Dirigeants : il vous reste 6 mois avant la nouvelle taxe sur les holdings

Boostez votre expertise

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir des informations stratégiques et des conseils pratiques, et faites prospérer votre entreprise

Sommaire

🔍 L’article en bref

  • Apport-cession : un montage légal (article 150-0 B ter) qui place la plus-value de cession en report d’imposition.
  • Flat tax 2026 : relevée de 30 % à 31,4 % — l’addition fiscale d’une vente de titres n’a jamais été aussi lourde.
  • Apport-cession durci : pour les ventes en moins de 3 ans, réinvestissement porté à 70 %, conservation 5 ans, immobilier et financier exclus.
  • La parade : apporter ses titres plus de 3 ans avant la vente supprime toute contrainte de réemploi.
  • Nouvelle taxe holding : 20 % par an sur les actifs non professionnels (résidences secondaires, biens somptuaires) logés en holding patrimoniale.
  • Critères cumulatifs : actifs ≥ 5 M€, revenus passifs > 50 %, capital détenu à plus de 50 % par des personnes physiques.
  • Fenêtre d’action : la taxe vise les bilans clos au 31/12/2026 — quelques mois pour réorganiser son patrimoine.

Un million d’euros sur la table, et plus de 300 000 euros qui partent en impôt avant même d’avoir touché le moindre centime. C’est la réalité que découvre tout dirigeant au moment de céder sa société. La vente d’entreprise en 2026 obéit à de nouvelles règles : la loi de finances, adoptée en lecture définitive le 2 février 2026 puis promulguée le mois suivant, a relevé la fiscalité de la plus-value et resserré le principal outil d’optimisation des cédants.

Deux mesures concentrent l’essentiel des enjeux pour les détenteurs de titres : le durcissement de l’apport-cession et la création d’une taxe sur les holdings patrimoniales. Décryptage, avec les éclairages de Dominique Ascarateil, associé chez Extencia.

L’apport-cession, ce levier que tout cédant cherche à activer

Quand un chef d’entreprise envisage de vendre, sa première question est invariablement la même : « combien vais-je payer d’impôt ? ». Et lorsque la réponse ne lui plaît pas — ce qui est fréquent — la seconde suit aussitôt : « comment réduire la note ? ». L’apport-cession est, depuis 2012, la réponse la plus puissante à cette préoccupation.

Une technique juridique parfaitement légale

Le mécanisme, encadré par l’article 150-0 B ter du Code général des impôts, se déroule en deux temps. Le dirigeant apporte d’abord les titres de sa société à une holding qu’il contrôle. C’est la holding qui, ensuite, vend les titres de la société cible. D’où le terme d’« apport-cession ».

💡 Le savoir-clé : l’apport-cession n’est pas un montage à risque, mais un dispositif voté par le législateur. La structuration juridique de la holding relève du sur-mesure — c’est tout l’enjeu d’un accompagnement par votre expert juridique et comptable.

L’enjeu fiscal : une flat tax désormais à 31,4 %

Lors d’une cession directe, la plus-value supporte la flat tax. Cette plus-value correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition des titres — ce dernier, souvent limité au capital social, reste généralement très faible. Résultat : la plus-value est presque égale au prix de vente.

Et la loi de finances pour 2026 a alourdi l’addition. La flat tax, qui s’établissait à 30 %, atteint désormais 31,4 %. En cause : la hausse des prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % avec la création d’une contribution destinée au financement de l’autonomie.

📊 311 000 € : c’est l’impôt dû sur la cession d’une société vendue 1 M€, constituée jadis avec 10 000 € de capital. La plus-value de 990 000 € est taxée à 31,4 %.

Le report d’imposition, cœur du dispositif

L’intérêt de l’apport-cession est précisément d’éviter d’assumer immédiatement ces 311 000 €. La plus-value n’est pas effacée : elle est placée en report d’imposition dans la déclaration de revenus du dirigeant.

