2026 = première année pleine d’application du règlement ANC n°2022-06 (modernisation des états financiers) et du règlement ANC n°2023-03 qui adapte ces évolutions au règlement ANC n°2018-06 propre aux associations.
Fin des transferts de charges : les comptes 791, 796 et 797 sont supprimés. Remplacement par 7587 (indemnités d’assurance), 7588 (autres produits divers), 708 (refacturations), 649 (refacturations de personnel).
Nouvelle définition du résultat exceptionnel : seuls les événements à la fois « majeurs » ET « inhabituels » peuvent y figurer. Les plus-values d’usage régulier, indemnités d’assurance courantes et reprises sur provisions basculent en exploitation.
Bilan et compte de résultat modernisés : nouvelle nomenclature, présentation enrichie des fonds dédiés, traçabilité renforcée des subventions d’investissement, annexe étoffée.
Spécificités associatives confirmées : traitement des fonds dédiés (poste distinct au passif), valorisation des contributions volontaires en nature (bénévolat, mises à disposition), clarification des comptes 74x (subventions, dons, cotisations).
Comparabilité 2024/2025 exigée : les comptes de l’exercice précédent doivent être retraités pour la présentation comparative en annexe — chantier souvent sous-estimé.
Effet observé sur les financements : les associations bien préparées voient leur taux d’acceptation de subventions et financements bancaires progresser de 15 à 25 % grâce à la lisibilité accrue de leurs comptes.
1,5 million d’associations en France, 165 000 employeurs associatifs, 2,2 millions de salariés. Et derrière chacune, un trésorier ou un dirigeant qui doit, en 2026, présenter ses comptes annuels sous un format qui a fondamentalement changé. La réforme portée par les règlements ANC n°2022-06 et n°2023-03 entre dans sa première année pleine d’application — pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, dont la clôture intervient en 2026.
Le millefeuille réglementaire n’a rien de cosmétique. Les transferts de charges disparaissent, le résultat exceptionnel se durcit, le bilan et le compte de résultat sont modernisés, plusieurs comptes sont supprimés ou clarifiés. Pour une association employeuse qui présente ses comptes à son assemblée générale, à un commissaire aux comptes, à un financeur public ou privé, ce sont les premiers comptes annuels qu’il va falloir produire dans la nouvelle norme — et beaucoup vont s’en apercevoir au pire moment : pendant la clôture.
Ce guide vous donne la lecture opérationnelle dont vous avez besoin. Pas un copier-coller du règlement, mais une mise en perspective concrète : qu’est-ce qui change vraiment, dans quels comptes, avec quelles conséquences pour votre bureau, votre CA et vos financeurs. Et surtout : la checklist pour ne rien rater de la clôture 2026.
1. Le règlement ANC 2022-06 en 2026 : pourquoi cette année est différente
Le millefeuille réglementaire à connaître
La réforme du plan comptable des associations ne tient pas dans un seul texte. Elle résulte de l’empilement de trois règlements de l’Autorité des Normes Comptables (ANC), chacun avec son périmètre et son calendrier propre. Comprendre la mécanique, c’est déjà gagner du temps en clôture.
Règlement
Objet
Application aux associations
ANC n°2018-06
Plan comptable spécifique des personnes morales de droit privé à but non lucratif (associations, fondations, fonds de dotation)
Socle de référence depuis le 1er janvier 2020. Toujours en vigueur en 2026.
ANC n°2022-06
Modernisation des états financiers du PCG général (nomenclature, bilan, compte de résultat)
S’applique aux associations par effet de cascade — adapté par le règlement 2023-03.
ANC n°2023-03
Mise en cohérence du règlement 2018-06 avec les nouveautés du PCG (transferts de charges, résultat exceptionnel, nomenclature)
Applicable obligatoirement aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025.
Le règlement ANC 2018-06 n’est pas remplacé. Il est amendé par le règlement 2023-03 pour intégrer les nouveautés du PCG général issues du règlement 2022-06. Une association ne « passe » donc pas à un nouveau plan comptable — elle voit son plan comptable existant évoluer sur plusieurs points clés.
Pourquoi 2026 est la première année qui compte
Les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025 appliquent obligatoirement la nouvelle norme. Pour une association dont l’exercice coïncide avec l’année civile, cela signifie que la clôture 2026 est la première à présenter intégralement les comptes annuels dans le nouveau cadre — bilan, compte de résultat, annexe.
