CSG-CRDS baisse d’environ 20 %, compensée par la hausse des cotisations maladie et retraite. Pour les PAM et professions libérales réglementées, le solde URSSAF peut même être négatif (remboursement), mais les caisses de retraite augmentent leurs appels en parallèle. Au final, le total est stable — avec l’avantage d’acquérir plus de droits retraite et d’indemnités journalières.



