4 types de dissolution : volontaire (AGE), statutaire (automatique), judiciaire (tribunal) ou administrative (décret). Chacune suit une procédure spécifique, mais aboutit aux mêmes étapes de liquidation.
Déclaration obligatoire sous 3 mois : préfecture via le formulaire Cerfa n° 13972*03, publication gratuite au JOAFE (depuis 2020), plus déclaration INSEE si numéro SIREN.
Le liquidateur a tous les pouvoirs : inventaire, recouvrement, paiement des dettes selon l’ordre légal (salaires d’abord, puis URSSAF, fisc, fournisseurs), résiliation des contrats et licenciements éventuels.
Pas de partage entre membres : le boni de liquidation va obligatoirement à une autre association, fondation, collectivité ou établissement public. Exception pour l’Alsace-Moselle (articles 21 à 79 du Code civil local).
Licenciement économique strict : entretien préalable (5 jours ouvrables), notification (7 jours, 15 pour les cadres), PSE obligatoire à partir de 10 licenciements dans une structure de 50+ salariés.
Obligations fiscales en 60 jours : déclaration de résultats, dernière TVA (CA3 sous 30 jours), CFE/CVAE, taxe sur les salaires si applicable.
Responsabilité des dirigeants : en principe limitée, mais engageable en cas de faute de gestion, cautionnement, fraude fiscale ou infraction pénale. La loi du 14 février 2022 protège davantage les bénévoles (L. 651-2 Code de commerce).
Chaque année, des milliers d’associations loi 1901 cessent leur activité en France. Qu’il s’agisse d’un projet arrivé à terme, de difficultés financières ou d’un simple essoufflement, la dissolution d’une association ne s’improvise pas. La procédure engage des obligations juridiques, fiscales et sociales précises — et la responsabilité personnelle des dirigeants peut être mise en jeu en cas de manquement.
Pour les associations employeuses, l’enjeu est d’autant plus important : le sort des salariés, la régularisation des cotisations sociales et la clôture des comptes ajoutent une couche de complexité souvent sous-estimée.
Ce guide vous accompagne étape par étape, de la décision de dissolution jusqu’à la radiation définitive, en passant par la liquidation, la dévolution de l’actif et les obligations spécifiques aux associations qui emploient du personnel.
Les causes de dissolution d’une association loi 1901
Avant d’entamer toute démarche, il convient d’identifier le type de dissolution dont relève votre situation. La loi du 1er juillet 1901 et la jurisprudence distinguent quatre cas de figure.
La dissolution volontaire (ou amiable)
C’est le cas le plus fréquent. L’association décide librement de mettre fin à son existence, pour des raisons variées : activité insuffisante, diminution du nombre d’adhérents, difficultés financières, impossibilité d’atteindre l’objet social, ou simplement la volonté de passer à autre chose.
La décision est prise en assemblée générale extraordinaire (AGE), selon les règles prévues par les statuts. En l’absence de clause spécifique, la dissolution doit être votée à l’unanimité des membres présents.
La dissolution statutaire (ou automatique)
Certains statuts prévoient des clauses de dissolution automatique, sans délibération de l’assemblée générale. Deux scénarios classiques :
L’arrivée du terme : lorsque l’association a été créée pour une durée déterminée, elle est dissoute de plein droit à l’échéance prévue.
La réalisation de l’objet : si l’association a été constituée pour un projet précis (organisation d’un événement, construction d’un équipement…), elle prend fin une fois cet objectif atteint.
La dissolution judiciaire
Un tribunal peut prononcer la dissolution d’une association dans plusieurs cas :
Objet illicite : activité contraire aux lois ou aux bonnes mœurs, sur demande du ministère public.
Déclarations frauduleuses : informations erronées ou trompeuses publiées au Journal officiel.
Paralysie irrémédiable : obstruction systématique ou mésentente entre membres rendant tout fonctionnement impossible.
Liquidation judiciaire : lorsque l’association en cessation de paiements ne peut être redressée.