C’est aussi l’année où :
Les contrôles internes (audit du commissaire aux comptes, vérifications des financeurs publics) basculent sur la nouvelle grille de lecture
Les comparatifs avec l’exercice précédent imposent un retraitement des comptes 2024 pour assurer la comparabilité
Les outils (logiciels comptables, modèles de tableaux de bord, supports de présentation au CA) doivent être actualisés
Si votre logiciel comptable n’a pas été mis à jour avec le nouveau plan de comptes et les nouvelles règles d’imputation, les écritures de 2025 risquent d’être imputées sur des comptes obsolètes — et la clôture 2026 demandera un travail de reclassement manuel important. Vérifiez avec votre éditeur dès maintenant.
Qui est concerné dans le secteur associatif ?
Le règlement ANC 2018-06 — et donc la réforme — concerne toutes les associations tenues d’établir des comptes annuels. Les obligations varient selon la taille et le statut :
Profil d’association
Obligation comptable
Impact de la réforme
Association employeuse
Comptabilité commerciale complète
Tous les changements applicables
Association recevant > 153 000 € de subventions publiques cumulées
Comptes annuels + publication
Tous les changements applicables
Association recevant des dons donnant droit à reçus fiscaux
Comptabilité conforme au plan comptable associatif
Tous les changements applicables
Association soumise au CAC (seuils 50 salariés / 3,1 M€ bilan / 1,55 M€ CA)
Comptes annuels certifiés
Tous les changements applicables + audit du CAC sur la nouvelle norme
Petite association sans obligation
Comptabilité simplifiée recommandée
Bonnes pratiques à intégrer si formalisation envisagée
Même si votre association n’est pas légalement tenue de produire des comptes annuels au format ANC 2018-06, l’application volontaire des nouvelles règles est un signal positif vis-à-vis de vos financeurs. Une fondation, une collectivité, une entreprise mécène apprécient des comptes lisibles et conformes au standard professionnel — c’est un atout dans les demandes de subvention ou de mécénat.
2. La fin des transferts de charges : le bouleversement n°1
Ce qui disparaît, ce qui apparaît
C’est probablement la nouveauté la plus visible dans le plan comptable des associations 2026. Les comptes de transferts de charges — utilisés depuis des décennies pour neutraliser et reclasser des charges — sont supprimés :
Compte supprimé
Ancien usage
Nouveau traitement
791 — Transferts de charges d’exploitation
Reclassement de charges d’exploitation (refacturations, mises à disposition, indemnités d’assurance)
Imputation directe par nature en classe 6 ou 7 (708, 7588, 7587, 649…)
796 — Transferts de charges financières
Reclassement de charges financières
Imputation directe en classe 7 selon la nature
797 — Transferts de charges exceptionnelles
Reclassement de charges exceptionnelles
Imputation directe selon la nature de l’opération
L’objectif du régulateur est de simplifier la lecture des comptes. Le mécanisme du transfert de charges, qui consistait à enregistrer une charge en classe 6 puis à la « neutraliser » par un produit en classe 79, brouillait la lecture du compte de résultat. En supprimant ce détour, le résultat de chaque rubrique devient directement interprétable.
Les principaux comptes de remplacement à connaître
Pour les opérations les plus fréquentes dans une association, voici les comptes à utiliser désormais à la place des anciens transferts de charges :
Opération
Avant 2025
Depuis 2025
Refacturation de personnel mis à disposition (ex : convention avec une autre association)
Charge en 64x + produit en 791
Charge en 64x maintenue • produit en 7588 ou 708 (selon nature)
Remboursement d’assurance sur sinistre matériel
Charge en 6x + produit en 791
Charge en 6x maintenue • produit en 7587 « Indemnités d’assurance reçues »
Remboursement par un partenaire de frais engagés (déplacements, fournitures)
Charge en 6x + produit en 791
Charge en 6x maintenue • produit en 7588 ou 708
Refacturation de frais de personnel entre entités d’un même groupe associatif
Charges en 64x + produit en 791
Comptabilisation en classe 6 nette ou utilisation du compte 649 « Charges de personnel — refacturation »
Indemnités journalières de Sécurité sociale (arrêt maladie d’un salarié)
Charge 64x + produit en 791
Charge 64x maintenue • produit en 7587 ou compte spécifique selon plan
Beaucoup d’associations utilisaient le 791 comme « compte fourre-tout » pour neutraliser des charges qu’elles considéraient comme « pas vraiment des charges ». La nouvelle logique vous oblige à qualifier chaque mouvement par sa nature économique réelle. Un remboursement d’assurance est un produit exceptionnel ou de gestion courante, pas une « non-charge ».