Ce report se prolonge tout au long de sa vie. Et à son décès, la plus-value en report disparaît définitivement, sans se transmettre à ses héritiers. Un levier majeur pour les dirigeants proches de la transmission.

Vous préparez une cession ? Découvrez l’accompagnement Extencia Finance.

Explication du mécanisme d'apport-cession

Ce que la loi de finances 2026 durcit pour l’apport-cession

Tout dépend du moment où l’apport est réalisé. Si l’opération intervient plus de trois ans avant la vente finale, aucune contrainte ne pèse sur le réemploi des fonds. Si elle a lieu moins de trois ans avant la cession — y compris la veille — l’opération reste autorisée, mais sous conditions. Et ce sont précisément ces conditions que la réforme resserre.

Avant / après : trois contraintes alourdies

Contrainte (vente en moins de 3 ans)Avant 2026Depuis la LF 2026
Part du produit à réinvestir60 %70 %
Durée de conservation de l’investissement1 an5 ans
Opérations immobilières et financièresÉligiblesExclues

Sur notre exemple à 1 M€, l’obligation de réemploi grimpe ainsi de 600 000 € à 700 000 €, à conserver non plus un an mais cinq. Le réinvestissement doit par ailleurs intervenir dans les deux ans suivant la cession.

Pourquoi cela change tout pour les futurs retraités

Il existe, au fond, deux profils de vendeurs. Le premier veut rebondir : il revend pour recréer une activité. La mesure ne le contraint guère, puisqu’il réinvestit naturellement dans une nouvelle aventure économique.

Le second approche de la retraite. Il n’a aucune envie de repartir dans un projet entrepreneurial lourd. Jusqu’ici, on lui proposait souvent une activité de marchand de biens : la holding achetait un bien immobilier, le revendait, et cette opération menée sur un an suffisait à valider l’éligibilité.

⚠️ Point de vigilance : l’exclusion des opérations immobilières et financières ferme cette « fenêtre de tir ». Le dirigeant qui ne souhaite pas porter une véritable activité économique pendant cinq ans ne pourra plus, en pratique, recourir à l’apport-cession dans le délai de trois ans.

Le bon réflexe : anticiper de plus de trois ans

La solution tient en un mot : anticipation. Réaliser l’apport plus de trois ans avant la vente supprime l’intégralité des contraintes de réemploi. Plus aucune obligation de réinvestissement, plus de quota, plus de durée minimale.

  • Apport > 3 ans avant la vente : report d’imposition acquis, aucune contrainte de réinvestissement.
  • Apport < 3 ans avant la vente : 70 % à réinvestir, conservation 5 ans, immobilier et financier exclus.
  • Dans tous les cas : un montage à préparer en amont avec son conseil, jamais dans la précipitation.

Vous voulez un diagnostic personnalisé ? Réservez votre consultation gratuite.

Dirigeante proche de la retraite face au durcissement de l'apport-cession

La nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales : 20 % qui rebattent les cartes

La seconde mesure prolonge logiquement la première. Une fois la holding constituée et le produit de la vente logé à l’intérieur, des enjeux financiers considérables s’y concentrent. Le législateur a décidé, dans certaines situations, de taxer ces sociétés holding détentrices d’actifs non professionnels.

Un mécanisme simple : 20 % sur les actifs non professionnels

Inscrite à l’article 7 de la loi de finances, codifiée au nouvel article 235 ter C du CGI, la taxe sur les holdings prévoit un prélèvement annuel de 20 % sur la valeur des actifs non professionnels détenus par la société, dès lors qu’elle remplit certains critères.

Quels biens sont visés ?

Sont ciblés les actifs non professionnels logés en holding pour le seul agrément du dirigeant, notamment les biens dits somptuaires :

  • Loisirs : biens liés à la chasse et à la pêche, chevaux.
  • Mobilité de plaisance : véhicules automobiles, yachts, bateaux à voile ou à moteur.
  • Valeurs refuge : bijoux, métaux précieux, or.
  • Immobilier d’agrément : résidence secondaire, voire résidence principale mise à disposition.