La dissolution administrative
Cas exceptionnel, la dissolution administrative est prononcée par décret en Conseil des ministres. Elle vise les associations dont l’activité porte gravement atteinte à l’ordre public, incite à la discrimination, à la haine ou à la violence, ou dont les activités sont liées au terrorisme.
Cette décision peut être contestée devant le Conseil d’État par un recours en annulation ou un référé-liberté.
💡 À noter
Quelle que soit la cause de dissolution, les étapes de liquidation et de déclaration administrative restent globalement les mêmes. Ce qui change, c’est l’organe de décision (AG, tribunal ou gouvernement) et le cadre procédural initial.
Étape 1 — La décision de dissolution en assemblée générale extraordinaire
Pour une dissolution volontaire, tout commence par la convocation d’une assemblée générale extraordinaire (AGE).
Préparer la convocation
Vérifiez d’abord ce que prévoient vos statuts en matière de :
Délai de convocation : généralement 15 jours à 1 mois avant la date de l’AGE.
Mode de convocation : lettre recommandée, email, affichage au siège… Les statuts précisent la forme requise.
Quorum : nombre minimum de membres présents ou représentés pour que l’AGE puisse valablement délibérer.
Majorité requise : les statuts peuvent prévoir une majorité simple, qualifiée (2/3 ou 3/4) ou l’unanimité. En l’absence de clause, l’unanimité des membres présents s’applique.
L’ordre du jour doit mentionner explicitement : dissolution de l’association, nomination d’un liquidateur et dévolution de l’actif.
Déroulement du vote
L’AGE délibère sur trois points successifs :
Le principe de la dissolution : vote formel selon la majorité prévue.
La nomination du ou des liquidateurs : souvent le président ou le trésorier, mais ce peut être une personne extérieure à l’association.
La dévolution de l’actif : désignation du ou des bénéficiaires du patrimoine restant après apurement du passif.
Rédiger le procès-verbal
Le PV de l’AGE est un document essentiel. Il doit mentionner :
La date, le lieu et l’heure de la réunion
Le nombre de membres présents et représentés
L’atteinte du quorum
Le résultat du vote (pour, contre, abstentions)
Le nom du liquidateur désigné
Les modalités de dévolution de l’actif
La signature du président de séance et du secrétaire
⚠️ Point de vigilance
Un PV incomplet ou irrégulier peut entraîner la nullité de la dissolution. Conservez-le soigneusement — il sera exigé lors de la déclaration en préfecture.
Étape 2 — Les démarches administratives de déclaration
Une fois la dissolution votée, vous disposez d’un délai de 3 mois pour la déclarer à l’administration, conformément à l’article 5 de la loi du 1er juillet 1901.
Déclaration auprès de la préfecture
Le dossier de déclaration comprend :
Document
Détail
Formulaire Cerfa n° 13972*03
Formulaire de déclaration de modification/dissolution
Procès-verbal de l’AGE
Copie du PV mentionnant la décision de dissolution
Statuts mis à jour
Si les statuts ont été modifiés lors de l’AGE
Courrier d’accompagnement
Lettre adressée au préfet ou sous-préfet
Le dossier est transmis à la préfecture ou sous-préfecture du siège social de l’association (ou à la préfecture de police pour Paris).
Déclaration en ligne
La démarche peut désormais être effectuée en ligne sur le site Service-Public.fr via le téléservice de modification/dissolution des associations. La plateforme vous guide pas à pas dans le remplissage du formulaire et la transmission des pièces justificatives.
Publication au Journal officiel
La dissolution fait l’objet d’une publication au Journal officiel des associations et fondations d’entreprise (JOAFE). Depuis le 1er janvier 2020, cette publication est gratuite. La diffusion intervient généralement sous 8 à 10 jours après transmission à la DILA, et au maximum sous un mois.
Déclaration à l’INSEE
Si votre association dispose d’un numéro SIREN/SIRET (ce qui est le cas de toutes les associations employeuses), vous devez également déclarer la cessation d’activité auprès de l’INSEE.
