Crédit vendeur : vendre (et financer) une PME en 2026

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Sommaire

⏱️ Temps de lecture estimé : 12 minutes

Mis à jour en août 2026

Un dirigeant de 61 ans signe la cession de sa PME industrielle. Prix affiché : 900 000 €. Le repreneur, solide, n’obtient de sa banque que 55 % du montant. Le deal cale. Il repart sur les rails en trois lignes de protocole : un crédit vendeur de 225 000 €, remboursable sur quatre ans, adossé à un nantissement des titres.

Ce scénario n’a rien d’exceptionnel. Il est même en train de devenir la norme sur le marché de la transmission de PME. Le durcissement des conditions de crédit bancaire pousse les repreneurs à chercher un complément de financement, et le cédant est souvent le seul à pouvoir le fournir sans renégocier le prix à la baisse.

Mais un crédit vendeur mal structuré transforme un bon deal en piège de trésorerie. Car la règle fiscale est sèche : la plus-value est imposée en totalité l’année de la cession, même si une partie du prix n’arrivera que cinq ans plus tard. Avec un prélèvement forfaitaire unique passé à 31,4 % au 1er janvier 2026, l’écart entre l’encaissé et l’imposé peut devenir douloureux. Ce guide vous donne les montants, les garanties et le mécanisme d’étalement fiscal de l’article 1681 F du CGI qui remet les deux au même rythme.

🔍 L’article en bref

  • Définition : le crédit vendeur est un paiement différé ou échelonné d’une partie du prix, consenti par le cédant lui-même — pas un prêt bancaire, une modalité de paiement inscrite dans l’acte.
  • Quotité : la pratique du marché PME se situe entre 10 et 30 % du prix, sur 1 à 5 ans ; au-delà, le cédant devient banquier de sa propre entreprise.
  • Le piège fiscal : la plus-value est imposée en totalité l’année de la cession, même si une partie du prix n’est encaissée que des années plus tard.
  • Le correctif : l’article 1681 F du CGI permet un plan de règlement échelonné de l’impôt sur le revenu, calé sur l’échéancier du prix, jusqu’au 31 décembre de la 5ᵉ année suivant la cession.
  • Conditions : moins de 50 salariés, total de bilan ou chiffre d’affaires ≤ 10 M€, cession de la majorité du capital, garanties auprès du comptable public.
  • Contexte 2026 : le PFU est passé à 31,4 % (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) au 1er janvier 2026, ce qui alourdit la facture de l’année de cession.
  • Ordre des opérations : vérifier l’éligibilité et simuler AVANT la lettre d’intention — la demande d’étalement se prépare quand le prix se structure.

Crédit vendeur : ce que le cédant finance réellement

Cédant et repreneuse de PME négociant les modalités d'un crédit vendeur autour d'une table

Le crédit vendeur cession entreprise est un paiement différé ou échelonné d’une fraction du prix, consenti par le cédant lui-même. Juridiquement, ce n’est pas un prêt bancaire : c’est une modalité de paiement inscrite dans l’acte de cession. Le cédant devient créancier de son repreneur.

La confusion est fréquente avec deux autres mécanismes de la boîte à outils du M&A. Ils ne poursuivent pourtant pas le même objectif, et ne se négocient pas de la même façon.

MécanismeCe qu’il règlePrix ferme ?Risque porté par
Crédit vendeurUn problème de financementOui, le prix est arrêtéLe cédant (défaut de paiement)
Earn-out (complément de prix)Un désaccord sur la valeurNon, une part est conditionnelleLe cédant (performance future)
Garantie d’actif et de passifUn risque sur le passéOui, sous réserve d’appelLe cédant (passifs cachés)

💡 Le savoir-clé : le crédit vendeur ne se substitue pas à la garantie d’actif et de passif — il peut au contraire la sécuriser, car les échéances restant dues offrent une assiette naturelle de compensation en cas d’appel en garantie.

Pourquoi il redevient central en 2026

Le marché de la transmission ne manque ni de vendeurs ni de candidats. Il manque de financement bouclé. Bpifrance Le Lab situe le gisement d’entreprises à transmettre autour de 370 000 sociétés d’ici 2030, et BPCE L’Observatoire recense au minimum 75 000 cessions-transmissions par an.

📊 25 % des dirigeants d’entreprises françaises ont plus de 60 ans, et plus de 11 % ont dépassé 66 ans — source : BPCE L’Observatoire, cession-transmission des TPE-PME.

Cette pression démographique se heurte à un apport personnel de repreneur qui, lui, n’a pas augmenté. Le crédit vendeur devient alors la variable d’ajustement qui évite deux issues perdantes : la décote de prix, ou l’abandon pur et simple du dossier.

