🔍 L’article en bref
- Le lieu ne compte plus : depuis 2012, c’est la consommation immédiate ou différée qui fixe le taux, pas « sur place » ou « à emporter ».
- 10 % : tout produit préparé pour être consommé immédiatement (sur place, à emporter ou livré).
- 5,5 % : produits conditionnés pour être conservés et consommés plus tard.
- 20 % : toutes les boissons alcoolisées, sans exception.
- Boissons sans alcool : 5,5 % en contenant fermé (bouteille, canette), 10 % en verre ou gobelet.
- Menus et formules : ventilation multi-taux obligatoire, sinon l’administration applique le taux le plus élevé.
- Caisse conforme : logiciel certifié ou auto-attesté, exigé et vérifié en contrôle.
Un café servi en salle, le même café dans un gobelet à emporter, une bouteille d’eau prise dans la vitrine réfrigérée : trois gestes de caisse, potentiellement trois taux de TVA différents. Pour un restaurateur qui enregistre des centaines de tickets par jour, ces micro-décisions s’accumulent. Et une caisse mal paramétrée ne se voit pas au quotidien : elle se paie d’un coup, en contrôle.
La TVA restauration 2026 ne relève pas de la théorie fiscale. C’est un réflexe opérationnel qui protège votre marge et votre trésorerie. Ce guide vous donne une grille de décision claire, produit par produit, pour appliquer le bon taux à chaque vente — sur place, à emporter ou en livraison.
Le principe qui change tout : la consommation, pas le lieu

La première erreur consiste à raisonner « salle » contre « comptoir ». Ce n’est plus le bon logiciel mental. Depuis 2012, le critère fiscal n’est plus l’endroit où le client mange, mais la consommation immédiate ou différée du produit vendu.
Ce que dit la règle
Un produit préparé pour être mangé tout de suite suit le taux intermédiaire de 10 %, qu’il soit consommé en salle ou emporté. Un produit conçu pour être conservé et consommé plus tard suit le taux réduit de 5,5 %. La question « sur place vs à emporter » devient secondaire : elle ne change rien tant que la destination du produit reste la consommation immédiate.
💡 Le savoir-clé : une pizza chaude vendue à emporter reste de la consommation immédiate. Elle est taxée à 10 %, comme si elle était servie à table.
Immédiate ou différée : les critères objectifs
L’administration ne se fie pas à l’intention du client, mais à des indices concrets et vérifiables au moment de la vente :
- Le produit est-il chaud ou réchauffé au moment de la remise ? Un plat chaud signe la consommation immédiate.
- Le conditionnement permet-il la conservation ? Une barquette scellée, un sous vide ou une conserve orientent vers le différé.
- Le produit est-il prêt à être consommé sans transformation par le client ? Si oui, c’est de l’immédiat.
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Les trois taux de TVA en restauration, décryptés

Trois taux coexistent dans un même établissement. Les maîtriser, c’est comprendre à quelle logique chacun répond. Voici la synthèse, puis le détail.
| Taux | Ce qu’il couvre | Exemples concrets |
|---|---|---|
| 10 % | Consommation immédiate | Plat du jour, burger, sandwich chaud, pizza, café en tasse |
| 5,5 % | Consommation différée (produit conservable) | Plat sous vide, conserve, bouteille d’eau, pain, glace en pot familial |
| 20 % | Boissons alcoolisées | Vin, bière, spiritueux, cocktails |
10 % — la consommation immédiate
C’est le taux du cœur de métier. Tout ce qui est préparé et servi pour être mangé sur le moment relève des 10 % : plats chauds, entrées, desserts servis à l’assiette, sandwiches et plats préparés chauds emportés. Ce taux ne dépend ni de la salle, ni du comptoir, ni du canal de vente.
5,5 % — la consommation différée
Le taux réduit vise les produits conditionnés pour durer. Un plat vendu sous vide que le client réchauffera chez lui, une conserve, une bouteille d’eau fermée, du pain, une glace en pot familial : tous conçus pour être conservés. Le critère n’est pas la nature du plat, mais sa possibilité de conservation.
20 % — les boissons alcoolisées
Aucune ambiguïté ici : les boissons alcoolisées supportent toujours le taux normal de 20 %, sans exception. Vin au verre ou en bouteille, bière pression ou canette, spiritueux, cocktail : le mode de vente n’y change rien.
⚠️ Point de vigilance : une formule « plat + verre de vin » mélange 10 % et 20 %. Elle doit impérativement être ventilée sur le ticket.
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Sur place, à emporter, livraison : la grille de décision