✅ Checklist des déclarations
Déclaration de dissolution à la préfecture (Cerfa 13972*03 + PV) sous 3 mois
Publication au JOAFE (gratuite)
Déclaration de cessation d’activité à l’INSEE (si numéro SIREN)
Information des partenaires, banques et organismes sociaux
La dissolution ne met pas fin instantanément à l’existence de l’association. Elle ouvre une phase de liquidation pendant laquelle l’association conserve sa personnalité juridique, mais uniquement pour les besoins de sa liquidation.
Le rôle du liquidateur
Le liquidateur — désigné par l’AGE — a pour mission de :
Dresser un inventaire complet de l’actif et du passif
Recouvrer les créances dues à l’association
Régler les dettes : fournisseurs, organismes sociaux, administration fiscale, salariés…
Résilier les contrats en cours (bail, assurances, abonnements, prestations…)
Licencier les salariés le cas échéant
Réaliser l’actif : vente des biens mobiliers et immobiliers si nécessaire
Procéder à la dévolution du boni de liquidation
Le liquidateur dispose de tous les pouvoirs d’administration et de gestion de l’association pendant cette période. Il représente l’association vis-à-vis des tiers et peut agir en justice en son nom.
L’ordre de règlement des dettes
Le liquidateur doit respecter un ordre de priorité dans le paiement des dettes :
Rang
Nature de la créance
1
Salaires et indemnités des employés (créances super-privilégiées)
2
Charges sociales (URSSAF, caisses de retraite, prévoyance)
3
Dettes fiscales (impôts, taxes)
4
Fournisseurs et créanciers chirographaires
5
Restitution des apports aux membres qui les ont effectués
Durée de la liquidation
La loi ne fixe pas de durée maximale. En pratique, la liquidation dure de quelques semaines à plusieurs mois, selon la complexité de la situation (présence de salariés, de biens immobiliers, de contentieux…).
💡 Bonne pratique
Tenez un registre détaillé de toutes les opérations de liquidation. Ce document vous protégera en cas de contestation ultérieure et facilitera l’établissement des comptes de clôture.
Étape 4 — La dévolution de l’actif : que devient le patrimoine ?
Une fois toutes les dettes réglées et les apports éventuellement restitués, il peut rester un actif net (le boni de liquidation). Sa destination obéit à des règles strictes.
Le principe : pas de partage entre les membres
C’est la règle fondamentale de la loi de 1901 : le patrimoine d’une association ne peut pas être partagé entre ses membres. L’assemblée générale appelée à se prononcer sur la dévolution ne peut attribuer aux adhérents aucune part des biens de l’association, en dehors de la reprise des apports.
Les bénéficiaires possibles
Le boni de liquidation peut être attribué à :
Bénéficiaire
Exemples
Une autre association
Même objet ou objet différent, déclarée ou RUP
Une fondation ou fonds de dotation
Fondation de France, fondation locale…
Une collectivité territoriale
Commune, département, région
Un établissement public
Hôpital, université, établissement culturel…
Un groupement d’intérêt public
GIP dans le même domaine d’activité
Qui décide de l’attribution ?
L’ordre de priorité pour la désignation du bénéficiaire est le suivant :
Les statuts : s’ils prévoient une clause de dévolution, elle s’impose.
L’assemblée générale : si les statuts sont muets, l’AGE de dissolution désigne le ou les bénéficiaires.
Le liquidateur : en l’absence de décision de l’AG, il convoque une nouvelle réunion pour statuer.
Le tribunal : si aucune réunion n’est possible (faute de membres), le juge du tribunal judiciaire tranche.
⚠️ Cas particulier de l’Alsace-Moselle
Les associations de droit local (régies par les articles 21 à 79 du Code civil local, dit « loi 1908 ») peuvent, si leurs statuts le prévoient, répartir le boni de liquidation entre les membres. C’est la seule exception sur le territoire français.
Étape 5 — Le sort des salariés dans une association employeuse
C’est souvent l’étape la plus délicate. La dissolution d’une association employeuse entraîne la cessation définitive de l’activité, ce qui constitue un motif de licenciement pour motif économique pour l’ensemble du personnel.