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Combien financer : la zone de sécurité des 10 à 30 % du prix

Dirigeante de PME industrielle évaluant la part du prix à financer par crédit vendeur

Il n’existe aucun plafond légal. La quotité se négocie. Sur le marché des PME françaises, la pratique courante se situe entre 10 et 30 % du prix de cession, sur une durée de un à cinq ans. Bpifrance Création évoque des fourchettes pouvant monter à 50 % sur les fonds de commerce, avec des durées plus courtes, de un à trois ans.

Au-delà de 30 %, le cédant cesse d’être un vendeur pour devenir un banquier. Il conserve une exposition économique à une entreprise qu’il ne dirige plus. C’est précisément la configuration qui produit les contentieux.

Profil du dossierQuotité conseilléeDuréePoint d’attention
Repreneur externe, apport ≥ 20 %, dette bancaire obtenue10 à 15 %2 à 3 ansRôle de signal de confiance vis-à-vis de la banque
Repreneur externe, financement bancaire partiel20 à 30 %3 à 5 ansGaranties réelles indispensables
Reprise interne (salarié, cadre clé)25 à 30 %4 à 5 ansApport souvent faible : allonger la durée plutôt que la quotité
Transmission familialeVariable3 à 5 ansArticuler avec le pacte Dutreil et le volet donation

Le taux d’intérêt : ni zéro, ni symbolique

Le taux se négocie librement entre les parties. Deux bornes doivent guider la discussion.

  • Le plancher fiscal : un taux nul ou dérisoire expose à une requalification en libéralité par l’administration. Le crédit vendeur doit être rémunéré à des conditions de marché.
  • Le plafond économique : au-delà du coût de la dette bancaire senior, le repreneur préférera emprunter. Le crédit vendeur perd sa raison d’être.
  • Le repère utile : caler la référence sur le taux du crédit bancaire d’acquisition obtenu par le repreneur, éventuellement majoré d’une prime de subordination.

⚠️ Point de vigilance : les intérêts perçus par le cédant personne physique constituent des revenus de capitaux mobiliers, imposés eux aussi au prélèvement forfaitaire unique. Le rendement net réel est donc inférieur au taux facial affiché dans le protocole.

Article 1681 F du CGI : étaler l’impôt sur la plus-value jusqu’à 5 ans

C’est le point que la plupart des dossiers découvrent trop tard. Le crédit vendeur ne décale pas le fait générateur de l’impôt. La plus-value de cession est imposable en totalité au titre de l’année de la vente, quelle que soit la date d’encaissement effective du prix. Un cédant peut donc devoir régler l’impôt sur des sommes qu’il n’a pas encore touchées.

Le législateur a créé un correctif : le plan de règlement échelonné prévu à l’article 1681 F du Code général des impôts. Sur demande du redevable, l’impôt sur le revenu afférent à la plus-value est réglé au rythme des encaissements du prix.

Les conditions cumulatives à respecter

ConditionContenu exact
Opération éligibleCession d’entreprise individuelle (actif immobilisé, branche complète, fonds de commerce, fonds artisanal, clientèle) ou cession de droits sociaux, avec paiement différé ou échelonné convenu entre les parties
Taille de l’entrepriseMoins de 50 salariés, et total de bilan ou chiffre d’affaires n’excédant pas 10 M€ sur l’exercice de la cession
Qualification européenneRépondre à la définition de petite entreprise de l’annexe I du règlement UE n° 651/2014
Cession de titresPorter sur la majorité du capital social, le cédant ne devant pas conserver le contrôle après l’opération
Origine de l’impositionNe pas résulter d’une rectification ou d’une procédure d’imposition d’office
Situation fiscaleÊtre à jour de l’ensemble de ses obligations fiscales déclaratives et de paiement
GarantiesConstituer auprès du comptable public des garanties propres à assurer le recouvrement

L’extension du dispositif aux cessions de droits sociaux résulte de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, dans la version de l’article en vigueur depuis le 16 février 2025. Avant cette date, le mécanisme restait cantonné aux entreprises individuelles et aux fonds — une limite que beaucoup de documentations en ligne reproduisent encore.

Durée, coût et fin anticipée du plan

  • Durée : elle ne peut excéder celle prévue pour le paiement total du prix, ni se prolonger au-delà du 31 décembre de la cinquième année qui suit celle de la cession.
  • Échéancier : les échéances de l’impôt sont calées sur les modalités de paiement du prix prévues dans l’acte. C’est l’acte qui pilote le fisc, pas l’inverse.
  • Coût : tant que le plan est respecté, la majoration applicable est plafonnée au montant de l’intérêt légal, apprécié au jour de la demande (article L. 313-2 du code monétaire et financier).
  • Dénonciation : le plan tombe si les garanties se déprécient ou deviennent insuffisantes, si une échéance est manquée, ou si le redevable cesse d’être à jour de ses obligations fiscales.