💡 Le savoir-clé : seuls comptent les biens sans usage professionnel inscrits à l’actif de la holding pour l’intérêt personnel du dirigeant. Un actif réellement exploité dans l’activité n’entre pas dans l’assiette.

L’exemple de la résidence au Cap Ferret

Le cas est classique. Après son apport-cession, un dirigeant utilise une partie des fonds logés dans la holding pour acquérir une résidence secondaire — au Cap Ferret, par exemple, où les biens valent très cher.

📊 500 000 € par an : pour une résidence de 2,5 M€ détenue par la holding, la taxe à 20 % représente un coût annuel récurrent de un demi-million d’euros.

Une holding patrimoniale à arbitrer ? Échangez avec nos experts Extencia.

Résidence secondaire détenue par une holding, exemple de la taxe

Suis-je concerné ? Les trois critères cumulatifs

Toutes les holdings ne sont pas visées, loin de là. La taxe ne s’applique que si trois critères sont réunis simultanément. C’est cette combinaison qui détermine l’éligibilité.

CritèreSeuil déclencheur
Valeur des actifs détenusSupérieure ou égale à 5 millions d’euros
Nature des produits encaissésPlus de 50 % de produits non professionnels (dividendes, produits financiers, loyers)
Détention du capitalAu moins 50 % par des personnes physiques ou les membres d’une même famille

Le seuil de 5 M€ écarte d’emblée une grande partie des sociétés. Mais il en conserve un nombre significatif dans le champ d’application, notamment les holdings ayant recueilli le produit d’une belle cession.

⚠️ Point de vigilance : une holding domiciliée à l’étranger n’échappe pas forcément à la taxe. Si ses dirigeants, détenteurs de plus de 50 % du capital, sont fiscalement résidents en France, la société y reste a priori assujettie.

Comment se calcule la base taxable

Une fois les critères réunis, le calcul est direct : on additionne la valeur vénale de tous les actifs non professionnels, puis on retranche les passifs (les dettes contractées pour financer ces biens). C’est cette valeur nette qui supporte les 20 %.

Pour 3 M€ d’actifs non professionnels nets, la taxe atteint 600 000 €. Elle se règle en même temps que la liquidation de la liasse fiscale, soit cinq mois après la clôture de l’exercice. Les dirigeants et professionnels libéraux détenant un patrimoine via holding doivent y être particulièrement attentifs.

Vérification des critères d'assujettissement à la taxe holding

Le compte à rebours est lancé : agir avant le 31 décembre 2026

C’est sans doute l’information la plus opérationnelle. La taxe s’appliquera sur la base des bilans clos au 31 décembre 2026. À la mi-2026, il reste donc encore quelques mois pour organiser le patrimoine de la holding et, le cas échéant, sortir du champ d’une taxe au caractère potentiellement confiscatoire.

Pourquoi ne rien faire serait une erreur

Face à un prélèvement annuel de cette ampleur, l’inertie coûte cher. Réorganiser la structure de détention, arbitrer certains actifs, requalifier des flux ou ajuster la composition des produits : plusieurs leviers existent, mais ils demandent du temps et une analyse fine.

Bonne pratique : ne traitez jamais ces sujets dans l’urgence de la clôture. Sollicitez votre expert-comptable dès maintenant pour cartographier votre exposition et bâtir un plan d’action sur mesure.

Le rôle de l’expert-comptable : du cas par cas, jamais de recette miracle

Chaque dirigeant a ses particularités, chaque société a son histoire. Il n’existe pas de solution universelle. L’enjeu : préserver au maximum le fruit d’une vie de travail, c’est-à-dire la valeur du capital construit au fil des années.

Vérification des critères d'assujettissement à la taxe holding

Préparez votre cession comme un projet stratégique

Apport-cession durci, flat tax à 31,4 %, taxe holding de 20 % : la loi de finances 2026 transforme la vente d’entreprise en équation à plusieurs inconnues. La bonne nouvelle ? Chacune de ces mesures se pilote, à condition de s’y prendre tôt. Anticiper, c’est transformer une contrainte fiscale en stratégie patrimoniale maîtrisée.