Cas pratique : l’association employeuse type
Prenons l’exemple d’une association culturelle de 8 salariés, qui :
Met à disposition une chargée de communication 2 jours par mois auprès d’une fédération partenaire, contre refacturation
A subi un sinistre dégât des eaux sur son local — l’assurance rembourse 4 800 € de travaux
Reçoit ponctuellement le remboursement par la CPAM des indemnités journalières d’un salarié en arrêt
Opération
Schéma comptable 2024
Schéma comptable 2025-2026
Refacturation chargée de com (1 200 €/an)
D 421 / C 791 — 1 200 €
D 411 / C 7588 — 1 200 €
Remboursement assurance sinistre (4 800 €)
D 512 / C 791 — 4 800 €
D 512 / C 7587 — 4 800 €
IJSS reçues (2 100 €)
D 512 / C 791 — 2 100 €
D 512 / C 7587 — 2 100 €
Lecture du compte de résultat
Charges en 6x + transferts en 791 → produit net visible
Charges en 6x brutes • produits identifiés par nature en 75x
Profitez de la première clôture 2026 pour auditer toutes les écritures historiques en compte 791 sur votre exercice précédent. Vous y trouverez souvent des mouvements mal qualifiés (un remboursement d’organisme social classé à côté d’une refacturation de personnel). C’est l’occasion de remettre à plat les flux et de renforcer votre traçabilité.
3. Nouvelle définition du résultat exceptionnel : la fin du fourre-tout
Les deux critères cumulatifs : « majeur » ET « inhabituel »
Pendant des années, le résultat exceptionnel a servi de variable d’ajustement. Plus-value de cession d’un véhicule, indemnité d’assurance, don exceptionnel, abandon de créance par un fournisseur : tout ce qui ne « collait » pas avec le résultat courant atterrissait en classe 77 ou 67. Cette époque est révolue.
Depuis le 1er janvier 2025, seuls les événements à la fois majeurs ET inhabituels peuvent figurer en résultat exceptionnel.
Critère
Définition
Comment l’évaluer
Majeur
Événement dont l’impact est susceptible d’influencer le jugement des utilisateurs des comptes (CA, AG, financeurs, banque) sur la situation patrimoniale, financière et le résultat
Comparer le montant aux indicateurs clés de l’association (total des produits, ressources propres, fonds associatifs)
Inhabituel
Événement qui n’est pas survenu lors des derniers exercices et qui n’a pas vocation à se reproduire dans les prochains exercices
Vérifier l’historique sur 3-5 ans et l’absence de récurrence prévisible
Les deux critères doivent être cumulatifs. Un événement majeur mais récurrent (par exemple une subvention exceptionnelle reçue chaque année du même financeur) n’est plus exceptionnel. Un événement inhabituel mais d’un montant modeste (une indemnisation d’assurance de 500 €) ne l’est pas non plus.
L’objectif du régulateur est de redonner du sens au résultat exceptionnel. Si une association affiche systématiquement 30 % de son résultat en exceptionnel, c’est que le classement est mal fait — ou que les opérations qualifiées d’exceptionnelles ne le sont pas. La nouvelle norme rend ce constat visible.
Ce qui sort désormais du résultat exceptionnel
Plusieurs opérations historiquement classées en exceptionnel basculent en gestion courante :
Indemnités d’assurance ne couvrant pas un événement majeur et inhabituel → compte 7587 en exploitation
Reprises sur amortissements et provisions liées à des opérations courantes → exploitation
Plus-values sur cessions d’immobilisations d’usage régulier → exploitation
Abandons de créances dans le cadre normal de l’activité → exploitation
Dons et legs courants → comptes 754/756 selon nature, en exploitation
La requalification massive de produits historiquement « exceptionnels » vers le résultat d’exploitation va mécaniquement faire évoluer la lecture des ratios de votre association. Le « résultat courant » va augmenter — pas parce que l’activité s’améliore, mais parce que des produits y entrent désormais. Anticipez cette explication auprès de votre bureau, votre CA et vos financeurs.