Passons du principe au geste de caisse. Voici comment appliquer les taux selon le canal de vente, en gardant en tête que la destination du produit prime toujours.
| Situation | Nourriture à consommer tout de suite | Produit conservable | Boisson alcoolisée |
|---|---|---|---|
| Sur place | 10 % | — | 20 % |
| À emporter | 10 % | 5,5 % | 20 % |
| Livraison | 10 % | 5,5 % | 20 % |
Sur place et à emporter : la même logique
Un menu du midi consommé en salle ou emporté dans un sac supporte le même taux de 10 %. La vente à emporter ne crée pas de régime distinct : elle ouvre simplement la possibilité de vendre aussi des produits conservables à 5,5 %, quand le conditionnement le justifie.
Livraison : le canal ne change pas le taux
La livraison d’un repas chaud, en direct ou via une plateforme, reste de la consommation immédiate à 10 %. Passer par un intermédiaire numérique ne modifie pas le taux applicable au plat lui-même. Attention en revanche à traiter séparément la commission de la plateforme, qui obéit à ses propres règles.
✅ Bonne pratique : créez dans votre caisse une fiche produit distincte par taux, plutôt que de corriger le taux à la main à chaque vente.
Le casse-tête des boissons

Les boissons concentrent la majorité des erreurs de caisse. La raison : une même canette peut relever de deux taux selon la façon dont elle est servie.
Boissons alcoolisées : 20 %, toujours
La règle est simple et sans exception. Toute boisson contenant de l’alcool est à 20 %, en salle comme à emporter. C’est la seule certitude absolue de la carte des boissons.
Boissons sans alcool : gobelet contre bouteille
Ici, le conditionnement fait basculer le taux. Un soda servi dans un verre ou un gobelet est à consommation immédiate : 10 %. La même boisson vendue en bouteille ou en canette fermée, qui peut être conservée, passe à 5,5 %. La présentation au client suffit à changer le régime fiscal.
| Boisson | Contenant fermé (bouteille, canette) | Verre ou gobelet |
|---|---|---|
| Eau, soda, jus | 5,5 % | 10 % |
| Café, thé, chocolat chaud | — | 10 % |
| Vin, bière, spiritueux | 20 % | 20 % |
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Menus, formules et multi-taux : bien ventiler

Dès qu’une vente regroupe des produits à taux différents, la ventilation devient obligatoire. C’est le point que l’administration examine en priorité en cas de contrôle.
Comment ventiler une formule
Une formule « entrée + plat + boisson » doit être décomposée selon le taux de chaque composante. Deux méthodes sont admises :
- Au prorata des prix à la carte : chaque élément conserve son taux, calculé sur son prix unitaire de vente.
- Au coût de revient : la ventilation s’appuie sur le coût de chaque composante du menu.
- Règle d’or : la méthode doit rester simple, cohérente et économiquement réaliste.
⚠️ Point de vigilance : sans ventilation, l’administration applique le taux le plus élevé à toute la formule. Une boisson alcoolisée incluse peut ainsi faire basculer l’ensemble à 20 %.
La caisse et le ticket : votre première ligne de défense
Votre logiciel de caisse doit distinguer chaque taux et le faire apparaître sur le ticket. La loi de finances pour 2026 a rétabli l’auto-certification : vous pouvez justifier la conformité de votre logiciel par un certificat d’organisme accrédité ou par une attestation individuelle de l’éditeur. Dans les deux cas, une caisse conforme et correctement paramétrée reste exigée et vérifiée en contrôle.
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Les erreurs qui coûtent cher en contrôle