Forts de 80 ans d’expertise et de 12 implantations, les experts d’Extencia accompagnent les dirigeants à chaque étape de la transmission. Un premier échange sans engagement vaut mieux qu’une taxe évitable. Réservez votre diagnostic gratuit dès aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’apport-cession (article 150-0 B ter) ?

L’apport-cession est une technique juridique légale, votée en 2012. Le dirigeant apporte les titres de sa société à une holding qu’il contrôle, puis la holding cède ces titres. La plus-value n’est pas imposée immédiatement : elle est placée en report d’imposition.

Pourquoi la flat tax passe-t-elle à 31,4 % en 2026 ?

La flat tax est passée de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026, en raison de la hausse des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Le taux d’impôt sur le revenu reste fixé à 12,8 %.

Qu’est-ce qui change pour l’apport-cession avec la loi de finances 2026 ?

Pour les ventes en moins de trois ans, le réinvestissement passe de 60 % à 70 %, la conservation de 1 an à 5 ans, et les opérations immobilières et financières sont désormais exclues.

Comment éviter les contraintes de réinvestissement de l’apport-cession ?

En anticipant : si l’apport est réalisé plus de trois ans avant la vente, aucune contrainte de réinvestissement ne s’applique et le report d’imposition est acquis.

Qu’est-ce que la taxe sur les holdings patrimoniales de 2026 ?

Créée par l’article 7 de la loi de finances 2026 (article 235 ter C du CGI), c’est une taxe annuelle de 20 % sur la valeur nette des actifs non professionnels détenus par une holding patrimoniale.

Quelles holdings sont concernées par la taxe de 20 % ?

Trois critères cumulatifs : actifs ≥ 5 M€, plus de 50 % de produits non professionnels (dividendes, produits financiers, loyers), et capital détenu à plus de 50 % par des personnes physiques ou une même famille.

À partir de quand la taxe sur les holdings s’applique-t-elle ?

Sur la base des bilans clos à compter du 31 décembre 2026. Elle se règle cinq mois après la clôture, avec la liasse fiscale. Il reste donc quelques mois en 2026 pour réorganiser le patrimoine.

Partagez sur

Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience en ligne. En acceptant, vous acceptez l'utilisation de cookies conformément à notre politique de confidentialité des cookies.

Close Popup
Paramètres de confidentialité sauvegardés !
Paramètres de confidentialité

Lorsque vous visitez un site Web, il peut stocker ou récupérer des informations sur votre navigateur, principalement sous la forme de cookies. Contrôlez vos services de cookies personnels ici.

Les cookies opérationnels sont utilisés pour fournir nos services et ne peuvent pas être désactivés pour ces finalités. Nous utilisons des cookies pour fournir nos services pour par exemple : Vous reconnaître lorsque vous vous connectez pour utiliser nos services. Vous reconnaître en tant que client et vous proposer d’autres fonctionnalités et services personnalisés. Afficher des fonctionnalités, des produits et des services qui pourraient vous intéresser. Conserver le suivi des éléments enregistrés dans votre panier. Prévenir les activités frauduleuses. Améliorer la sécurité. Assurer le suivi de vos préférences, comme celles sur la devise et la langue. Nous utilisons également des cookies pour comprendre comment les clients utilisent nos services afin de pouvoir apporter des améliorations.

Cookies analytiques
  • bcookie
  • li_gc
  • lidc
  • ln_or
  • UserMatchHistory
  • AnalyticsSyncHistory
  • _ga
  • _ga_*

Cookies techniques
  • isExternal
  • wordpress_logged_in
  • wordpress_sec
  • wordpress_gdpr_cookies_declined
  • wordpress_gdpr_cookies_allowed
  • wordpress_gdpr_allowed_services
  • PHPSESSID

Refuser tous les services
Save
Accepter tous les services
Cookies
Open Privacy settings