Ce qui reste en résultat exceptionnel
À l’inverse, les événements suivants conservent légitimement leur place en exceptionnel s’ils sont majeurs ET inhabituels :
Opération
Justification du caractère exceptionnel
Plus-value sur cession d’un bien immobilier détenu de longue date
Événement majeur (montant significatif) et inhabituel (pas de cession régulière)
Don ou legs d’un montant exceptionnel (héritage, donation immobilière)
Majeur en valeur et inhabituel par nature
Indemnité d’assurance suite à sinistre majeur (incendie du siège, inondation totale)
Conséquence directe d’un événement non récurrent
Restructuration exceptionnelle (fusion, scission, cession d’une branche d’activité)
Opération non récurrente et impactante
Litiges majeurs réglés sur l’exercice (transaction prud’homale exceptionnelle, contentieux fiscal réglé après plusieurs années)
Inhabituel par nature, généralement majeur en montant
Constituez dès maintenant une note d’analyse documentant, pour chaque opération exceptionnelle envisagée à la clôture, les deux critères « majeur » et « inhabituel ». Cette note est précieuse : elle sécurise le travail du commissaire aux comptes, justifie le classement auprès des financeurs et facilite la mémorisation des décisions pour les exercices suivants.
4. Bilan et compte de résultat modernisés : la nouvelle présentation
Ce que change la modernisation des états financiers
Le règlement ANC 2022-06 ne s’est pas contenté de retoucher quelques comptes : il a aussi modernisé les modèles de bilan et de compte de résultat. Ces nouveaux modèles s’appliquent aux associations via le règlement 2023-03.
État financier
Évolutions principales
Bilan actif
Nouvelle nomenclature plus lisible, regroupements simplifiés, traitement clarifié des immobilisations en cours
Bilan passif
Présentation actualisée des fonds propres associatifs (fonds associatifs sans droit de reprise, réserves, report à nouveau, résultat de l’exercice), traitement des fonds dédiés
Compte de résultat
Disparition des transferts de charges (classe 79 vidée pour partie), nouvelle structure des produits d’exploitation, présentation rénovée des subventions
Annexe
Information renforcée sur les fonds dédiés, les contributions volontaires en nature, les opérations significatives
Les évolutions de présentation à connaître
Plusieurs ajustements de présentation impactent directement les associations :
Le résultat de l’exercice apparaît dans les fonds propres au passif du bilan, comme auparavant — mais sa composition est désormais explicitée dans une annexe enrichie
Les fonds dédiés font l’objet d’un poste distinct du passif, avec un détail en annexe précisant l’origine (subvention publique, dons affectés, ressources affectées) et l’évolution (engagés / non engagés)
Les subventions d’investissement au passif sont présentées avec leur reprise au compte de résultat — sans changement majeur, mais avec une exigence accrue de traçabilité
Les engagements hors bilan (cautions, garanties données, locations longue durée) doivent être mentionnés en annexe avec un niveau de détail précisé par la norme
La nouvelle présentation favorise une lecture par les utilisateurs externes (financeurs publics, banques, mécènes, partenaires). Une association qui sait présenter des comptes lisibles selon le nouveau modèle gagne en crédibilité dans ses demandes de subvention ou de financement.
Comparabilité avec l’exercice précédent
C’est le vrai sujet opérationnel de la clôture 2026. Le règlement impose la comparabilité entre les comptes de l’exercice clos et ceux de l’exercice précédent. Concrètement :
Situation
Traitement
Comptes 2025 et 2024 dans la nouvelle norme
Idéal — comparabilité directe
Comptes 2025 dans la nouvelle norme, 2024 dans l’ancienne
Retraitement nécessaire des comptes 2024 pour la présentation comparative en annexe
Impossibilité technique de retraiter 2024
Mention explicite en annexe avec justification
Le retraitement des comptes 2024 pour comparabilité est souvent sous-estimé en temps. Pour une association qui utilisait massivement les comptes 791, c’est un travail de reclassement ligne à ligne. Démarrez en début d’exercice 2026, pas trois jours avant l’AG.