Pour référence, le taux de l’intérêt légal fixé par l’arrêté du 26 juin 2026 s’établit, pour le second semestre 2026, à 6,84 % pour les créances dues à des personnes physiques n’agissant pas pour des besoins professionnels, et à 2,75 % dans les autres cas.

⚠️ Point de vigilance : le texte de l’article 1681 F vise « l’impôt sur le revenu » afférent à la plus-value. L’extension du plan aux prélèvements sociaux de 18,6 % n’est pas explicitement prévue par la lettre de l’article (à vérifier auprès de votre service des impôts avant de signer le protocole). Cette question change l’ampleur du gain de trésorerie : elle se pose au moment de la structuration, pas après.

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Simulation chiffrée : l’effet du PFU à 31,4 % sur un crédit vendeur

Expert-comptable simulant l'imposition de la plus-value de cession et l'étalement de l'impôt

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 17,2 % auparavant. Cette hausse résulte de la majoration du taux de CSG sur les revenus du capital, confirmée par Service-Public Entreprendre.

Prenons un cas volontairement simple. SAS industrielle, 22 salariés, 4,2 M€ de chiffre d’affaires. Cession de 100 % des titres pour 900 000 €. Titres souscrits à la constitution pour 50 000 €. Plus-value nette : 850 000 €. Crédit vendeur de 25 % du prix, soit 225 000 €, remboursable sur quatre ans.

PosteCession 100 % comptantCrédit vendeur 25 % sans étalementCrédit vendeur 25 % + art. 1681 F
Prix encaissé au closing900 000 €675 000 €675 000 €
Impôt total dû (PFU 31,4 %)266 900 €266 900 €266 900 €
Dont exigible l’année suivant la cession266 900 €266 900 €185 300 €
Trésorerie nette du cédant après ce paiement633 100 €408 100 €489 700 €
Impôt reporté sur les années suivantes0 €0 €81 600 €

Lecture de la troisième colonne : les prélèvements sociaux (158 100 €) restent traités comme exigibles, et seule la fraction d’impôt sur le revenu non encore encaissée est reportée. Résultat : 81 600 € de trésorerie préservés sur l’exercice le plus tendu, soit près de 20 % de mieux que sans étalement.

📊 + 1,4 point : le passage du PFU de 30 % à 31,4 % coûte, sur cette plus-value de 850 000 €, 11 900 € d’impôt supplémentaire par rapport à une cession identique conclue en 2025.

Les deux dispositifs à articuler avec le crédit vendeur

L’étalement n’est jamais le seul levier. Deux régimes se combinent avec lui, dans des sens opposés.

  • L’abattement fixe de 500 000 € (article 150-0 D ter du CGI) pour le dirigeant de PME partant à la retraite. Il réduit l’assiette imposable à l’impôt sur le revenu, sous conditions strictes de fonctions exercées, de participation détenue et de calendrier de départ. Détails sur impots.gouv.fr.
  • La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), maintenue par la loi de finances pour 2026. Elle assure une imposition minimale de 20 % pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Une plus-value importante peut faire franchir ces seuils.

✅ Bonne pratique : faire tourner la simulation avec et sans crédit vendeur, avec et sans abattement retraite, et en testant le franchissement du seuil CDHR. C’est cette matrice à quatre cases qui détermine la quotité optimale, pas une règle de pouce.

Les garanties à exiger : le vrai sujet de la négociation

Signature de l'acte notarié formalisant les garanties du crédit vendeur

Un crédit vendeur sans garantie est un chèque en blanc. Le cédant sort de la gouvernance, perd tout accès à l’information de gestion, et conserve une créance sur une société qu’il ne contrôle plus. L’arsenal contractuel doit compenser cette asymétrie.