Le cadre juridique
La dissolution d’une association constitue un motif réel et sérieux de licenciement économique. Cependant, le liquidateur doit respecter strictement la procédure prévue par le Code du travail, comme n’importe quel employeur.
La procédure selon l’effectif
Effectif concerné
Procédure applicable
1 à 9 salariés
Entretien préalable individuel + lettre de licenciement
2 à 9 salariés (sur 30 jours)
Procédure de licenciement collectif « petit licenciement »
10 salariés et plus (sur 30 jours)
Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) obligatoire si l’association a 50+ salariés
Les étapes incontournables
Quel que soit l’effectif, le liquidateur doit :
Convoquer chaque salarié à un entretien préalable (lettre recommandée avec AR, délai minimum de 5 jours ouvrables entre la réception de la convocation et l’entretien).
Tenir l’entretien préalable : exposer les motifs économiques, écouter le salarié, évoquer les possibilités de reclassement.
Rechercher des solutions de reclassement : même si l’association n’appartient à aucun groupe, cette recherche est obligatoire (associations partenaires, réseau, etc.).
Notifier le licenciement par lettre recommandée avec AR, en respectant le délai minimum de 7 jours ouvrables après l’entretien (15 jours ouvrables pour les cadres).
Informer la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) en cas de licenciement collectif.
Les droits des salariés
Les salariés licenciés dans le cadre d’une dissolution bénéficient de l’ensemble des droits prévus par le Code du travail :
Indemnité de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà (sauf convention collective plus favorable). L’indemnité est due à partir de 8 mois d’ancienneté ininterrompue.
Indemnité compensatrice de préavis : si le préavis n’est pas effectué.
Indemnité compensatrice de congés payés : pour les congés acquis et non pris.
Accès au CSP (Contrat de Sécurisation Professionnelle) pour les associations de moins de 1 000 salariés.
Portabilité de la mutuelle et de la prévoyance pendant 12 mois maximum.
⚠️ Point de vigilance
Le non-respect de la procédure de licenciement économique expose l’association (et potentiellement ses dirigeants) à des contentieux prud’homaux coûteux. Les indemnités pour licenciement irrégulier ou sans cause réelle et sérieuse peuvent être significatives.
Étape 6 — Les obligations fiscales et sociales à la clôture
La dissolution d’une association déclenche des obligations déclaratives spécifiques auprès de l’administration fiscale et des organismes sociaux.
Obligations fiscales
Obligation
Délai
Détail
Déclaration de cessation d’activité
60 jours après la dissolution
Déclaration résumant les opérations imposables depuis le dernier exercice fiscal
Déclaration de résultats
60 jours
Même pour les associations non assujetties à l’IS, une déclaration finale est nécessaire
Dernière déclaration de TVA (CA3)
30 jours
Pour les associations au régime réel normal
Dernière déclaration de TVA (CA12)
60 jours
Pour les associations au régime réel simplifié
CFE / CVAE
60 jours
Déclaration 1329-DEF pour la liquidation et régularisation de la CVAE
Taxe sur les salaires
60 jours
Déclaration finale si l’association y est assujettie
Obligations sociales
Pour les associations employeuses, le liquidateur doit :
Établir le solde de tout compte de chaque salarié
Délivrer les documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail, reçu pour solde de tout compte
Effectuer la DSN (Déclaration Sociale Nominative) du dernier mois d’activité
Régulariser les cotisations sociales auprès de l’URSSAF
Clôturer les comptes auprès des caisses de retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO) et de prévoyance
Radier l’association de tous les organismes sociaux
✅ Checklist fiscale et sociale
Déclaration de cessation d’activité (60 jours)
Dernière déclaration de résultats
Dernière déclaration de TVA (30 ou 60 jours selon régime)
Solde de tout compte et documents de fin de contrat pour chaque salarié
DSN finale
Régularisation URSSAF
Clôture AGIRC-ARRCO et prévoyance
Radiation des organismes sociaux
La responsabilité des dirigeants : jusqu’où peut-elle aller ?