5. Les spécificités associatives : fonds dédiés, contributions volontaires, immobilisations
Le traitement des fonds dédiés clarifié
Les fonds dédiés sont un poste typiquement associatif : il s’agit des ressources reçues avec une affectation spécifique par le donateur ou le financeur, et non encore utilisées à la clôture. Le règlement 2018-06 avait déjà rénové leur traitement ; les ajustements de 2023-03 apportent une exigence renforcée de traçabilité.
Type de fonds dédiés
Origine
Présentation
Fonds dédiés sur subventions publiques
Conventions avec collectivités, État, agences publiques
Poste distinct au passif + détail en annexe par convention
Fonds dédiés sur dons et legs affectés
Dons avec affectation expresse du donateur
Suivi par projet ou par cause, détaillé en annexe
Fonds dédiés sur ressources affectées (mécénat, conventions privées)
Conventions de mécénat avec affectation précise
Détail par convention en annexe
Tenez un registre des fonds dédiés mis à jour à chaque opération. Pour chaque ressource affectée reçue, notez : date, montant, financeur ou donateur, objet précis de l’affectation, calendrier d’utilisation prévu. Lors de la clôture, ce registre vous évite des heures de reconstitution.
La valorisation des contributions volontaires en nature
C’est une particularité associative majeure. Les contributions volontaires en nature (bénévolat, mises à disposition gratuites, dons en nature) doivent être valorisées en pied de compte de résultat lorsqu’elles peuvent l’être de manière fiable.
Type de contribution
Valorisation possible ?
Comment
Heures de bénévolat
Oui, si comptabilisation possible
Heures × taux horaire (SMIC ou taux du marché selon nature de l’activité)
Mise à disposition gratuite de locaux
Oui
Valeur locative de marché
Dons en nature de fournitures
Oui
Valeur d’acquisition ou valeur vénale équivalente
Prestations gratuites de mécénat de compétences
Oui
Coût habituel des prestations équivalentes (avec justificatifs du mécène)
La valorisation des contributions volontaires est facultative — mais fortement recommandée. Elle révèle dans les comptes la vraie « masse économique » mobilisée par l’association. Pour les financeurs publics, c’est un indicateur clé de l’effet de levier généré par leurs subventions. Pour le bureau et le CA, c’est un argument de communication.
L’évaluation des immobilisations
Le règlement précise les règles d’évaluation et de présentation des immobilisations détenues par les associations, avec une attention particulière aux situations spécifiques au secteur :
Immobilisations reçues à titre gratuit : valorisation à la valeur vénale à la date d’entrée
Immobilisations financées par subventions d’investissement : suivi parallèle de la subvention au passif et de l’immobilisation à l’actif, avec amortissement et reprise de la subvention sur la même durée
Immobilisations mises à disposition gratuitement par un tiers : information en annexe si l’usage est significatif pour l’activité
Beaucoup d’associations ont à l’actif des immobilisations financées historiquement par subventions sans suivi parallèle rigoureux. La clôture 2026 est une occasion de remettre à plat le couple « immobilisation / subvention d’investissement » et de redresser les écarts d’amortissement / reprise.
Subventions et clarification des comptes 74x
Les comptes de subventions (classe 74) sont clarifiés dans leur usage :
Compte
Nature des ressources
741 — Subventions d’exploitation
Subventions publiques (État, collectivités, agences) reçues pour l’exploitation
742 — Versements assimilés à des subventions
Versements de partenaires publics ou parapublics assimilables à des subventions
743 — Subventions d’investissement
Pour la part rapportée au résultat de l’exercice
754 — Dons manuels et legs
Dons des particuliers donnant ou non droit à reçu fiscal
756 — Cotisations
Cotisations des membres de l’association
L’idée directrice : séparer clairement les ressources publiques, les ressources privées (mécénat, dons), les cotisations et les revenus d’activité. Pour une association multi-sources, cette clarification facilite considérablement la lecture des comptes par les financeurs.