GarantieEfficacitéAcceptabilité repreneurRemarque
Nantissement des titres cédésÉlevéeBonneSouvent en second rang derrière la banque : vérifier le rang
Caution personnelle du repreneurÉlevéeMoyenneVérifier la consistance patrimoniale réelle
Garantie bancaire à première demandeTrès élevéeFaibleBpifrance peut garantir une partie de la caution bancaire
Hypothèque sur un bien du repreneurÉlevéeFaibleCoûteuse et longue à mettre en place
Clause de déchéance du termeDissuasiveBonneRend tout le solde exigible dès le premier impayé
Assurance décès-invalidité du repreneurCibléeBonneCouvre le risque humain, pas le risque économique

Les clauses que l’on oublie systématiquement

  • Le covenant de distribution : interdire ou plafonner les dividendes tant que le solde du crédit vendeur n’est pas remboursé.
  • L’obligation d’information : transmission des comptes annuels et d’une situation semestrielle au cédant créancier.
  • La clause de compensation : articuler explicitement le solde dû avec un appel éventuel en garantie d’actif et de passif.
  • La cession du contrôle : rendre le solde exigible si le repreneur revend la société avant l’extinction de la créance.
  • Le rang de subordination : formaliser par écrit l’accord avec la banque du repreneur, plutôt que de le subir en cas de difficulté.

💡 Le savoir-clé : le crédit vendeur doit être formalisé par écrit dans le protocole. L’acte authentique notarié est fortement recommandé — il confère force exécutoire à la créance et évite un passage devant le juge pour obtenir un titre.

Nos équipes juridiques travaillent ces clauses en tandem avec le conseil du cédant, précisément pour éviter que la négociation ne se réduise au seul montant.

Côté repreneur : intégrer le crédit vendeur au plan de financement

Repreneur de PME bouclant son plan de financement grâce au crédit vendeur

Pour le repreneur, le financement reprise PME se joue sur trois curseurs : l’apport, la dette bancaire senior et le crédit vendeur. Le troisième n’est pas un supplément gratuit — c’est une dette, avec un échéancier, qui pèse sur la capacité de remboursement de la holding.

RessourceMontantPart du prixNature
Apport personnel135 000 €15 %Capital de la holding
Dette bancaire senior (7 ans)495 000 €55 %Remboursée par les remontées de dividendes
Crédit vendeur (4 ans)225 000 €25 %Dette subordonnée
Compte courant d’associé45 000 €5 %Trésorerie d’amorçage
Total900 000 €100 %—

Le piège tient à la durée. Le crédit vendeur s’amortit sur quatre ans, la dette bancaire sur sept. Les quatre premiers exercices concentrent donc les deux services de dette. C’est là que se joue la viabilité du montage, et c’est cette période que le prévisionnel doit stresser en priorité.

✅ Bonne pratique : négocier un différé d’amortissement de 12 à 18 mois sur le crédit vendeur. Le repreneur absorbe la phase de transition, le cédant conserve ses intérêts, et le prix reste inchangé. C’est la concession la moins coûteuse pour les deux parties.

Un dernier argument, souvent décisif face au comité de crédit : le crédit vendeur est un signal. Il prouve que le cédant croit à la continuité de son entreprise. Beaucoup de banques le lisent ainsi et ajustent leur position en conséquence. Nos équipes de comptabilité construisent les prévisionnels qui portent cette démonstration.

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Le calendrier de structuration : six décisions dans le bon ordre

L’erreur la plus fréquente est chronologique. On négocie le prix, on signe, puis on découvre l’impôt. Or la demande d’étalement se prépare au moment où le prix se structure, pas au moment où l’avis d’imposition arrive.

ÉtapeDécisionMoment
1Vérifier l’éligibilité à l’article 1681 F (effectif, bilan ou CA, majorité du capital)Avant la lettre d’intention
2Simuler la plus-value, l’abattement retraite éventuel et le seuil CDHRAvant la lettre d’intention
3Arbitrer la quotité et la durée du crédit vendeurNégociation du protocole
4Caler l’échéancier du prix — il déterminera l’échéancier de l’impôtRédaction du protocole
5Verrouiller garanties, covenants et rang de subordinationRédaction du protocole
6Déposer la demande de plan de règlement échelonné, au plus tard à la date limite de paiement portée sur l’avisAnnée suivant la cession

⚠️ Point de vigilance : l’étape 6 est une date couperet. Une demande déposée après la date limite de paiement figurant sur l’avis d’imposition ferme définitivement l’accès au dispositif pour cette plus-value.

Les entreprises du commerce et du négoce comme les PME industrielles suivent la même logique. Nos experts de Bordeaux et des onze autres implantations du groupe interviennent aux six étapes, aux côtés de l’avocat et du notaire.

Crédit vendeur : vos questions les plus fréquentes

Qu’est-ce qu’un crédit vendeur dans une cession d’entreprise ?

Le crédit vendeur est un paiement différé ou échelonné d’une fraction du prix de cession, consenti par le cédant au repreneur. Il ne s’agit pas d’un prêt bancaire mais d’une modalité de paiement inscrite dans l’acte de cession : le cédant devient créancier de son acquéreur. Il porte aussi bien sur des titres de société que sur un fonds de commerce. Sur le marché des PME françaises, il couvre couramment 10 à 30 % du prix, sur une durée de un à cinq ans, moyennant un intérêt négocié entre les parties.