La dissolution d’une association ne met pas automatiquement les dirigeants à l’abri de poursuites. Selon les circonstances, leur responsabilité civile, pénale et financière peut être engagée.
Le principe : pas de responsabilité personnelle pour les dettes
En règle générale, les dirigeants bénévoles d’une association ne sont pas personnellement responsables des dettes de l’association. L’association, en tant que personne morale, dispose de son propre patrimoine, distinct de celui de ses dirigeants.
Les exceptions qui engagent la responsabilité personnelle
Situation
Type de responsabilité
Conséquences
Faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif
Financière (action en comblement de passif)
Le dirigeant peut être condamné à supporter tout ou partie des dettes
Cautionnement personnel (emprunt bancaire, bail…)
Civile contractuelle
Le dirigeant paie sur ses deniers propres
Manœuvres frauduleuses ou inobservation grave des obligations fiscales
Solidarité fiscale
Le dirigeant devient solidairement responsable du paiement des impôts
Infractions au droit du travail (travail dissimulé, harcèlement…)
Pénale
Amendes et peines d’emprisonnement possibles
Abus de confiance, détournement de fonds
Pénale
Poursuites pénales indépendantes de la dissolution
Association non déclarée
Civile solidaire
Tous les membres actifs peuvent être tenus des dettes
L’action en comblement de passif
Lorsqu’une association est placée en liquidation judiciaire et que son actif est insuffisant pour couvrir le passif, le tribunal peut engager une action en responsabilité pour insuffisance d’actif contre les dirigeants. Cette action est possible même si le dirigeant est bénévole.
Les fautes de gestion typiquement reprochées :
Poursuite d’une activité déficitaire sans prendre de mesures correctives
Absence de tenue de comptabilité
Non-paiement des charges sociales et fiscales
Utilisation des fonds associatifs à des fins personnelles
Non-déclaration de la cessation de paiements dans les 45 jours (formulaire Cerfa 10530 auprès du tribunal compétent)
Comment se protéger ?
Les dirigeants prudents peuvent prendre plusieurs mesures préventives :
Souscrire une assurance responsabilité des dirigeants (RC mandataires sociaux)
Tenir une comptabilité rigoureuse et faire certifier les comptes si les seuils sont atteints
Documenter toutes les décisions prises en bureau et en AG
Réagir rapidement en cas de difficultés financières : ne pas laisser la situation se dégrader
Consulter un expert-comptable avant d’engager des opérations importantes ou de procéder à la dissolution
💡 Le saviez-vous ?
L’article L. 651-2 du Code de commerce prévoit qu’en cas de « simple négligence » du dirigeant, sa responsabilité pour insuffisance d’actif ne peut être engagée. Pour les associations loi 1901 non assujetties à l’IS, la loi du 14 février 2022 ajoute une protection supplémentaire : le tribunal doit apprécier l’existence d’une faute de gestion au regard de la qualité de bénévole du dirigeant. Il faut donc démontrer une faute caractérisée, pas une simple erreur d’appréciation.
Votre prochain rendez-vous avec la sérénité
Dissoudre une association n’est jamais un geste anodin. Chaque étape — décision en AGE, liquidation, dévolution, licenciements, clôture fiscale et sociale — comporte des règles strictes dont le non-respect peut coûter cher, aux dirigeants comme à la structure.
Pour les associations employeuses, la complexité redouble : respect scrupuleux du Code du travail, régularisation URSSAF, clôture comptable, tout doit être mené en parallèle et dans les délais. Un faux pas suffit à faire basculer la responsabilité personnelle d’un dirigeant bénévole.
Depuis 1944, Extencia accompagne les associations de toutes tailles — en phase de création, de croissance ou de dissolution. Nos experts comptables spécialisés dans le secteur associatif sécurisent chaque étape, protègent votre responsabilité personnelle et vous permettent de clore cette page en toute sérénité.