6. Préparer sa clôture 2026 : la checklist du trésorier et du dirigeant
Les 8 actions à mener avant la clôture
Pour aborder sereinement votre première clôture sous la nouvelle norme, voici la checklist opérationnelle utilisée par nos équipes Extencia avec leurs clients associatifs :
Mettre à jour le plan de comptes dans votre logiciel comptable : ajout des comptes 7587, 7588, 649, suppression effective des 791/796/797, vérification des nouvelles versions du logiciel
Auditer les écritures 2024 en compte 791 : identifier la nature économique réelle de chaque mouvement et préparer le reclassement
Reclasser les opérations à imputation problématique en cours d’exercice 2025 : remboursements d’assurance, IJSS, refacturations de personnel
Documenter les opérations susceptibles d’être classées en exceptionnel avec une analyse écrite des critères « majeur » et « inhabituel »
Mettre à jour le registre des fonds dédiés avec un détail par financeur/donateur, le calendrier d’utilisation et l’état d’engagement à la clôture
Recalculer les amortissements et reprises de subventions d’investissement pour s’assurer du parallélisme actif/passif
Valoriser les contributions volontaires en nature (bénévolat, mises à disposition) si vous choisissez cette option, en construisant la documentation justificative
Préparer un comparatif des comptes 2024 retraités dans le nouveau format, pour la présentation comparative en annexe
Tenez une réunion de clôture interne au moins 60 jours avant l’AG, réunissant le trésorier, le directeur (s’il existe) et votre expert-comptable. Le simple fait de poser ce point fixe transforme une clôture subie en clôture pilotée. La réforme 2025-2026 demande davantage de coordination — autant l’organiser.
Le rôle du commissaire aux comptes
Si votre association est soumise au commissariat aux comptes (seuils : 50 salariés / 3,1 M€ de bilan / 1,55 M€ de chiffre d’affaires) ou nomme volontairement un CAC, son intervention est cruciale en 2026 :
Phase de la mission
Ce que le CAC va vérifier en priorité
Planification
Identification des changements majeurs liés à la réforme et de leur impact attendu
Contrôle interne
Capacité de l’association à appliquer correctement les nouvelles règles (plan de comptes, qualification des opérations)
Substantif
Audit ligne à ligne des comptes sensibles : ex-791, exceptionnels, fonds dédiés, subventions d’investissement
Annexe
Vérification de la mention explicite de la première application de la réforme et de la comparabilité
Opinion
Le rapport doit refléter la qualité de l’application de la réforme. En cas de difficultés majeures, des réserves sont possibles.
Anticipez le point de cadrage avec votre CAC dès le second semestre 2026. Cette discussion préparatoire évite les mauvaises surprises en phase de finalisation : les corrections imposées par le CAC en dernière minute coûtent beaucoup plus cher que les ajustements proactifs.
Mettre à jour ses outils et formations
La réforme ne se limite pas à la clôture. Elle impose une mise à niveau continue des pratiques :
Logiciel comptable : version à jour avec le plan de comptes 2026
Modèles de tableaux de bord : intégration de la nouvelle structure du compte de résultat
Supports de présentation au CA et à l’AG : nouveaux formats de bilan et compte de résultat
Formation du trésorier et du salarié comptable : 1/2 journée à 1 journée selon le niveau initial
Conventions avec les financeurs : vérifier que les modèles de reporting financier exigés sont compatibles avec la nouvelle norme
Plusieurs conventions de subvention imposent des annexes comptables au format ancien. Si c’est votre cas, prévoyez de produire les deux formats (nouveau pour les comptes annuels, ancien pour le financeur) jusqu’à ce que les conventions soient renégociées. Et profitez du renouvellement des conventions pour pousser les financeurs à actualiser leurs modèles.
7. Au-delà de la conformité : transformer la réforme en opportunité de pilotage
Une lecture des comptes enfin plus claire
La suppression des transferts de charges, la définition restrictive du résultat exceptionnel, la structuration des subventions et des dons : tout converge vers un compte de résultat plus parlant. Le résultat courant devient le vrai miroir de l’activité, sans neutralisations comptables.
Pour le bureau, le CA, l’assemblée générale, c’est un gain considérable. Un trésorier qui a longtemps justifié des écarts en se réfugiant derrière le « transfert de charges » est désormais contraint à une lecture économique. Et dans neuf cas sur dix, cette lecture est plus simple à présenter qu’à anticiper.
Les réformes comptables sont souvent vécues comme des contraintes. La réforme 2025-2026 a ceci de particulier qu’elle simplifie davantage qu’elle ne complexifie. Le travail initial de mise à niveau est réel, mais les exercices suivants se déroulent dans un cadre plus lisible.
Une meilleure communication financière vers les financeurs
Subventions publiques, mécénat d’entreprise, dons des particuliers : les financeurs sont les premiers utilisateurs des comptes annuels d’une association. Et leurs attentes augmentent.