Quelle part du prix peut-on financer par crédit vendeur ?

Aucun plafond légal n’existe : la quotité se négocie librement. La pratique courante sur les PME se situe entre 10 et 30 % du prix de cession, et peut monter plus haut sur les fonds de commerce, avec des durées alors plus courtes. Au-delà de 30 %, le cédant conserve une exposition économique significative à une entreprise qu’il ne dirige plus, ce qui est la configuration la plus génératrice de contentieux. La quotité optimale dépend du profil du repreneur, de son apport et du niveau de dette bancaire déjà obtenu.

Comment fonctionne l’étalement de l’impôt de l’article 1681 F du CGI ?

Sur demande du redevable, l’impôt sur le revenu afférent à la plus-value de cession peut faire l’objet d’un plan de règlement échelonné. Les échéances de l’impôt sont alignées sur les modalités de paiement du prix prévues dans l’acte. La durée du plan ne peut excéder celle prévue pour le paiement total du prix ni se prolonger au-delà du 31 décembre de la cinquième année suivant celle de la cession. Tant que le plan est respecté, la majoration applicable est plafonnée au montant de l’intérêt légal apprécié au jour de la demande.

Quelles sont les conditions pour bénéficier de l’article 1681 F ?

Les conditions sont cumulatives. L’entreprise doit employer moins de cinquante salariés et présenter un total de bilan ou un chiffre d’affaires n’excédant pas dix millions d’euros sur l’exercice de la cession, tout en répondant à la définition européenne de petite entreprise. Pour une cession de droits sociaux, l’opération doit porter sur la majorité du capital et le cédant ne doit pas conserver le contrôle après la vente. Le redevable doit être à jour de ses obligations fiscales et constituer des garanties auprès du comptable public.

Le crédit vendeur permet-il de reporter les prélèvements sociaux ?

Le texte de l’article 1681 F du CGI vise expressément l’impôt sur le revenu afférent à la plus-value. Son extension aux prélèvements sociaux, portés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026, n’est pas explicitement énoncée par la lettre de l’article. Ce point doit être confirmé auprès du service des impôts compétent avant la signature du protocole, car il change sensiblement l’ampleur du gain de trésorerie attendu. C’est précisément le type de vérification à effectuer pendant la structuration du prix, pas après la cession.

Quelles garanties le cédant doit-il exiger du repreneur ?

Le nantissement des titres cédés constitue la garantie de base : en cas de défaut, le cédant peut faire jouer sa sûreté. S’y ajoutent utilement une caution personnelle du repreneur, une clause de déchéance du terme rendant tout le solde exigible dès le premier impayé, et une assurance décès-invalidité. Une garantie bancaire à première demande offre la meilleure protection mais reste difficile à obtenir. Il faut également vérifier le rang de la sûreté par rapport à la banque du repreneur et formaliser par écrit l’accord de subordination.

Quel impact la hausse du PFU à 31,4 % a-t-elle sur une cession en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique s’établit à 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, contre 30 % auparavant. Sur une plus-value d’un million d’euros, la hausse représente quatorze mille euros d’impôt supplémentaire. Elle rend l’écart entre le prix encaissé et l’impôt exigible plus sensible lorsqu’une partie du prix est différée. Elle renforce donc l’intérêt de vérifier l’éligibilité à l’étalement de l’article 1681 F dès la structuration de l’opération.

Faire du crédit vendeur un accélérateur, pas une inquiétude

Bien structuré, le crédit vendeur fait deux choses à la fois : il débloque le financement du repreneur et il préserve le prix du cédant. Mal structuré, il fait porter au vendeur un risque de contrepartie qu’aucune banque n’aurait accepté, doublé d’une charge fiscale exigible avant l’encaissement. Toute la différence tient à trois arbitrages : la quotité, les garanties, et l’anticipation de l’étalement fiscal.

C’est exactement le terrain d’Extencia Finance. Depuis 1944, nos équipes accompagnent les dirigeants sur les deux versants de l’opération : évaluation, structuration du prix, simulation fiscale, montage du plan de financement du repreneur et sécurisation juridique du protocole. Douze implantations, des experts qui connaissent votre territoire et votre secteur.

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⚠️ Cet article fournit une information générale à jour en août 2026 et ne constitue pas un conseil personnalisé. Chaque situation étant particulière, rapprochez-vous de votre expert Extencia avant toute décision de cession ou de reprise.

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