La plupart des redressements en TVA restauration ne viennent pas de fraudes, mais d’habitudes de caisse jamais corrigées. Voici les pièges les plus fréquents.
- ❌ À éviter : appliquer 10 % à toutes les boissons pour « simplifier », alcool compris.
- ❌ À éviter : vendre une formule menu à taux unique sans ventiler ses composantes.
- ❌ À éviter : classer en 5,5 % un plat chaud emporté prêt à consommer.
- ✅ À faire : figer chaque taux dans une fiche produit dédiée de la caisse.
- ✅ À faire : documenter votre méthode de ventilation des formules.
« Une erreur de taux de 0,50 € par ticket, sur 150 tickets par jour, dépasse 25 000 € de base sur trois ans — la durée classique d’un contrôle. » — Repère de gestion, experts CHR Extencia
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La TVA en restauration n’est pas une contrainte abstraite : c’est un paramétrage de caisse qui, une fois bien réglé, protège votre marge et vous fait passer un contrôle sans stress. Le bon taux, au bon produit, à chaque vente — voilà toute la mécanique.
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Quel taux de TVA pour une vente à emporter en restauration ?
Une vente à emporter destinée à une consommation immédiate est taxée à 10 %, exactement comme la vente sur place. Un sandwich, une pizza chaude, un plat cuisiné réchauffé ou des sushis relèvent donc du taux de 10 %, même s’ils quittent l’établissement. Seuls les produits conditionnés pour être conservés (sous vide, en conserve, emballés) basculent à 5,5 %.
La TVA est-elle différente sur place et à emporter ?
Non. Depuis 2012, le lieu de consommation n’a plus d’incidence sur le taux. Un plat consommé sur place et le même plat emporté pour être mangé tout de suite supportent tous deux 10 %. Ce qui compte, c’est la destination du produit : consommation immédiate (10 %) ou consommation différée (5,5 %).
Quel taux de TVA pour les boissons en restauration ?
Les boissons alcoolisées sont toujours taxées à 20 %, quel que soit le mode de vente. Les boissons sans alcool suivent une double règle : 5,5 % lorsqu’elles sont vendues dans un contenant fermé permettant la conservation (bouteille, canette, brique) et 10 % lorsqu’elles sont servies dans un verre ou un gobelet, donc à consommation immédiate.
Quelle TVA pour la livraison de repas ?
La livraison suit la même logique que la vente à emporter. Un repas chaud ou un plat préparé livré pour être consommé immédiatement est taxé à 10 %. La destination du produit prime, pas le canal de distribution : commander sur une plateforme ne change pas le taux applicable au plat lui-même.
Comment ventiler la TVA d’un menu ou d’une formule ?
Un menu qui combine des produits à taux différents doit être ventilé. Deux méthodes sont admises : au prorata du prix de vente à la carte de chaque élément, ou selon leur coût de revient. La ventilation doit être simple et économiquement réaliste. Une formule « plat + boisson alcoolisée » impose ainsi de séparer la part à 10 % de la part à 20 %.
Que risque un restaurateur en cas de mauvaise ventilation de TVA ?
En l’absence de ventilation, l’administration applique le taux le plus élevé à l’ensemble de la vente, ce qui augmente la TVA due. En cas de contrôle, des rappels de TVA, des intérêts de retard et des pénalités peuvent s’ajouter sur plusieurs exercices. Une caisse mal paramétrée transforme une petite erreur quotidienne en redressement significatif.
Quel taux de TVA pour les plats préparés vendus à emporter ?
Tout dépend du conditionnement. Un plat chaud ou réchauffé, prêt à être mangé immédiatement, relève de 10 %. Le même type de plat vendu sous vide, en barquette scellée ou en conserve, conçu pour être conservé et réchauffé plus tard par le client, relève de 5,5 %. Le critère objectif est la possibilité de conservation, pas la nature du plat.