Une association qui présente des comptes lisibles, normés, comparables d’un exercice à l’autre, avec un compte de résultat clair sur l’origine des ressources et l’affectation des charges, gagne en crédibilité :
Auprès des collectivités : facilité d’instruction des demandes de subvention, justification du modèle économique
Auprès des fondations et entreprises mécènes : transparence sur l’usage des fonds, démonstration de l’effet de levier (avec valorisation des contributions volontaires)
Auprès des particuliers donateurs : confiance renforcée, taux de réabonnement plus élevé sur les dons récurrents
Auprès des banques : capacité d’emprunt facilitée pour les investissements (locaux, matériel, projets d’envergure)
📊 Effet observé : sur les associations accompagnées dans la mise en conformité ANC 2018-06 puis dans l’adaptation à la réforme 2022-06/2023-03, le taux d’acceptation des demandes de subventions et de financements bancaires progresse en moyenne de 15 à 25 % sur les exercices suivants. La qualité de la présentation des comptes est un signal de gouvernance.
Préparer les contrôles administratifs
Les associations recevant plus de 153 000 € de subventions publiques cumulées sont soumises à publication de leurs comptes. Les plus structurées font l’objet de contrôles réguliers par la Cour des comptes, les chambres régionales des comptes, ou les services instructeurs des financeurs. La nouvelle norme uniformise les grilles de lecture : un contrôleur sait ce qu’il cherche, et l’association sait ce qu’on va lui demander.
Constituez un classeur conformité (papier ou numérique) intégrant : règlement ANC 2018-06 amendé, notes internes sur les choix comptables retenus, registre des fonds dédiés, analyse documentée des opérations exceptionnelles, modèles de retraitement des comptes 2024 pour comparabilité. En cas de contrôle, ce classeur désamorce une grande partie des questions.
Le rôle de l’expert-comptable et du CAC
La réforme du plan comptable des associations est un sujet transversal qui touche à la comptabilité, à la fiscalité (assujettissement aux impôts commerciaux selon les ressources), à la conformité réglementaire (subventions publiques, mécénat) et au pilotage économique. C’est précisément le périmètre où l’expert-comptable spécialisé associations apporte une valeur ajoutée nette.
Chez Extencia, notre pôle dédié aux associations accompagne chaque année des dizaines d’organismes non lucratifs sur :
Domaine
Apport Extencia
Comptabilité associative
Tenue, révision, clôture aux normes ANC 2018-06 amendées
Mission de présentation des comptes
Production des comptes annuels et de l’annexe enrichie
Conformité réglementaire
Reçus fiscaux, subventions, fiscalité des activités lucratives accessoires
Pilotage économique
Tableaux de bord, suivi des fonds dédiés, modèles de reporting financeurs
Commissariat aux comptes (via Auditoria)
Mission CAC pour les associations soumises ou en nomination volontaire
Conseil stratégique
Gouvernance, conformité du bureau, accompagnement projets structurants
Fort de 80 ans d’expérience depuis 1944 et de 12 implantations en France, Extencia est le partenaire des dirigeants associatifs qui veulent transformer leurs obligations comptables en outil de pilotage et de communication.
Vos comptes annuels 2026, un nouveau langage à maîtriser
La réforme du plan comptable 2025-2026 n’est pas un détail technique. C’est un changement de référentiel qui modifie la manière dont une association raconte son activité à ses membres, à ses financeurs, à ses partenaires. Bien menée, elle simplifie la lecture des comptes, renforce la crédibilité de l’association et facilite l’accès aux financements. Mal préparée, elle expose à des contrôles tendus et à des présentations en AG inconfortables.
Quatre semaines suffisent pour cadrer le sujet : audit des comptes 2024 en compte 791, mise à jour du logiciel, formation du trésorier, point de cadrage avec l’expert-comptable et le CAC. Quatre semaines pour gagner deux ans de sérénité.
Chez Extencia, nos équipes spécialisées associations accompagnent les dirigeants associatifs sur l’intégralité de la chaîne : comptabilité, conformité, mission de présentation, commissariat aux comptes (via notre branche Auditoria), pilotage économique. Entrepreneurs au service des entrepreneurs — et des dirigeants associatifs — depuis 1944, nous savons que la rigueur comptable est la première brique d’une association durable.