Peut-on dissoudre une association loi 1901 sans assemblée générale ?
Non, sauf dissolution statutaire automatique (arrivée du terme ou réalisation de l’objet prévu aux statuts). Dans tous les autres cas de dissolution volontaire, une assemblée générale extraordinaire (AGE) est obligatoire, convoquée selon les règles statutaires de quorum et de majorité. Les dissolutions judiciaire et administrative sont prononcées respectivement par un tribunal et par décret en Conseil des ministres, sans intervention de l’AG. Dans tous les cas, un procès-verbal ou la décision officielle sert de base aux démarches de déclaration.
Que devient l’argent restant après la dissolution d’une association ?
Le boni de liquidation — c’est-à-dire l’actif net restant après paiement des dettes et restitution des apports — doit obligatoirement être attribué à une autre association, une fondation, un fonds de dotation, une collectivité territoriale, un établissement public ou un GIP. Il ne peut en aucun cas être réparti entre les membres de l’association (seule exception : les associations de droit local en Alsace-Moselle, si leurs statuts le prévoient expressément, articles 21 à 79 du Code civil local).
Les dirigeants doivent-ils payer les dettes de l’association dissoute ?
En principe non. L’association est une personne morale distincte de ses dirigeants, et ceux-ci ne sont pas tenus des dettes sur leur patrimoine personnel. Toutefois, la responsabilité personnelle peut être engagée dans plusieurs cas : faute de gestion ayant contribué à l’insuffisance d’actif (article L. 651-2 du Code de commerce), cautionnement personnel d’un emprunt, fraude fiscale avérée, infractions pénales (travail dissimulé, abus de confiance). La loi du 14 février 2022 a renforcé la protection des dirigeants bénévoles d’associations non assujetties à l’IS.
Combien de temps dure la procédure de dissolution d’une association ?
La durée varie fortement selon la complexité de la situation. La déclaration en préfecture doit intervenir dans les 3 mois suivant la décision de dissolution (article 5 de la loi du 1er juillet 1901). La phase de liquidation peut prendre de quelques semaines à plusieurs mois : plus l’association a de salariés, de biens immobiliers, de contentieux en cours ou de créances à recouvrer, plus la liquidation est longue. Les obligations fiscales, elles, doivent être respectées dans un délai de 60 jours à compter de la cessation d’activité.
Quelles sont les obligations envers les salariés en cas de dissolution ?
Le liquidateur doit procéder au licenciement économique en respectant la procédure du Code du travail : convocation à un entretien préalable (avec un délai minimum de 5 jours ouvrables), tenue de l’entretien, recherche de reclassement, notification motivée par lettre recommandée (7 jours ouvrables après l’entretien, 15 jours pour les cadres), remise des documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte). Les salariés bénéficient de toutes les indemnités légales et conventionnelles, dont l’indemnité de licenciement (1/4 de mois par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà).
Faut-il un expert-comptable pour dissoudre une association ?
Ce n’est pas une obligation légale, mais c’est vivement recommandé, surtout pour les associations employeuses, celles qui disposent d’un patrimoine significatif ou qui sont assujetties à l’IS ou à la TVA. L’expert-comptable sécurise les étapes fiscales et sociales, établit les comptes de clôture, accompagne la procédure de licenciement économique et protège les dirigeants contre les risques de mise en cause personnelle. Un accompagnement en amont permet aussi d’anticiper les cas où une liquidation judiciaire serait à éviter.
La publication de la dissolution au Journal officiel est-elle payante ?
Non, depuis le 1er janvier 2020, la publication des annonces légales d’association au JOAFE (Journal officiel des associations et fondations d’entreprise) est gratuite, qu’il s’agisse d’une création, d’une modification ou d’une dissolution. La diffusion est effectuée par la DILA dans un délai d’environ 8 à 10 jours après transmission du dossier, et au maximum sous un mois. Il suffit de déposer le formulaire Cerfa n° 13972*03 accompagné du procès-verbal de l’AGE auprès du greffe des associations de votre préfecture.
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