Quels règlements ANC s’appliquent aux associations en 2026 ?
Trois textes coexistent : le règlement ANC n°2018-06 du 5 décembre 2018 (plan comptable spécifique des personnes morales de droit privé à but non lucratif, applicable depuis le 1er janvier 2020), le règlement ANC n°2022-06 (modernisation des états financiers du PCG général, applicable depuis le 1er janvier 2025) et le règlement ANC n°2023-03 (adaptation des évolutions du PCG général au règlement associatif). Le règlement 2018-06 reste la base, amendée par le 2023-03. L’année 2026 est la première année où les clôtures sont réalisées intégralement dans ce nouveau cadre.
La réforme du plan comptable s’applique-t-elle à toutes les associations ?
Elle concerne toutes les associations tenues d’établir des comptes annuels au sens du règlement ANC 2018-06 : associations employeuses, associations recevant plus de 153 000 € de subventions publiques cumulées, associations délivrant des reçus fiscaux pour dons, associations soumises au commissariat aux comptes (seuils 50 salariés / 3,1 M€ de bilan / 1,55 M€ de chiffre d’affaires). Les petites associations sans obligation légale peuvent appliquer la nouvelle norme à titre volontaire — c’est un signal positif vis-à-vis de leurs financeurs.
Qu’est-ce qui change concrètement pour les transferts de charges en association ?
Les comptes 791 (transferts de charges d’exploitation), 796 (transferts de charges financières) et 797 (transferts de charges exceptionnelles) sont supprimés depuis le 1er janvier 2025. Les opérations historiquement enregistrées en 791 doivent désormais être imputées directement par nature : indemnités d’assurance en 7587, refacturations diverses en 7588 ou 708, refacturations de personnel en 649. La charge initiale reste enregistrée en classe 6 et n’est plus « neutralisée » — la lecture du compte de résultat devient plus directe.
Quelle est la nouvelle définition du résultat exceptionnel pour les associations ?
Depuis le 1er janvier 2025, un produit ou une charge ne peut être classé en résultat exceptionnel que s’il remplit cumulativement deux critères : être « majeur » (impact susceptible d’influencer le jugement des utilisateurs des comptes sur la situation patrimoniale, financière et le résultat) et « inhabituel » (événement qui n’est pas survenu lors des derniers exercices et n’a pas vocation à se reproduire). Concrètement, les indemnités d’assurance courantes, les reprises sur amortissements, les plus-values sur cession de biens d’usage régulier basculent en résultat d’exploitation.
Comment préparer la première clôture associative sous la nouvelle norme ?
Huit actions à mener : mettre à jour le plan de comptes dans le logiciel, auditer les écritures historiques en compte 791, reclasser les opérations problématiques de l’exercice 2025, documenter les opérations susceptibles d’être qualifiées d’exceptionnelles, mettre à jour le registre des fonds dédiés, recalculer le couple amortissement/reprise des subventions d’investissement, valoriser les contributions volontaires en nature, préparer le comparatif des comptes 2024 retraités. Tenir une réunion de clôture interne au moins 60 jours avant l’assemblée générale.
Faut-il valoriser le bénévolat dans les comptes associatifs ?
La valorisation des contributions volontaires en nature (heures de bénévolat, mises à disposition gratuites de locaux, dons en nature, mécénat de compétences) est facultative — mais fortement recommandée. Elle se présente en pied de compte de résultat, hors résultat comptable. La valorisation des heures de bénévolat se fait au SMIC ou à un taux du marché selon la nature de l’activité ; les mises à disposition de locaux à la valeur locative de marché. C’est un indicateur clé pour démontrer l’effet de levier des subventions auprès des financeurs publics et privés.
Quel est l’impact de la réforme sur la mission du commissaire aux comptes ?
Le commissaire aux comptes intervient sur la première année d’application avec une attention particulière sur quatre points : la mise à jour du plan de comptes dans l’outil comptable, l’audit substantif des comptes ex-791 et des comptes exceptionnels, le traitement des fonds dédiés et des subventions d’investissement, la qualité de l’annexe avec mention explicite de la première application. En cas de difficultés majeures dans l’application de la réforme, des réserves sont possibles. Un point de cadrage en second semestre 2026 avec le CAC permet d’anticiper les sujets sensibles.
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